BARTHOLDI Frédéric Auguste- Sculpteur

Biographie

Sculpteur - Paris

Né le 2 avril 1834 à Colmar (Haut-Rhin), mort le 4 octobre 1904 à Paris

Né à Colmar le 2 août 1834, fils de Jean Charles Bartholdi (1791-1836), conseiller de préfecture, et d’Augusta Charlotte, née Beysser (1801-1891), fille d'un maire de Ribeauvillé. Quatre enfants, dont seul l'aîné, Jean-Charles (avocat-éditeur, puis interné pour maladie), et le cadet, Auguste, survivront. À la mort prématurée de son père en 1836, la mère, de condition aisée, décide d'aller vivre à Paris, tout en conservant la maison familiale du 30, rue des Marchands, qui abrite, depuis 1922, le musée Bartholdi (après avoir été léguée à la ville en 1907).
De 1843 à 1851, il étudie au lycée Louis-le-Grand à Paris. Parallèlement, sa mère l'inscrit comme élève dans l'atelier du sculpteur Antoine Étex et du peintre Ary Scheffer, rue Chaptal (aujourd'hui musée de la vie romantique, qui y conserve deux bronzes, La Gravure et L’Orfèvrerie). Ce dernier décèle chez Auguste que sa vocation est dans la sculpture. Auguste Bartholdi obtient son baccalauréat en 1852 et un an plus tard, afin qu'il s'installe, sa mère lui achète un atelier, rue Vavin, qu'il occupera pendant quarante ans. De 1855 à 1856, il voyage avec ses amis Édouard-Auguste Imer et Jean-Léon Gérôme en Égypte, où il découvre la sculpture monumentale, puis en Arabie heureuse. Il en rapporte des dessins et photographies orientalistes qui l'influenceront.
Pendant la guerre franco-allemande de 1870, chef d'escadron des gardes nationales, il est aide de camp du général Giuseppe Garibaldi et agent de liaison du gouvernement, particulièrement chargé de s'occuper des besoins de l'armée des Vosges. C'est au cours de cet engagement patriotique que Garibaldi et Gambetta le confortent dans son amour de la République et de la démocratie. Très marqué par l'annexion de l'Alsace et de la Lorraine par l'Empire allemand, il veut dès lors exalter les valeurs de la liberté.
En 1871, à la demande d'Édouard Lefebvre de Laboulaye (dont Bartholdi a réalisé un buste en 1866) et de l'union franco-américaine, il effectue son premier voyage aux États-Unis pour sélectionner en personne le site où sera installée la statue de la Liberté. Le projet ressemblera d'ailleurs beaucoup à un projet semblable (L'Égypte éclairant l'Orient), qui aurait dû être installé à l'entrée du canal de Suez, si Ismaïl Pacha l'avait accepté en 1869.
Sa carrière prend dès lors une ampleur internationale. Il devient un des sculpteurs les plus célèbres du XIXe siècle en Europe et en Amérique du Nord.
Voulant exalter la portée universelle du message républicain, il est franc-maçon depuis 1875, adhérant à la loge Alsace-Lorraine à Paris. C'est à partir de cette date qu'il commence la construction de la statue de la Liberté dans ses ateliers parisiens, rue Vavin. La pose de la première pierre du piédestal le 5 août 1884, est d'ailleurs une cérémonie maçonnique (c'est le grand-maître de la Grande Loge de l’État de New York, William A. Brodie (en), qui la pose), rappelant que les loges l'ont aidé dans son projet.
La même année, le 20 décembre, il conclut un mariage « rocambolesque » avec Jeanne-Émilie Baheux de Puysieux (simple modiste mais descendante d'une grande famille alsacienne, elle est son modèle), qui se serait rajeunie de 13 ans aux yeux de son mari, à l'hôtel de ville de Newport (Rhode Island) aux États-Unis. Lors de son séjour chez son ami John LaFarge, ce dernier le convainc en effet de l'épouser afin de se conformer aux valeurs morales des hommes d'affaires américains qui financent sa statue de la Liberté. LaFarge fait ainsi venir chez lui le pasteur Charles T. Brooks pour célébrer dans la précipitation un mariage improvisé. Leur mariage sera cependant heureux et sans enfant.
À Rouen au mois de mai 1885, il surveille le chargement des caisses, de la statue démontée, sur la frégate de transport Isère. À l'invitation du commandant Gabriel Lespinasse de Saune il embarque, avec son épouse, sur le navire pour la descente de la Seine, les époux débarquent à Caudebec-en-Caux, avant que le bateau entreprenne la traversée de l'Atlantique.
Il effectuera un autre voyage aux États-Unis sur La Bretagne (CGT) pour l'inauguration, le 28 octobre 1886, de la statue de la Liberté à New York.
Il est promu au grade de commandeur de la Légion d'honneur en 1886, vingt-deux ans après avoir été fait chevalier.
Il meurt dans le 6e arrondissement de Paris, le 4 octobre 1904, à la suite de tuberculose. Il est enterré à Paris au cimetière du Montparnasse (28e division).
L'année suivante en 1905, sa veuve lègue la statue de Champollion en plâtre réalisée par son mari pour l'exposition universelle de 1867 au musée de Grenoble. Cette statue consignée dans le musée ne sera finalement installée dans la cour d'honneur du lycée Champollion qu'en 1926. Elle est aujourd'hui exposée dans la salle 17 du musée.

