France (Indre) La-Châtre (36400)

Conflits commémorés
  • 1914-18
  • 1939-45
  • Indochine (46-54)
  • Monument d'arrondissement
informations déposées par Chauffour Valérie et mises à jour par Lacour Lucien, Choubard Alain, dernière mise à jour le 12/11/2017

Description du monument

Caractéristiques

  • Structure
    • Pilier commémoratif
      • Lanterne des morts
  • Représentations féminines
    • Femme - Représentation symbolique
      • Femme = Douleur
  • Décorations militaires
    • Croix de Guerre
  • Ornementation militaire - Armes
    • Équipement militaire
      • Casque
  • Ornementation végétale
    • Couronne
      • Couronne de lauriers

« Une femme, une mère venue à côté de la lanterne des morts où demeure la flamme éternelle du souvenir » : tel est le sujet représenté sur le monument de La Châtre selon un article contemporain de son inauguration. Le motif principal en est bien une paysanne d’autrefois, dans ses vêtements de travail de tous les jours, chaussée de sabots. La tête inclinée douloureusement, les mains réunies au niveau de la taille (mais non jointes), elle semble se recueillir, alors qu’au pied de son socle gisent les dépouilles d’un soldat : une capote, une musette, un bidon et un casque. Appelée couramment la Berrichonne, elle peut aussi bien incarner dans son costume très sobre les femmes de nombreuses régions de France.

  A sa gauche, légèrement en retrait, s’élève une lanterne des morts inspirée de celle de Ciron (Indre). S’appuyant sur une base attique, le fût de cette lanterne est constitué de cinq tambours lisses, gravés de noms de batailles de la première guerre mondiale ; une bague, décorée de la croix de guerre et de l’inscription MDCCCCIV-MDCCCCXVIII, supporte un cordon mouluré à pointes de diamant sous le lanternon percé de quatre ouvertures en arc brisé. Le toit du lanternon en forme de clocheton à écailles se termine par un fleuron (qui a remplacé la croix de guerre d’un projet antérieur). Comme dans une authentique lanterne des morts, le fût présente à mi-hauteur sur le côté une ouverture avec tablette.

   L’ensemble du monument proprement dit est placé sur un socle, lui-même rehaussé par une assise rectangulaire bordée de seize bornes semi-pyramidales très basses. Sur le devant, un plan incliné encadré de deux escaliers de trois marches porte l’inscription dédicatoire surmonté de petites couronnes de lauriers. Autrefois une grille en fer forgé sur un trottoir formait un enclos qui a aujourd’hui disparu. A l’occasion d’un réaménagement de la place, le trottoir seul a été conservé pour délimiter un environnement végétal ; un soubassement dallé à double emmarchement a été créé tout autour.    

   La maquette de la statue à l'échelle 1/1 fait partie des collections du musée Bertrand de Châteauroux.           

Matériaux

   Le devis descriptif et approximatif précise que la pierre de la statue et celle de la lanterne des morts auront même provenance (document non coté des archives communales de La Châtre en dépôt aux archives de l'Indre). En règle générale Ernest Nivet utilisait pour ses statues de la pierre de Lavoux (Vienne).

   Le socle est en pierre du pays, préférée pour des raisons d'approvisionnement à de la pierre de Volvic préconisée par les architectes (même source).

   La grille est en fer forgé, elle aussi sur une bordure en pierre du pays.  

Economie

Prix

39 118, 41 francs

Souscription

29 520 francs

Subvention commune

5 168, 41 francs

Subvention Etat

4 440 francs

Commentaires (économie)

   Ces chiffres sont ceux que la mairie de La Châtre communiqua au préfet de l'Indre, lors de son enquête de 1932 (archives départementales de l'Indre R 909-3). Il faut entendre ici le coût total incluant la confection de la grille, les honoraires des architectes et des frais annexes. Le sculpteur s'était engagé à exécuter le monument proprement dit à forfait, pour la somme de 30 000 francs (traité de gré à gré, 2 exemplaires aux archives communales de La Châtre, 1 exemplaire dans les papiers conservés du sculpteur). Le montant de la subvention correspond à celui indiqué dans le document officiel d'attribution de subvention (archives départementales de l'Indre 827 W 55). 

   A noter que par souscriptions il faut entendre les participations de certaines communes de l'arrondissement et celles de particuliers, recueillies dès 1919 par un comité créé à cet effet. 

Commentaires

Les seules modifications concernent l'aménagement de la place avec des incidences sur l'environnement du monument (voir plus haut). Comme souvent la grille a disparu.

