France (Indre) Levroux (36110)

Conflits commémorés
  • 1914-18
  • 1939-45
  • AFN-Algérie (54-62)
  • Autres
  • Monument communal
informations déposées par Lacour Lucien et mises à jour par Choubard Alain dernière mise à jour le 08/10/2015

Description du monument

Caractéristiques

  • Structure
    • Pilier commémoratif
      • Obélisque
  • Représentations - Soldats
    • Diverses Représentations de Poilus
      • Poilu
  • Ornementation végétale
    • Palme(s)
  • Ornementation civile
    • Armes de la ville

   La façade principale du monument est tournée vers l’est : elle offre au regard, élevé sur un degré, à l’arrière-plan, un piédestal supportant un quasi-obélisque et, en avant-corps, une statue de caractère monumental. 

   Celle-ci est l’œuvre du sculpteur Ernest Nivet, né à Levroux en 1871 et praticien quelque temps dans l’atelier de Rodin. Les contemporains en ont proposé généralement l’interprétation suivante : « Un soldat, la tête sur le poing, … songe à toute l’infinie tristesse de la guerre, au foyer lointain, à l’avenir hasardeux. Toute la tristesse de l’homme courbé sous la nécessité, tout le fardeau des jours malchanceux est dans cette statue grave et forte comme la destinée. » (Journal du Département de l’Indre, des 23-23 mai 1922, article non signé).

   La stèle ou quasi-obélisque, de section rectangulaire s’achève, après un décrochement, par un sommet à double pente et non un pyramidon. Elle porte une croix de guerre en demi-relief, inscrite dans un cercle en haut de la façade principale, une haute palme verticale en bas-relief sur chacun des côtés ; sur la façade postérieure on retrouve la croix de guerre, l’inscription dédicatoire et les armes de la ville avec couronne de laurier et de chêne. 

 Il existe dans les réserves du Musée de Châteauroux une maquette en plâtre à l’échelle du monument définitif (H : 1 m 65), signée par le sculpteur, Ernest Nivet. Elle a figuré au salon des Artistes français de 1924 (n° 3766 du catalogue) avant d'être acquise en 1926 (délibération de la commission du Musée et séance du conseil municipal de Châteauroux du 11 octobre 1926 aux archives municipales).

Matériaux

Pierre de taille dure des carrières de Chauvigny pour le socle (5, 500 m3) et pierre à grain fin de Lavoux pour la stèle et la statue (5 m3). Ces indications sont données dans le devis du 15 mai 1920 recueilli dans les archives de la famille du sculpteur. La pierre a été fournie par les établissements Civet, Pommier et Cie de Chauvigny, ainsi que l'attestent des bulletins d'expédition de fevrier et mars 1921. 

Economie

Prix

30 000 francs

Subvention Etat

3 900 francs

Commentaires

S'inspirant de la statue du Poilu de Levroux, Georges Lubin a écrit un poème « Le Poilu de Levroux », reproduit à plusieurs reprises (en particulier dans Le Gargaillou du 15 avril 1925). 

Inscriptions présentes sur le monument

Sur la face antérieure de l'obélisque "1914-1918". 

Sur la face postérieure "Aux enfants de Levroux morts pour la France" "1914-1918".

Les morts

Les noms des combattants morts pour la France sont gravés sur des plaques de marbre rapportées apposées sur l'avant-corps du socle.

