France (Haute-Saône) Pesmes (70140)

Conflits commémorés
  • 1870-71
  • 1914-18
  • 1939-45
  • Indochine (46-54)
  • AFN-Algérie (54-62)
  • Monument communal
informations déposées par Burghardt Jean-pierre et mises à jour par Bichet Maxime dernière mise à jour le 08/09/2018

Description du monument

Caractéristiques

  • Structure
    • Pilier commémoratif
      • Colonne quadrangulaire
  • Types de sculpture
    • Bas-relief
  • Représentations - Soldats
    • Diverses Représentations de Poilus
      • Poilu
  • Décorations militaires
    • Croix de Guerre
Dans leur choix, nos élus ont opté pour la grandeur et le classicisme, cédant cependant à la forme prédominante de l’époque : L’obélisque. Ainsi, nous ont-ils épargné les lieux communs du « Poilu victorieux » de l’architecte Binet réalisé en plus de mille exemplaires ou de la stèle banale sans verser dans le grandiose de la statuaire allégorique.
Certes, on retrouve en quasi grandeur nature et sculptée dans la pierre calcaire, la représentation du poilu, godillots aux pieds, armé de son fusil « Lebel » baïonnette au canon,  cartouchières au ceinturon,  capote de campagne, jambes protégées de bandes molletières, havresac au dos, casque « Adrian », le visage volontaire,  prêt au combat. La croix de guerre de 1914/18 en unique ornement surmonte la simple inscription : « La commune de Pesmes à ses enfants morts pour la patrie ».
Sur chacune des trois autres faces sont gravés les cinquante trois noms des victimes des guerres : six en 1870/71, sept en 1914,  seize en 1915,  quatre en 1916,  six en 1917, sept en 1918, huit en 1939/45, un en Indochine, et un en Algérie, et une victime  de séquelles liées au premier conflit mondial. L’ensemble de l’édifice posé sur une base circulaire constituée de trois marches entrecoupées de quatre volutes d’angles s’élance majestueusement à près de six mètres de hauteur. Enfin, pour préserver son intégrité et sa solennité le monument est clos par une grille métallique ouvragée.
[Source : Archives municipales - Christian Kita]

Economie

Prix

26 100 francs

Subvention commune

10 000 francs

Les morts

GARDETTE J.
GARDETTE A.
GAUVIN A.
MASSON A.
REMONDET J.
THEVENON O.

1914
BILLARDET R.
MISSET L.
NURDIN Ch.
PERONO A.
PERROT C.
PREVOST P.
ROBERT Ch.
-
1915
BARLOT C.
BOUVEROT P.
BRUN H.

CHAUDOT J.
DEMARQUE H.
DRUOTON C.
GUICHARD J.
LASSALLE L.
MAURICE M.
MOUREY L.
MOUREY J.
PAULE H.
PERROT J.
PROT E.
PRUDHON L.
THOMAS J.
----
1916
GUYOT C.
METROT J.
METROT L.
MORVALLET E.
-
1917
ALEXANDRE L.
JULIEN A.
LABORDE E.
HUVIER C.
MOUTOT A.
TERRACOL H.
-
1918
BILLARDET M.
CHANEY L.
MOUTOT C.
PAULE A.
PRUDHON P.
ROBERT C.
BELIN M.

THEVENON G.
FLEISCH F.
TUPIN J.
GUYOTTE R.
CHOLLEY J.
DUBOIS A.
BARTHOULOT J.
PERLIN R.
-
LAFAYE Henri mort 1941

MOMY R.
BOULANGER M.

Historique du monument

  • 1919
  • Délibérations Conseil municipal 10/1919
    Source : Archives municipales - Kita Christian

    en octobre 1919, le conseil municipal pour le moins divisé décide à l’unanimité d’ériger un monument aux morts et vote la somme de 10 000 francs pour lancer le projet.

  • 1920
  • Délibérations Conseil municipal 1920
    Source : Archives municipales - Kita Christian

    Un an après, le dossier se précise, on parle de fondations, de construction et d’« entourage » pour un coût final de 26 500 francs auquel il convient d’ajouter des dons individuels.