Inscriptions présentes sur le monument

Sur un plan incliné vers le terre-plein,  inscription dédicatoire gravée en capitales et en creux :
AUX SOLDATS DE L’ARRONDISSEMENT 
MORTS POUR LA FRANCE

Sur le fut de la lanterne des morts (de bas en haut, gravure en capitales) :
CHAMPAGNE  
VERDUN 
YSER 
MARNE

Au dessus du dernier tambour, de part et d’autre de la croix de guerre, et se détachant en demi-relief sur une bande en creux :
MDCCCCXIV – MDCCCCXVIII

Sur le socle : 
à droite et à gauche, la liste des morts (par ordre alphabétique) de la commune de La Châtre ; à l'arrière, le nombre des morts de chaque commune de l'arrondissement par ordre alphabétique des noms de communes). 

Les morts

Plaque commémorative:
cinquentenaire de la fin de la Première guerre mondiale. "1918-1968"

ACOLAS P  
AGEORGES E  
ALAPETITE J
ALAURENT A  
ALAURENT M  
ALLONCLE J  
AMICHAUD F  
APAIRE L  
AUDOUX E  
AUGANTE Jb  
AUGEREAU A  
AUGRAS C  
AUGRAS Ce  
AUGRAS H  
AUPETIT A  
AUPRESSE M  
AUSSURE C  
BAILLY E  
BARD F  
BAUDIN L  
BERNARDET L  
BIGOT R  
BILLAUD E  
BILLAUD R  
BLONDET M 
-
BOIJEAU F  
BOITÉ E
BONNIN A  
BONNIN L
BOURDEAU H  
BOURSIER G  
BRESSOLIER E
BROCHET H  
BRUNET C  
BRUNET P  
CAILLAUD H  
CARMIGNON C  

CARMIGNON J  
-
CARNAT R  
CHABENAT L
CHAGNON L  
CHARBONNIER H  
CHARBONNIER H  
CHATEIGNIER L  
CHATELET J B  
CHAUMARD E  
CLARET E
CORTINE A  
CORTINE E  
CROUX L  
DANJON M  
-
DAUGERON L  
DEBELLE S  
DEFRETIN G  
DEJARDIN H  
DELAUME H  
DELAVAUD DUMONTEIL P
DEMAY A  
DEMAY H  
DEMAY J  
DEMAY L  
DEMAY R  
DENISARD M  
DENIS R
-
DESESSARD G  
DESESSARD L
DÉSIRÉ C  
DÉSIRÉ L  
DEVAUX H
DORGUIN DELAVEAU C
DUDEFANT L 
DUPUIS A
DUPUIS M
DURAND G 
FOUCHER P.
-
DURIS
DUSSAULT   
FAUVEAU É
FOSSET P
FILLOUX F  
FLOQUET A 
GARSAULT H  
GASTON H  
GAUDON A  
GAUDON A  
GAUTRON L  
-
GODARD F  
GODON A  
GORGE D  
GUERIF J  
GUILLOTIN SAINTE MARIE G
JAPPAUD M  
JOLLY J  
LABARRE L
LABERGÈRE A  
LABRUNE G  
LAMY G  
LANGLOIS A F  
LARDY M  
LAVAUD J  
LAVAUD R
LEBAS S  
LEMOINS J
LHORMEAU M  
LORY E  
LUCLABIT H  
LUNEAU J  
MALASSENET E A  
MALEE J  
MARGUERITAT L
MARIOTAT A  
MEROT H  
MEROT L  
MILLEBASSE E  
MOREAU A  
MOREAU E  
MOREAU H
MORIN L  
MOULIN G  
MOUTARD L
PAGNARD C  
PAILLARD G  
PAUDAT P  
PELLETIER LACOUTURE C  
PELLETIER LACOUTURE E  
PELLETIER LACOUTURE M  
PEROT H  
PERRIN A  
PILLOT A
PILLOT L
PIOLET C  
PLISSON H  
PONROY R
POUGET L  
POURNIN J  
PPOTON H  
PULVERINI J  
ROUSSILLAT G  
SIMON P  
SOUDY E  
SOUDY J
THEVENY A  
TOURNU E  
VERGNE J  
YNERNAULT G  

LALIS Étienne
-----
Morts pour la Résistance
ALALRD Paul
BONJOUR Guy
BORDAS Pierre
BOURDEAU André
DEDOLIN André
-
DIRRINO Georges
GROS Clémence
GROS Pierre
LECLERC Georges
MOREY Léon
-
PEDARD André
PEDARD Louis
PEDARD Pierre
PERRAULT Robert
LAGUERRE Marie-Louise

DOUBLET Jacques Louis 1929-1953
ROINJARD Jacques 1925-1950

Sources / Bibliographies / Sites Internet

http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?insee=36046&dpt=36&idsource=31244&table=bp05

http://www.monumentsauxmorts.fr/crbst_1858.html

Francesca et Lucien Lacour, Sur les pas d' Ernest Nivet dans l'Indre, oeuvres de plein air, Châteauroux, Amis d'Ernest Nivet et Conseil général de l'Indre, 1998.