C.O. ADILIN
J.P. AUBERT
P. AUDON
M.P. AUMASSON
A.L. BARBOTTIN
G.A. BARBOTTIN
L. BARBOTTIN
L.C. BARBOTTIN
D. BARBOTTIN
A. BARBOTTIN
A. BATARD
L. BATAILLER
E. BARRE
L. BARBOUX
M.C.E. AUDOUIN
M. J-Bte BERTHIN
P. BERTRAND
E.J. BERTRAND
O. BESNARD
F.E.J. BIAUNIER
J. Bte BIDAULT
E. BLANCHET
_
J.J.G. BLANCHET
L.C.A. BODIN
M.A.BODIN
C.A. BONNET
J. BONNET
J.H. BONNET
J. Bte BOTTIN
P.C. BOURBON
M. BOURDIN
E. BOURGEAULT
E.G. BRUNET
H.G. CADON
L.A CHARLET
C. CHARLOT
J.M. CHARRON
M.C. CHAUVEAU
O.J.L.CHAUVEAU
R. CHAUVEL
E. CHEVALET
D. COUILLARD
J. COLLONGE
E. COUTANT
_
L.E. DAGUET
G.L. DEBRAIS
F.J. DESBLEDS
A.L.P.P. DESCOLAS
E.A. DIOTON
L.C. DUPIN
A.L. FERRAND
A. FERRÉ
A.L. FERRÉ
F.L. FERRÉ
R.A.R. FERRÉ
E. FEUILLET
F. FRANCHET
S.J. FRANCHET
L.M.J. GIRAULT
A. GOBERT
J.E. GOUBET
C. GRANCY
L.A. GRELET
A. GRENON
F.E. GRENON
V.A. GRENON
_
A.L. GUÉRINEAU
M. A. GUÉRINEAU
J.BTE . GUÉRINEAU
R.H. GUÉRINEAU
A.R. GUESNIER
C.H. GUIGNARD
S.C.J. GUIGNOT
F. HUGUET
E.D. JACQUIN
G.T. JACQUIN
J.H. JACQUIN
L. JARRAUX
L.C. LACOTTE
E.C. LAGRANGE
A. LAMOUREUX
L.J. LECLERC
A.A. LECONTE
R. LEMIÈRE
E.E. LEPAIN
P. LEPAGE
E. LESEICHE
M. LIMET
_
G. LIMET
L.E.D. LOUET
L. MARCHAIS
P.C. MARCHAIS
H.G. MASSON
L. MAUPOUX
L.A. MAUCHIEN
L.L. MICHEL
M.O. MICHENET
E.H. MILLET
J. MONJOIN
A. MOREAU
E. MOREAU
JH. MOREAU
JS.MOREAU
C. MORIN
R.F. MORIN
A.C. PEROT
G. PEROT
L.G. PEROT
S.A. PERREAU
L.A. PERRIN
_
L.J. PHILIPPEAU
E.H. PHILIPPON
E. PHILIPPON
P. PHILIPPON
E.A. PIERRON
L. PIGELET
G.S. PIGEAT
L.A. PILORGET
R. POMMIER
L.A. PREVAULT
C.O. PROT
L.A.E. QUINQUENET
L. RABATÉ
S. RABATÉ
E.E. RABIER
M.A. RAVARD
C. RENAULT
L.M. RENAULT
J.E. RENAULT
C. RECHAUSSAT
F.A. RECHAUSSAT
J.BTE. L. ROGIER
_
M.G. RESMOND
P. RESMOND
A. RICHARD
H.L. RICHARD
H.A. RICHARD
J.P. RICHARD
N.M.RICHARD
L.C. RICHARD
L.J. RICHARD
H.J. ROUET
J. ROUSSEAU
P.S. ROUX
D. TERRASSIN
E. TISSIER
C.A. TISSIER
L.F. TISSIER
C. TRUMEAU
E. SAVOUREUX
AUDOR RENÉ
BOURGEAULT YVON
BRISSON ANDRÉ
CHARVILLAT LOUIS
DESCHAMPS MAURICE
GATESOUPE MAURICE
GUILPAIN MAURICE
MARCHAND AIMÉ
MERLIN JOANNY
PORTIER ALBERT
TANGUY JEAN
JABENEAU LUCIEN
CHAUBIN Roger
WALZER Gérard
Morte en déportation :
CHANTEREAU née MILLET Albertine

Sources / Bibliographies / Sites Internet

  • http://monumentsauxmorts.fr/crbst_1037.html
  • http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?insee=36093&dpt=36&idsource=31243&table=bp05
  • Ce dépot fait la synthèse d'observations in situ , d'une enquête menée dans les archives départementale et communale, de la consultation de la presse d'époque ; il a en outre bénéficié de l'apport des archives de la famille du sculpteur. (Lucien Lacour)
  • Le monument de Levroux a été présenté antérieurement dans les ouvrages suivants :
    F. et L. Lacour, Sur les pas d' Ernest Nivet dans l'Indre - oeuvres de plein-air, Châteauroux, Les Amis d'Ernest Nivet, 1998.
    M. Maupoix et alii, Sculptures de l'Indre, Rencontre avec le Patrimoine religieux et conseil général de l'Indre, 2011, chapitre19, p. 287. 
  • CHOUBARD Alain, L’histoire des 500 plus beaux monuments aux morts de France, collection Les 500 plus beaux, Clermont-Ferrand, Editions Christine Bonneton, 2014, p. 93.

Historique du monument

  • 1914
  • Délibérations Conseil municipal 15/11/1914
    Source : Registre des délibérations municipales de Levroux

    « (…) On ne saurait trop admirer ceux qui ont donné leur vie pour le triomphe de droit et de la justice, et M. le Maire demande au Conseil ce qu’il ...

