NIVET Ernest- Sculpteur

Biographie

Sculpteur -  (Levroux 7 octobre 1871-Châteauroux 5 février 1948)

   Né dans une humble famille de journaliers de Levroux (Indre), Ernest Nivet restera marqué durablement par son enfance paysanne dans laquelle son œuvre trouve ses racines profondes. Très tôt, il manifeste des dispositions remarquables pour le modelage et affirme son intention de devenir sculpteur. En 1884, il est mis en apprentissage à Châteauroux chez un tailleur de pierres et fréquente, le soir, les cours de l’Ecole municipale de dessin où son professeur, Jean-Baptiste Bourda, remarque ses dons. Sur les conseils de celui-ci, il décide d’aller à Paris pour compléter sa formation.

   Il entre à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris en juin 1891, dans l’atelier de Falguière, mais l’enseignement qu’on y dispense le déçoit ; un amateur d’art, négociant en vins, George Lenseigne, a l’occasion de montrer à Rodin des photos d’une des premières œuvres de Nivet La Tricoteuse debout. Fort de cette recommandation, le jeune homme est bientôt engagé par le maître comme praticien. A partir de décembre 1891, Nivet travaille dans l’atelier de Rodin, où les commandes affluent dans cette période d’intense création artistique du grand sculpteur ; il côtoie Camille Claudel, François Pompon, avec qui il gardera des liens d’amitié toute sa vie. Sur le point de contracter un engagement de cinq ans, Nivet préfère toutefois rentrer, en 1895, à Châteauroux : malgré la profonde admiration qu’il éprouve pour Rodin, il souhaite échapper à son emprise et retourner dans sa région d’origine. Ce retour suscite des commentaires malveillants, mais Nivet est soutenu par quelques amis fidèles qui croient en son talent et l’aident à vaincre le découragement.

      Quelques expositions locales vont lui permettre de révéler au public des œuvres témoignant d’une vision réaliste du monde paysan. En 1897, il expose pour la première fois au Salon des Artistes français sa Tricoteuse ; ses participations seront régulières pendant plus de quinze ans, reprenant inlassablement les mêmes thèmes avec toujours davantage de force. Nivet exécute aussi toute une série de bustes très individualisés, comme il le fera jusqu’à la fin de sa vie. Ses créations, remarquées au Salon, lui valent des commandes de l’Etat ou des collectivités locales. La guerre de 1914-1918 où il est mobilisé, et plusieurs deuils  familiaux suspendent alors en partie son activité.

            La deuxième carrière de Nivet sera celle des réalisations les plus connues aujourd’hui encore : d’une certaine manière, il y transpose les figures paysannes qui lui sont chères en leur conférant une gravité nouvelle, tout en adoptant une voie très personnelle dans la sculpture de monuments aux morts. Son œuvre est couronnée par d’éminentes distinctions : médaille d’or au Salon de 1923, Grand Prix International de Sculpture en 1937.

            

Œuvres

Ernest Nivet a traité avec prédilection des sujets paysans (Tricoteuse, Ravaudeuses, Fileuse, Bricolin, Bergers, Javeleuse, Moissonneurs, Femmes au puits, etc.). Il est aussi l'auteur de nombreux bustes de personnalités locales de son département;

Ayant réalisé avnt la guerre de 1914-1918 les monuments aux morts de 1870, à Buzançais (1900) et Issoudun (1911), il a encore sculpté le monuent du Souvenir à Châtillon-sur-Indre (1925), les monuments aux morts de la Grande Guerre à  Levroux (1922), Eguzon (1923), La Châtre (1923), Hattonchâtel (1923), Châteauroux (du département en 1932 ; de la ville en 1937). A la veille de sa mort il avait encore conçu le projet d'un monuent à la Déportation.   

Bibliographie

Catalogue de l'exposition "Ernest Nivet" de Châteauroux en 1972.

F. et L. Lacour, Sur les pas d'Ernest nivet dans l'Indre, oeuvres de plein-air, Châteauroux, 1998.

Sculptures de l'Indre, Belles comme un rêve de pierre, ouvrage collectif, 2011, (le chapitre 17 consacré à Ernest Nivet est de Francesca Lacour). 

Francesca et Lucien Lacour, Ernest Nivet (1871-1948) - Vie et destinée d'un praticien de Rodin, La Geneytouse, Lucien Souny, 2018 (avec une préface d'Anne Pingeot). 

Monuments dont il est l'un des auteurs (8)

France
Buzançais (36500)

Place

1870-71, Autres

France
Châteauroux (36000)

Place

1914-18

France
Châteauroux (36000)

Place

1914-18, 1939-45, Indochine (46-54), Autres

Monument , Homme(s) et Femme(s), Femme = Douleur

France
La Châtre (36400)

Place

1914-18, 1939-45, Indochine (46-54)

Lanterne des morts, Femme = Douleur, Croix de Guerre, Paquetage du poilu, Casque, Couronne de lauriers

France
Éguzon-Chantôme (36270) Éguzon

Place

1914-18, 1939-45

France
Issoudun (36100)

Place

1870-71, 1914-18, 1939-45, Indochine (46-54), AFN-Algérie (54-62)

Ronde-bosse, Groupe, Soldat mort, Drapeau(x)

France
Levroux (36110)

Place

1914-18, 1939-45, AFN-Algérie (54-62), Autres

Obélisque, Poilu, Palme(s), Armes de la ville

France
Vigneulles-lès-Hattonchâtel (55210) Hattonchâtel

Place

1914-18, AFN-Algérie (54-62)

Femme = Douleur