Michel Maupoix et collaborateurs, Sculptures de l'Indre, Niort, Rencontres avec le Patrimoine Religieux et Conseil général de l'Indre, 2011, voir chap. 19.  

Archives départementales, 2O 46/8

Historique du monument

  • 1919
  • Délibérations Conseil municipal 09/05/1919
    Source : Registre des délibérations municipales

       Le maire réunit la commission chargée de s’occuper de l’érection d’un monument aux morts. Le Conseil vote une première subvention de 1 000 francs.

  • 1921
  • Comité d'érection 07/05/1921
    Source : La Croix de l'Indre, 7 mai 1921

    « Le monument aux morts de la guerre - Le comité chargé de préparer l’érection de ce monument, s’est réuni à la mairie de la Châtre le 28 avril et a ...

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    Comité d'érection 07/05/1921

    « Le monument aux morts de la guerre - Le comité chargé de préparer l’érection de ce monument, s’est réuni à la mairie de la Châtre le 28 avril et a adopté définitivement la maquette de notre célèbre compatriote  le sculpteur Nivet. Une Berrichonne, en costume du pays, debout devant les dépouilles du soldat héroïquement tombé, portant, sur son visage admirablement expressif, la douleur causé par les ruines de la plus terrible guerre en même temps que la fierté et l’espérance que donne la Victoire ; telle est la conception de l’artiste.

       La statue, de 2 mètre de haut, adossée à une stèle rappelant les noms des grandes batailles, s’élèvera sur un large socle, où seront gravés les noms des soldats morts.

       La Châtre aura-t-elle « le plus beau monument de France » comme l’a dit un connaisseur séduit par l’idée de Nivet ? Nous ne le savons pas. Elle possèdera, en tout cas, un des plus remarquables parmi tous les monuments qui figureront sur les places de nos villes et de nos campagnes de France.

       La souscription n’a pas encore atteint la somme exigée pour la réalisation du projet. Tous les amis de l’art, tous ceux qui tiennent à témoigner leur reconnaissance aux chers morts qui nous ont sauvés, se hâteront d’apporter leurs généreuses offrandes. »    

  • Marché de gré à gré 15/10/1921
    Source : Archives communales et famille du sculpteur

    La date d’achèvement initialement retenue est le 1er mai 1922, remplacé par le 1er décembre 1922, sous peine de réduction de 20 francs par jour de retard . « Le présent ...

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    Marché de gré à gré 15/10/1921

    La date d’achèvement initialement retenue est le 1er mai 1922, remplacé par le 1er décembre 1922, sous peine de réduction de 20 francs par jour de retard . « Le présent marché a été conclu à forfait moyennant la somme de 30 000 francs tous frais compris. »

  • 1922
  • Commission d’art 18/10/1922
    Source : A.D.I. 2 O / 246/8

    La commission artistique se prononce favorablement, décision confirmée par arrêté préfectoral. A noter que le sculpteur Nivet et l'architecte Gaud font partie de la commission. 

  • 1923
  • Autres 05/1923
    Source : Journal du Département de l'Indre 14-15 mai 1923

    "Le sculpteur Ernest Nivet reçoit la médaille d’or du Salon des Artistes Français      Le jury du Salon des Artistes Français vient de ...

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    Autres 05/1923

    "Le sculpteur Ernest Nivet reçoit la médaille d’or du Salon des Artistes Français

     

       Le jury du Salon des Artistes Français vient de conférer la médaille d’or au statuaire Ernest Nivet ce qui le classe désormais hors Concours. Cette haute considération pour le maître admirable et simple dont l’œuvre honore notre région, sera applaudie par tous. Le bel artiste à qui nous devons le monument de Levroux, et devrons demain le Poilu d’Eguzon, la Berrichonne de La Châtre et un grand monument à Châteauroux est entre tous un maître. C’est la Berrichonne destinée au monument des morts de La Châtre qui a valu cette haute récompense à M. Ernest Nivet..."