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    Délibérations Conseil municipal 15/11/1914

    « (…) On ne saurait trop admirer ceux qui ont donné leur vie pour le triomphe de droit et de la justice, et M. le Maire demande au Conseil ce qu’il a l’intention de faire pour honorer dignement leur mémoire.

         Le Conseil,

       Après délibération,

        Donne mission au Maire au nom du Conseil Municipal d’adresser ses condoléances aux familles si cruellement éprouvées ;

    Et sur la proposition de Mr Duterde décide qu’un emplacement sera concédé à perpétuité dans le cimetière communal pour y inhumer les restes de ceux dont la translation pourra être opérée.

       Une colonne commémorative recevra les noms de tous ceux qui sont morts pour la patrie, et un livre d’or qui contiendra une notice relatant les circonstances dans lesquelles chacun d’eux a trouvé la mort, perpétuera à jamais les belles actions de nos compatriotes. Les concessions attribuées aux défenseurs de la patrie seront exclusivement personnelles. (…) »

  • 1919
  • Comité du monument 15/06/1919
    Source : Registre des délibérations municipales de Levroux

    Désignation d’une commission de 14 membres pour ouvrir une souscription pour l’érection  d’un monument place de la République. Vote d’un crédit de 4 000f .  Composition de la commission ...

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    Comité du monument 15/06/1919

    Désignation d’une commission de 14 membres pour ouvrir une souscription pour l’érection  d’un monument place de la République. Vote d’un crédit de 4 000f .

     Composition de la commission :  5 membres du conseil municipal : MM. Rouet, Ferré, Valin, Duterde, Guérineau, 9 représentants de la commune : MM. Resmond, Rochard, Pommier, Lenseigne, Goubet, Mmes Resmond, Tremine, Brunel, Mlle Lignoux. 

  • Délibérations Conseil municipal 10/09/1919
    Source : Registre des délibérations municipales de Levroux

    « (…) M. le Maire donne connaissance au conseil du résultat de la souscription à ce jour ouverte pour l’érection d’un monument aux Morts pour la Patrie. Elle s’élève à 6 400 ...

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    Délibérations Conseil municipal 10/09/1919

    « (…) M. le Maire donne connaissance au conseil du résultat de la souscription à ce jour ouverte pour l’érection d’un monument aux Morts pour la Patrie. Elle s’élève à 6 400 f ; à cette somme s’ajoute celle de 4 000 f votée par le Conseil Municipal.

       Pour permettre d’élever à la mémoire de nos braves soldats tombés au champ d’honneur un monument digne d’eux, le Conseil vote une nouvelle subvention de 6 000f à inscrire au budget Primitif de 1920. Pour faire face à cette dépense le Conseil vote 20 centimes au principal des 4 contributions et prie M. le Préfet de vouloir bien faire au Budget Primitif de 1920 les modifications nécessaires. (…) »

  • Emplacement 09/11/1919
    Source : archives départementales de l'Indre 2O/093/7

    L'emplacement a été choisi dès 1919 (délibérations municipales du 9 novembre). Le monument se dresse sur le côté ouest des promenades (aujourd'hui place de la République) et ...

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    Emplacement 09/11/1919

    L'emplacement a été choisi dès 1919 (délibérations municipales du 9 novembre).

    Le monument se dresse sur le côté ouest des promenades (aujourd'hui place de la République) et sensiblement au milieu, faisant face à la rue Hoche.
    Le monument était donc, au moment de sa construction, à proximité des deux écoles communales de garçons (donnant sur la place) et de filles, pour permettre aux écoliers d'être associés aux cérémonies.  

  • Courriers divers 25/11/1919
    Source : archives départementales de l'Indre 2O/093/7

    Lettre du maire de Levroux, J. Pécherat, au Préfet de l’Indre l’informant que « nous avons confié au sculpteur M. Nivet et à l’architecte M. Suard le soin d’établir le plan et ...

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    Courriers divers 25/11/1919

    Lettre du maire de Levroux, J. Pécherat, au Préfet de l’Indre l’informant que « nous avons confié au sculpteur M. Nivet et à l’architecte M. Suard le soin d’établir le plan et de composer la maquette » du monument.  

  • 1920
  • Devis 15/05/1920
    Source : archives de la famille du sculpteur

    Devis estimatif des travaux. Terrassement, fourniture de la pierre de taille, taille de la pierre, moulures, plaques gravées, pose du monument, maquette et mise au point ...