  • Marché de gré à gré 12/10/1920
  • Minute 16/12/1920
  • 1921
  • Procès-verbal de Réception 10/1921
    Source : Archives municipales - Kita Christian

    Le tout (grille comprise) est réceptionné définitivement en octobre 1921.

  • 1923
  • Inauguration 02/07/1923
    Source : Archives municipales - Kita Christian

    Un cérémonial d’une grande solennité « Le monument avait été décoré avec un goût parfait. Un parterre de mousse verte piqué de marguerites formant l’inscription « Honneur à nos ...

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    Inauguration 02/07/1923

    Un cérémonial d’une grande solennité

    « Le monument avait été décoré avec un goût parfait. Un parterre de mousse verte piqué de marguerites formant l’inscription « Honneur à nos héros ! », faisait ressortir la blancheur de la pierre ; le feuillage des arbres séculaires (les anciens platanes) formait un cadre merveilleux : décorations, verdure, guirlandes arrangées avec art, constituaient un ensemble harmonieux, du meilleur goût et du plus bel effet.

    Un arc de triomphe portant ces deux inscriptions « Hommage à nos morts » et « Gloire à nos héros » avait été dressé à l’entrée de la place.

    A deux heures, les cloches sonnèrent, annonçant que la cérémonie allait commencer. Après la réception des invités à l’hôtel de ville, le cortège partit de la mairie pour se rendre au monument. Quatre poilus en tenue portaient à l’extrémité de piques, une superbe couronne de mousse, hommage des enfants à leurs aînés ; seize fillettes, habillées de blanc, le front ceint d’une couronne de chêne, tenaient des rubans tricolores partant de la couronne ; les enfants des écoles porteurs de couronnes et de gerbes de fleurs suivaient accompagnés de leurs maîtres et maîtresses.

    La population presque entière, - malgré les divisions quand il s’agit de nos grands morts, massée autour du monument, avait tenu à témoigner sa reconnaissance ainsi que sa sympathie aux familles éplorées.

    Tout à coup, retentit la sonnerie « Aux Champs » suivie de la « Marseillaise », exécutée par la fanfare de Pesmes.( « L’union de la jeunesse » reconstituée en 1922).

    Les enfants des écoles récitent la poésie de Victor Hugo « Ceux qui pieusement sont morts ». Puis c’est l’appel des morts fait par deux mutilés. A ce moment, la cérémonie prend un caractère émouvant.

    A l’appel de chaque nom, une voix qui retentit comme un glas dans les cœurs répond : « Mort pour la France ! » pendant qu’un petit garçon portant une couronne au nom du héros appelé accompagné d’une petite fille tenant une gerbe de fleurs, s’avancent et déposent fleurs et couronne au pied du monument. Quarante fois se renouvelle le même appel suivi du même geste pieux. Puis, sous la voûte des arbres s’élèvent des voix mélodieuses : ce sont les enfants des écoles qui entonnent le chant « Pour ceux que nous pleurons ». Pendant ce temps, une palme en bronze est déposée au pied du monument au nom de la municipalité. Les différentes sociétés de la ville : Art à l’école, Cercle récréatif, Union sportive, Comité républicain démocratique apportent à leur tour fleurs et couronnes. Les vétérans de 1870-71 avaient tenu, eux aussi, à participer à cette fête du souvenir et déposèrent également une couronne : pieux hommage de leur reconnaissance à ceux qui furent leurs glorieux vengeurs.

    Plusieurs discours ont été prononcés : par Monsieur le Maire (M. Joseph Leconte) qui a remercié la population ; Monsieur Gras, Monsieur Gendey, conseiller d’arrondissement, Monsieur Couyba, (Ex sénateur et ancien ministre) président de la société française de l’art à l’école et par Monsieur Dadin, sous-préfet au nom du gouvernement.

    Ce dernier a ajouté quelques mots sur le dispensaire de Gray dont il montre l’utilité sociale et les services qu’il est appelé à rendre dans la lutte contre la tuberculose. Pendant que la fanfare joue un dernier morceau, quatre jeunes filles et quatre jeunes gens font une quête au profit de l’œuvre qui a produit la somme de 302 francs.

    La cérémonie prend fin et les invités, les fonctionnaires se rendent à la mairie où un vin d’honneur leur est offert par la municipalité ».