  • Autres 13/09/1923
    Source : Famille du sculpteur

    Une statue identique à celle du monument de La Châtre est érigée comme monument aux morts à Hattonchâtel (Meuse) mais inaugurée avant ce dernier.  

  • Inauguration 18/11/1923
  • Inauguration - Presse 19/11/1923
    Source : Le Centre Républicain, 19-20 novembre 1923

    "A LA CHATRE Inauguration du Monument aux Morts    Jamais inauguration de Monument aux Morts ne fut plus émouvante que la ...

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    Inauguration - Presse 19/11/1923

    "A LA CHATRE

    Inauguration

    du Monument aux Morts

       Jamais inauguration de Monument aux Morts ne fut plus émouvante que la cérémonie d’hier à La Châtre.

       La coquette capitale de la Vallée Noire s’était toute parée pour commémorer le souvenir de ses fils tombés au champ d’honneur.

       Tout le monde avait tenu à parer sa maison et l’inlassable dévouement de M. LAMBERT, le maire si sympathique avait fait le reste : un ordre et une bonne grâce parfaite.

    La cérémonie Religieuse

       Dans la matinée, la cérémonie commença par la messe des Morts, sous la présidence de l’archiprêtre de la cathédrale de Bourges.

       L’archiprêtre Aubailly, de La Châtre, dans un sermon magistral qui impressionna profondément l’auditoire, apporta la leçon divine du sacrifice des héros de la cité.

       Le programme musical fut aussi particulièrement goûté : Marche finale du Crépuscule des Dieux, Invocation (pour violons, dirigés par M. Denis), Pie Jesu d’Haendel, De Profundis, In Paradisium, Marche héroïque de Saint-Saëns.

    La Réunion à la Mairie

       A deux heures, le cortège se réunissait à la mairie où M. TAINTURIER, préfet de l’Indre, assisté de M. LAMBERT, maire de La Châtre, et de M. MAINGARD, sous-préfet, faisaient leur entrée, accompagnés des conseillers municipaux de La Châtre, des conseillers généraux et des maires voisins.

       Parmi la nombreuse assistance, remarqués au hasard : MM. Ernest Nivet, sculpteur, (etc. …).

       Puis le cortège s’avança ainsi composé : M. le préfet de l’Indre, (etc….).

    Le Monument

       A deux heures et demie, le cortège arrivait devant le monument et, au son de l’hymne national, le voile tombait.

       Un sentiment d’admiration sans borne s’éleva de tous les cœurs, et une reconnaissance infinie envers le magnifique artiste qu’est NIVET, son auteur.

       Une femme, une mère venue à côté de la lanterne des morts où demeure la flamme éternelle du souvenir.

       Sujet émouvant au suprême degré traité de main de maître. C’est un chef d’œuvre dont le Berry sera éternellement fier comme de ses héros dont il est digne.

     

    Discours de M. Lambert 

      M. Lambert, maire de La Châtre, monte alors sur la petite estrade qui fait face au monument et prononce l’émouvant discours suivant :

       Monsieur le Préfet, Mesdames, Messieurs,

       C’est avec une émotion profonde que je me vois devant ce monument appelé à prendre la parole pour donner un témoignage de reconnaissance et d’affection sincère à tous ceux qui ont fait à la France le sacrifice de leur vie en défendant la cause si noble de la justice et du droit.

       Je remercie M. le préfet d’avoir bien voulu accepter la présidence de cette cérémonie.

       Je remercie aussi M. le sous-préfet, MM. les conseillers généraux et d’arrondissement, MM. les maires. Je vous remercie tous d’être venus aussi nombreux vous joindre à nous pour honorer et glorifier les enfants de l’arrondissement de La Châtre morts pour la France.

       Je remercie, au nom de la municipalité toutes les personnes qui ont bien voulu nous prêter leur concours.

      Le Comité qui fut formé pour ériger ce monument fit appel à toutes les bonnes volontés et s’adressa à toutes les classes de la société. Nos avons été témoins de l’empressement mis par beaucoup, se privant même pour nous donner leur obole en s’excusant de ne pouvoir faire davantage.

      Nous pouvons donc dire que c’est la population tout entière qui aujourd’hui apporte à nos vaillants soldats l’hommage de sa reconnaissance.

       Nous comptons bien que ce monument élevé par tous sera placé sous la sauvegarde de tous.

       Je suis certain d’être l’interprète de la population en remerciant notre grand artiste Nivet d’avoir mis à notre service son talent universellement connu.