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    Devis 15/05/1920

    Devis estimatif des travaux.

    Terrassement, fourniture de la pierre de taille, taille de la pierre, moulures, plaques gravées, pose du monument, maquette et mise au point de la statue : 30 000 francs.  

  • Délibérations Conseil municipal 30/05/1920
    Source : Registre des délibérations municipales de Levroux

    « (…) Approbation des Plans et devis du Monument dressés par M. Suard architecte. – Le Maire soumet au Conseil les plans et devis du Monument aux morts pour la France ...

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    Délibérations Conseil municipal 30/05/1920

    « (…) Approbation des Plans et devis du Monument dressés par M. Suard architecte. – Le Maire soumet au Conseil les plans et devis du Monument aux morts pour la France s’élevant à la somme de 30 000 francs.

       Le conseil après avoir délibéré approuve les plans et devis présentés à condition que MMrs Suard et Nivet s’engagent à livrer ce monument pour le 1er février 1921 et que la somme de 30 000 francs ne soit dépassée en aucune façon. La dépense de 30 000 francs sera couverte par les recettes provenant des souscriptions, fêtes, tombolas et subvention de la Commune. (…)  

  • Délibérations Conseil municipal 13/06/1920
    Source : Registre des délibérations municipales de Levroux

    « …Monument aux Morts pour la Patrie. Marché de gré à gré. – Le Maire fait connaître au Conseil que Nivet sculpteur à Châteauroux s’offre d’ériger le Monument aux Morts pour ...

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    Délibérations Conseil municipal 13/06/1920

    « …Monument aux Morts pour la Patrie. Marché de gré à gré. – Le Maire fait connaître au Conseil que Nivet sculpteur à Châteauroux s’offre d’ériger le Monument aux Morts pour la Patrie moyennant la somme de 30 000 francs et en se conformant aux plans et devis établis par M. Suard Architecte à Châteauroux.

       Le Conseil après avoir délibéré prend acte de l’offre de M. Nivet et en raison du caractère tout spécial de ce travail qui ne peut être donné à l’adjudication, sollicite de M. le Préfet l’autorisation de passer avec M. Nivet un marché de gré à gré. (…)     

  • Marché de gré à gré 30/06/1920
    Source : archives de la famille du sculpteur et A.D.I. 2O/093/7

    Marché de gré à gré entre M. Rouet, maire de Levroux et M. Nivet.

  • Décret Approbation Préfecture 25/08/1920
    Source : A.D.I. 2O/093/7

    Décret du Président de la République, Paul Deschanel, autorisant l'érection du monument .

  • 1921
  • Délibérations Conseil municipal 20/06/1921
    Source : Registre des délibérations municipales de Levroux

       (…) Le maire rappelle au Conseil que les travaux pour l’Erection d’un monument aux morts pour la Patrie qui devaient être terminés le 31 mars 1921 ne seront encore ...

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    Délibérations Conseil municipal 20/06/1921

       (…) Le maire rappelle au Conseil que les travaux pour l’Erection d’un monument aux morts pour la Patrie qui devaient être terminés le 31 mars 1921 ne seront encore qu’ébauchés.

       Cependant aux ternes de l’article 2 du marché de gré à gré passé avec M. Nivet sculpteur, en date du 30 Juin 1920 et approuvé par M. le Préfet le 3 juillet de la même année une réduction de 20 francs par jour de retard dans l’exécution de ces travaux serait faite à l’Entrepreneur.

       Le Conseil après avoir délibéré, Considérant que la négligence de l’entrepreneur suscite de nombreuses critiques de la part de la population Proteste énergiquement contre la lenteur apportée dans l’exécution de ces travaux ; rappelle à M. Nivet que, s’il ne fait pas preuve de plus de célérité l’article 2 du Marché de gré à gré lui sera appliqué. (…)

  • Délibérations Conseil municipal 13/11/1921
    Source : Registre des délibérations municipales de Levroux

    (…) Le Maire fait connaître au Conseil que M. Nivet Sculpteur et Entrepreneur des Travaux d’Erection du monument à la mémoire des enfants de la ville de Levroux « Morts pour ...

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    Délibérations Conseil municipal 13/11/1921

    (…) Le Maire fait connaître au Conseil que M. Nivet Sculpteur et Entrepreneur des Travaux d’Erection du monument à la mémoire des enfants de la ville de Levroux « Morts pour la France » ne seront terminés qu’en fin d’année et qu’il serait nécessaire de prévoir l’entourage de ce monument soit d’une Grille en fer ou de chaînes.