Œuvres


Concernant l'utilisation de la Liberté dans un cadre mémoriel, il faut mentionner le monument aux morts de Cambrin (Pas-de-Calais) qui, lui aussi, est sommé d'un exemplaire fondu par le Val-d'Osne.

Bartholdi est à l’origine de 35 monuments de par le monde. Les plus célèbres sont :
    le Monument à Martin Schongauer à Colmar (1863) ;
    les quatre anges trompettistes à l’église unitarienne baptiste de Boston aux États-Unis (1874) ;
    le Monument à La Fayette à Union Square à New York, aux États-Unis (1876) ;
    la Fontaine du Capitole, au parc Bartholdi à Washington, aux États-Unis (1878) ;
    le Lion de Belfort à Belfort en France (1880) (dont une réplique réduite est sur la place Denfert-Rochereau à Paris) ;
    le Monument à Diderot, érigée sur la place Diderot de Langres en 1884 ;
    La Liberté éclairant le monde, plus connue sous le nom de Statue de la Liberté, à New York, aux États-Unis (1886) ; des réductions se trouvent : à l'extrémité sud de l'île aux Cygnes à Paris (inaugurée en 1885, avant celle de New York) ; au musée d'Orsay de Paris ; dans l'église du musée des arts et métiers de Paris (modèle d'exécution en plâtre au 1/16 daté de 1878) et sur le parvis du musée (moulage en bronze) ; dans le jardin du Luxembourg à Paris ; à l'entrée de la ville de Colmar ; à Roybon (Isère), sur la place principale (offerte à ce village par Bartholdi) ; à Poitiers, sur la place de la Liberté (ancienne place du Pilori) ; sur la place Portalis de Saint-Cyr-sur-Mer (réplique en fonte, dorée par la suite) et une plus petite en Normandie, à Barentin ;
    le Char triomphal de la Garonne, dit fontaine Bartholdi, sur la place des Terreaux, à Lyon en France (1892)15 ;
    le Monument à la Suisse secourant Strasbourg16, à Bâle en Suisse (1895) ;
    le Monument à Vercingétorix, à Clermont-Ferrand en France (1903) ; maquettes au musée d'art Roger-Quilliot ;
    le Monument à Champollion, (marbre, 1875) dans la cour du Collège de France à Paris.

De nombreux monuments et statues à Colmar, dans le Haut-Rhin (France) :
    le Monument du général Rapp (1860) ; la statue est présentée dans le cadre de l'Exposition universelle de 1855 aux Champs-Élysées avant de rejoindre la grand place de la ville alsacienne ;
    le Monument à Martin Schongauer au musée Unterlinden (1863) ;
    le Monument de l’amiral Armand Joseph Bruat au Champ-de-Mars (1864), détruit par les Allemands en septembre 1940, restitué en 1958 ; il représente l'amiral flanqué de figures allégoriques ;
    le Génie funèbre, bronze de 1866 dans l'escalier du lycée Bartholdi ;
    le Petit Vigneron alsacien (musée Bartholdi) (1869), copie au marché couvert ;
    le Monument funéraire des Gardes nationaux tombés en 1870, cimetière du Ladhof (1872) ; deux dalles disjointes laissent passer le bras d'un combattant cherchant à agripper la baïonnette qui lui a échappé ;
    le Monument à Roesselmann (1888), fontaine ;
    le Monument à Gustave-Adolphe Hirn (1894) ;
    le Monument au baron Lazare de Schwendi, fontaine sur la place de l'Ancienne-Douane (1898) ;
    Les Grands Soutiens du monde, groupe en bronze de 1902 au musée Bartholdi, présenté au Salon de Paris en 1902 ;
    le Tonnelier alsacien, couronnement de la maison des Têtes (1902) ;
    statues allégoriques de L'Orfèvrerie, L'Étude, La Gravure et La Peinture (conservées au musée Bartholdi à Colmar) ; L'Orfèvrerie et La Gravure, bronze (1861) (conservées au Musée de la vie romantique à Paris).

De nombreux monuments sont également visibles ailleurs en France et dans le monde :
    le Monument au général Arrighi de Casanova, à Corte (1867) ;
    le Monument à Gambetta, Cahors, musée de Cahors Henri-Martin, (1872) ;
    le Monument à Vauban, à Avallon (1873) ;
    le Monument à Gribeauval, à Paris (1879) ;
    le Monument à Rouget de Lisle, à Lons-le-Saunier (1882) ;
    le Monument funéraire du peintre Gustave Jundt, à Paris (cimetière du Montparnasse) (1885) ;
    le Monument à Gambetta, à Sèvres (1891) ;
    le Monument à Christophe Colomb, à l'Exposition universelle de 1893 de Chicago, localisation inconnue ;
    le Monument funéraire du sergent Ignace Hoff, au cimetière du Père-Lachaise (4e Division)17 ;
    le Monument à La Fayette et Washington, square Thomas-Jefferson, à Paris (1895)18.

Bibliographie

Benezit E., Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Grund, 1999, Tome 1, p. 802

Monument dont il est l'un des auteurs (1)

France
Châteauneuf-la-Forêt (87130)

Place

1914-18, 1939-45, AFN-Algérie (54-62)

Piédestal, Statue de la Liberté, Guirlande, Entourage Bornes/Chaînes ou barres