       Gabriel Nigond l’a chanté dans l’un de ses poèmes : « Le cœur du Berry, c’est La Châtre, La Châtre avec ses entours… »

       C’est donc une Berrichonne qui devait ici rappeler aux générations futures les peines et les souffrances de ceux qui sont tombés pour elles. Gardiennes à leur tour du souvenir de nos grands morts, ces jeunes générations s’acquitteront de la dette que nous avons contractée envers eux.

      Puisse cette pensée apporter quelque consolation à ceux qui sont plongés dans le deuil et la tristesse.

       Mais nous ne devons pas seulement honorer nos morts par des paroles ou en gravant leurs noms sur la pierre. Ils ont souffert pour nous la fatigue et la faim. Ils se sont exposés aux périls de toutes sortes et glorieusement ils ont succombé. Ils entendent qu’à notre tour, nous mettions tout en œuvre pour que le pays qu’ils ont sauvé et qu’ils ont fait si grand dans la guerre soit laborieux et prospère dans la paix. C’est par un travail sans relâche, par un surcroît de production, par une activité incessante que nous arriverons à réparer tout le mal fait par la guerre et à maintenir la France à son rang à a tête des nations.

     Vous ne voudriez pas que le sacrifice de nos enfants soit devenu inutile !

       C’est pourquoi, pour nous montrer dignes d’eux, poursuivons notre travail et la concorde, l’œuvre de paix dont leur héroïsme a jeté les fondements.

       Donnons à la Patrie notre intelligence et notre cœur. Oublions nos discordes et laissons de côté nos intérêts particuliers pour ne songer qu’au salut du pays. Nous donnerons ainsi au monde l’exemple d’un peuple libre et fort, marchant résolument dans la voie du progrès en apportant dans l’accomplissement de l’œuvre sociale toujours plus de justice, toujours plus de bonté.

       Voilà ce que je vous demande et voilà ce que vous demande certainement la Berrichonne que nous avons devant nous, recueillie sur la dépouille mortelle du fils qu’elle a sacrifié pour sauver le pays.

       Honneur à nos morts et vive la France !

       (liste des morts de La Châtre)          

    Après avoir lu la liste des Morts pour la France, M. le Maire demande une minute de recueillement.

       Minute infiniment impressionnante où chacun revoit dans son cœur les souffrances et les sacrifices innombrables.

    Discours de M. le Préfet de l’Indre

       Après quelques mots émus de M. Boyer au nom des combattants, M. TAINTURIER, Préfet de l’Indre monte à la Tribune.

       Disons-le de suite, M. Tainturier fut parfait ; d’un bout à l’autre la note juste, émue, simple ; une éloquence faite de sentiments qui participe de la grandeur des Héros dont il parle.

       Il nous retrace d’abord tout l’effort de la guerre faite de sacrifices et de dévouements infinis des fils du Berry et de toute la France.

       Puis c’est la Victoire – Puis c’est la Paix, et il nous dit combien nous avons lieu d’espérer et de croire avec certitude que tous ces sacrifices ne seront pas vains.

    Le Poème de Nigond

       Après les Errynies de l’Harmonie Municipale et un Chœur du Collège de jeunes filles « Patria », le poète GABRIELNIGOND nous dit un[e] ode qu’il compose « A Nos Morts ».

       Un pur chef-d’œuvre de la poésie lyrique, digne du chef-d’œuvre de Nivet.

       Les larmes brillent aux yeux en l’écoutant : Nigond, vous avez composé là une de vos plus belles œuvres.

       Nous la publierons demain intégralement.

    La Fin de la Cérémonie

      Maintenant on écoute le Chœur des Girondins du Collège des garçons, puis une Marche funèbre de l’Harmonie Municipale.

       Puis les corps constitués viennent déposer des Palmes au pied du Monument, La Municipalité de La Châtre, Les Pupilles de la Nation, les enfants des Ecoles, et c’est un défilé où chacun apporte ses fleurs et son souvenir.

    Réception à l’Hôtel de Ville

       A la suite de la cérémonie eut lieu une réception à l’Hôtel de Ville où la Municipalité offrit un Vin d’Honneur.

       Félicitons particulièrement M. Lambert qui reçut les invités avec tant de bonne grâce, faisant oublier à chacun le petit sacrifice que Phébus venait de lui infliger vers la fin de la cérémonie.   

       

  • Procès-verbal de Réception 12/12/1923
    Source : Archives communales de La Châtre

    Procès verbaux de réception définitive des travaux du monument par les architectes (la grille une quinziane de jours plus tard) 

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Localisation

Place

sur le côté nord-est de la place du Palais de justice, dans l’axe même de l’entrée de cet édifice mais lui tournant le dos pour regarder vers la rue Nationale.