       Le Conseil après avoir délibéré décide 1°) de laisser tout le temps nécessaire à M. Nivet pour terminer les travaux de sculptures commencés.

    2°) Il décide en outre que ce monument sera entouré d’une grille en fer forgé de 0m, 80 centimètres de hauteur et que la pose en sera faite d’accord avec la Commission des Travaux et l’Entrepreneur.

       Le Maire fait connaître au Conseil que malgré que les travaux d’érection du monument aux « morts pour la France » ne seront (sic) terminés qu’en fin d’année, il y a lieu de prendre les dispositions nécessaires pour son inauguration.

       A son avis, l’inauguration aura lieu un Dimanche à 2 heures, sous la présidence de M. le Préfet de l’Indre ; seraient seuls invités MM. Le Secrétaire Général, le chef de Cabinet du Préfet, les Chefs de Division de la préfecture, plus toutes les sociétés locales.

       La Cérémonie devant conserver un caractère purement local et ne devant pas servir de prétexte à aucune manifestation politique, aucun parlementaire ne serait invité. Deux discours seraient prononcés, un par le Maire, l’autre par M. le Préfet représentant le gouvernement de la République.

       A l’issue de cette inauguration un lunch serait offert aux invités dans une des salles de la Mairie.

       Le Conseil après avoir délibéré Accepte la proposition de M. le Maire et charge MM. Mauduit et Bodin d’organiser les détails de la cérémonie. (…) » 

  • 1922
  • Inauguration 21/05/1922
  • Inauguration - Presse 22/05/1922
    Source : Journal du Département de l'Indre, 22-23 mai1922

    Journal du Département de l'Indre, 22-23 mai1922 Inauguration du Monument aux Morts de la guerre à Levroux.    Levroux a inauguré, hier, le monument ...

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    Inauguration - Presse 22/05/1922

    Journal du Département de l'Indre, 22-23 mai1922

    Inauguration du Monument aux Morts de la guerre à Levroux.

       Levroux a inauguré, hier, le monument élevé à la mémoire des 150 enfants de la commune tombés au Champ d’honneur.

       La cérémonie était fort simple :

       A 2 heures, partait de la Maison du Peuple un cortège comprenant les autorités officielles : M. Guillerot, secrétaire général, représentant M. le Préfet, Rouet, maire de Levroux, Bougault-Fauchais, conseiller général, Ferré et Girault, adjoints, etc., les sapeurs-pompiers, les enfants des écoles et toutes les sociétés locales.

    Sur la place où s’élève le monument, la population se pressait. La musique exécuta la Marseillaise, puis la Marche funèbre de Chopin. A ce moment le voile recouvrant le monument tomba.

    Le monument

       Le monument dû au ciseau du sculpteur Nivet, est une œuvre forte, profonde, et une des plus belles parmi celles qui marqueront notre époque. Levroux possède là un beau monument.

       L’œuvre de Nivet est humaine. Elle n’a rien d’artificiel ni d’apprêté. Un soldat, la tête sur le poing, dans une attitude chère à Michel-Ange, songe à toute l’infinie tristesse de la guerre, au foyer lointain, à l’avenir hasardeux. Toute la tristesse de l’homme courbé sous la nécessité, tout le fardeau des jours malchanceux est dans cette statue grave et forte comme la destinée.

       Nivet est un puissant réaliste de la grande lignée des vieux tailleurs de pierre. Il fait songer à ce Ligier Richier, dont les masques taillés en pleine vie, nous troublent par delà les siècles.

       Disons-le nettement ici, le monument de Nivet est un chef d’œuvre. Ah ! ce n’est pas une œuvre jolie, pompon[n]ée, héroïque, comme on en voit aux Salons. Il n’y a pas la jolie fille de marbre à la poitrine divergente et aux belles hanches, qui apporte une palme à un joli petit soldat avec l’air de lui dire « Viens chez moi, joli garçon ! » Non, l’œuvre  de Nivet est triste de toute la douleur de la guerre et de tout le malheur humain. C’est l’œuvre d’un homme.

       Unanimement la population marqua son admiration pour le « Poilu » de Nivet. Deux discours furent prononcés.

       Le premier, M. Rouet prenait la parole pour retracer l’héroïsme du poilu français pendant les cinq années de souffrance qui précédèrent la victoire.

       Pourquoi fallut-il que dans cette fête du souvenir, devant ce monument qui rappellera toujours le dévouement commun de tous les enfants de Levroux, officiers et soldats, M. Rouet éprouva (sic) la nécessité de crier sa haine des officiers en plaçant cette phrase particulièrement malheureuse dans un discours écrit : « … vous poilus courageux, malgré les brimades des officiers … » [ ?]

       En un pareil jour, en présence de parents d’officiers tombés au Champ d’honneur, aussi devant des officiers ayant fait tout leur devoir pendant la guerre, le maire de Levroux a manqué de ce respect le plus élémentaire qui est toujours dû aux héros, à ceux qui ne sont plus et à ceux qui les pleurent. On n’exprime jamais sa haine des vivants quand on parle des morts.

                                                                                                                  (Non signé)     

     

  • Délibérations Conseil municipal 05/06/1922
    Source : Registre des délibérations municipales de Levroux

    (…) Cérémonie de l’inauguration du Monument. – Sur la proposition de M. Batailler    Le Conseil décide que les détails de la cérémonie de l’Inauguration du Monument ...

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    Délibérations Conseil municipal 05/06/1922

    (…) Cérémonie de l’inauguration du Monument. – Sur la proposition de M. Batailler

       Le Conseil décide que les détails de la cérémonie de l’Inauguration du Monument élevé à la mémoire des Enfants de la Ville de Levroux « Morts pour la France » et le discours prononcé par le Maire, soient insérés au registre des Délibérations du Conseil Municipal.

    Détails de la Cérémonie.

       Cette cérémonie était présidée par M. Guillerot, Secrétaire Général de la Préfecture de l’Indre.

       Le 21 mai à 2 heures du soir le cortège constitué de la façon suivante est parti de la Maison du Peuple pour se rendre au pied du Monument élevé Place de la République.

    Composition du Cortège.

       1° Cie des Sapeurs Pompiers

       1° bis la Société Musicale « l’Indépendante »

       2° Les enfants des Ecoles sous la direction de leurs maîtres

       3° Le Conseil Municipal, composé de MMr Léon Rouet, Maire, Ferré Alphonse et Girault Jean Bte , adjoints, Tissier, Valin, Blanchard, Pelletier, Devilliers, Mauduit, Guérineau, Batailler, Taillandier, Dioton, Bodin, David, Cadon, Jacquin, Boué, Vernaire, Clément, Rousié.

       4° Invités : MMr. Les Chefs de Division de la Préfecture, E. Nivet, sculpteur, Suard, architecte, MM. Bigault-Fauchais, Conseiller Général, Delorme Robert, conseiller d’arrondissement et Pigelet, Maire de Brion.

       5° Le Comité du Monument : MMr Pêcherat Joseph, Président, Resmond Aristide, Vice-Président, Léon Rouet, Guérineau Joseph, Taillandier Alexandre, Jacquin Alexandre, Roger François, Gratier Marcel, Billot Alcide, Ferré Alphonse, Duterde Henri, Arnault Silvain, Laurent Arthur, Blanchard Isidore, Valin Charles, Girault Jean Bte, Rousié Louis, Batailler Eugène, Martin Alphonse, Bavouzet Ernest, Vignaudon René, Puard Eugène, Accolas René, Aufrère Jean, Lebrun Edmond, Bourdier Léon, Christin Charles, Compain Georges, Grenon Edouard, Girault Joseph, Guenette Lucien, Meunier Edmond, Lajoie Lucien, Poplin Auguste, Rochard Théodore, Chollet Paul, Bavouzet Albert, Renault Charles, Bodin Auguste, Trémine Henri, Pilorget Lucien, Mmes Trémine Alexandre, Lebrun Edmond, Valin Alexandre, Brunel Charles, Mlles Barrel, Pignux Bethe, Pêcherat Renée, Pêcherat Marguerite, Guérineau Andrée, Aubert Hélène.

     6°) Section des Mutilés, réformés et veuves de Guerre du canton de Levroux

     7°) Section des Vétérans

     8°) Société de Gymnsatique « La Patriote »

     9°) Amicale des Jeunes filles

     10°) Société Vigneronne «la Fraternelle »

     11°) Société Vigneronne « La sain Vincent »

     12°) L’Union du Commerce et de l’Industrie

     13°) Société des Prévoyants de l’Avenir

     14°) Société de la Dotation de la jeunesse de France

     15°) Société « La Mutualité scolaire »

     16°) Société de Secours Mutuels « La Bienfaisante »

      17°) Société de Secours Mutuels « La Philanthropique »

    La Musique joue la Marseillaise lorsque tombe le voile qui recouvre le monument ; ensuite le Maire prend la parole et prononce le discours suivant :

     

                                                                   [« ] Mesdames, Messieurs,

                    J’ai aujourd’hui le triste devoir de rendre un hommage suprême à la mémoire des Enfants de Levroux « morts pour la France ». Je ne suis pas un orateur brillant, mais cependant je m’efforcerai de dire avec toute la sincérité dont je suis capable les sentiments que j’éprouve au pied de ce monument.

                    Ce n’est pas avec une émotion feinte que je vais évoquer des souvenirs pénibles. Le 3 Août 1914, au premier appel, nous étions tous debout, jeunes, vieux [ ;] animés de la même foi, de la même ardeur, unis par une seule et unique pensée, nous apparûmes aux frontières. Dans la lutte gigantesque tout égoïsme s’évanouissait, tous confondus dans les mêmes dangers, les mêmes fatigues, tous soumis aux mêmes privations, aux mêmes souffrances, nous avions la conviction pour la plupart d’être de retour au bout de quelque mois. L’effort pour libérer notre Pays fut lent pénible, nous connûmes les heures tristes, les heures sombres, mais nous étions soutenus par le ferme espoir de triompher. Ce ne fut que 50 mois après que vint la Victoire, et pour qui connut l’héroïsme, l’indomptable courage, l’abnégation des admirables petits soldats qui furent les principaux artisans de la Victoire, l’hommage qui leur est rendu est bien modeste, et nous ne saurions trop les aimer, trop  les vénérer. Ils furent ceux qui avec un stoïcisme farouche endurèrent les indescriptibles souffrances et traversèrent les alternatives de la lutte sans uns défaillance. Ils furent ceux aussi qui durent subir souvent les vexations, les brimades de chefs peu bienveillants.

       En 1919, un Comité se forma sous les auspices de la Municipalité pour l’érection de ce monument. Ses membres rivalisèrent d’efforts pour recueillir les fonts nécessaires. La dépense était élevée, la souscription publique n’avait pas donné ce que nous espérions, aussi la Ville dut elle s’imposer un gros sacrifice, il lui fut léger car nous avions tous le désir de donner à nos morts un monument digne d’eux. M. Suard architecte en dressa les plans, l’exécution en fut confiée à notre compatriote le sculpteur Nivet. Si le travail fut long, si je dus bien souvent calmer des impatiences, tous comprendront qu’une telle œuvre ne s’improvise pas en quelques mois, soyons reconnaissants à l’éminent artiste qu’est Nivet d’avoir voulu léguer à son pays natal une ouvre admirable, la pus belle qu’il ait conçue dans sa carrière. Certes beaucoup auraient peut- être préféré qu’au lieu de ce soldat qui pense, le monument soit surmonté d’une Victoire ailée ou d’un soldat brandissant son fusil d’un air farouche ayant l’air de crier « On les aura ». Ce qu’a voulu l’artiste, qui malgré sa barbe et ses cheveux blancs a connu lui aussi la guerre de tranchées, c’est refléter toute sa pensée ; ce poilu qui pense aux siens, à son Pays, cette attitude, qui d’entre nous ne l’a pas eue [ ?] Au retour de permission après quelques jours heureux passés en famille, nos pensées allaient vers ceux restés au foyer. Dans la tranchée, en attendant l’heure de l’attaque, à l’heure de la relève, nous étions avec eux [,] nous demandant ce qu’ils deviendraient et si nous aurions un jour la joie de les revoir[.] Telle était la conception de l’artiste et elle reflète l’état d’esprit de beaucoup d’entre nous.

        Lorsqu’il s’agit de l’inauguration du Monument, le Conseil Municipal fut unanime à décider que la cérémonie soit simple, sans apparat : c’est par la simplicité qui part du cœur qu’on honore le plus ceux que nous pleurons. Pour conserver à la cérémonie son caractère local il fut décidé qu’aucun Parlementaire ne serait invité. Nous honorons aujourd’hui nos enfants sans distinction de parti. Il s étaient égaux, ils sont tombés pour la même cause, nous devons les respecter. Depuis longtemps on [n’] a que trop abusé des inaugurations pour faire un peu de réclame électorale, ce n’est ni l’heure ni le lieu de faire de la politique, chaque chose à son heure, à son temps. M. Guillerot le sympathique Secrétaire Général de la Préfecture a bien voulu accepter la Présidence de la cérémonie où il représente le Gouvernement, je le remercie au nom des habitants de Levroux [,] ainsi que Mrs les Chefs de Division [,] d’avoir accepté notre modeste mais si cordiale invitation. A cette cérémonie à laquelle furent conviées toutes les sociétés locales, toute la population, nous avons voulu conserver son caractère de recueillement, peu de musique, pas de défilés brillants aux accents de marches guerrières. Il y a dans cette foule assemblée  trop de parents, de mères, d’épouses auxquels cette cérémonie rappelle de cruels souvenirs, trop aussi d’anciens combattants qui ont soufferts (sic) et souffrent encore pour n’avoir pas voulu lui donner le caractère d’une fête. Tous comprendront les motifs qui nous ont guidé (sic).

       Je place ce monument à la mémoire des 150 enfants de Levroux morts au Champ d’honneur, sous la protection du public. Certes le temps va vite, l’oubli vient, on ne peut vivre avec les morts, mais lorsque vous passerez au pied de ce monument, ayez une pensée, un souvenir pour ceux qu’il honore, rappelez-vous que si nous sommes encore en pays libre ils ont fait le sacrifice de leur vie. Unissons-nous et que notre même pensée aille vers les héros que nous magnifions aujourd’hui, pour leur dire tout notre amour, toute notre reconnaissance. Leur exemple comme un rayonnement traversera la profondeur infinie de l’immense histoire et [,] dans des moments d’ennuis [,] venez au pied de ce monument lire les noms de ceux qui sont tombés pour la défense de leur patrie, pour la France, pour la République.  [» ]

      

       Au nom du Gouvernement, M. le Secrétaire Général a pris la parole. Les discours terminés, la Musique joue la marche funèbre de Chopin et le cortège défile en silence devant le Monument où des palmes y (sic) déposées, l’une au nom de la Ville, les autres par chacune des sociétés.

       La cérémonie s’est terminée à la Maison du Peuple où un lunch a été offert par la Municipalité à ses invités et aux bureaux des sociétés.

     

    Signé : Pelletier, Girault, Rouet, Devilliers, Ferré, Mauduit, Blanchard, Jacquin, Taillandier, Bodin,Valin, Boué, Batailler      

  • Presse 01/07/1922
    Source : Journal du Département de l'Indre

    Journal du Département de l'Indre Chronique locale « Notules berrichonnes » Autour d’une statue    La ville de Levroux possède un chef-d’œuvre de ...

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    Presse 01/07/1922

    Journal du Département de l'Indre

    Chronique locale « Notules berrichonnes »

    Autour d’une statue

       La ville de Levroux possède un chef-d’œuvre de Nivet, ce Monument aux Morts qui dit toute la tristesse et toute la douleur et aussi toute la résignation de l’homme devant la nécessité. Par la simplicité des lignes, la pureté de l’attitude qui rejoint Rodin. Il semble que des deux côtés on essaie de faire de la politique sur cette œuvre d’art. Quelles que soient les intentions d’un artiste, elles sont au dessus de la politique. Nus avons reçu beaucoup de lettres à ce sujet. Nous ne sommes de l’avis ni des uns ni des autres. L’œuvre de Nivet est une œuvre humaine et vivante qui honore le Berry. Lundi soir j’assistais à une représentation de Lohengrin à l’Opéra. Il y avait plus de cinq cents combattants officiers et même généraux qui applaudissaient un chef-d’œuvre dans lequel Farny Heldy fut prodigieuse. Il ne s’agissait plus de musique allemande ou française, il s’agissait d’une œuvre au-dessus de la mêlée.

       Le poilu de Levroux sculpté par Nivet est, lui aussi, au-dessus des querelles de M. Rouet et de M. Delorme. Mais il n’y a pas que lui, il y a les combattants. Maintenant, on se sert des combattants comme d’une arme politique. Ils ne sont pas contents et ils ont raison. Ceux qui n’ont pas été à Roanne tourner des obus ou qui n’ont pas été mis dans un état major, ni adjudants à l’arrière se moquent un peu de tous ceux qui prétendent parler en leur nom. Ils n’ont aucun goût pour la guerre, ils n’en ont aucun pour les doctrines de lâcheté. Ils ont souffert, mais comme dit l’un d’eux « nous avons quelques bosselées de terre, nous saurons les défendre contre les exploiteurs de la crédulité, contre les embusqués de toutes sortes, contre les communistes et contre les étrangers3

       Les combattants savent, eux, ce qu’ils pensent. Ils le diront quand ils croiront bon de le dire, mais personne, en dehors de leur association, n’a le droit de parler en leur nom et de faire de la politique sur leur dos.

                                                                                                                                                 Riquet