France (Loire-Atlantique) Fercé (44660)

Conflits commémorés
  • 1914-18
  • 1939-45
  • Monument communal
informations déposées par Yziquel Jacques et mises à jour par dernière mise à jour le 27/11/2017

Description du monument

Caractéristiques

  • Structure
    • Pilier commémoratif
      • Lanterne des morts
  • Autres éléments
    • Entourages
      • Entourage avec obus
    • Plaques/Pied monument
  • Ornementation religieuse
    • Croix
      • Croix latine au sommet
  • Décorations militaires
    • Croix de Guerre
  • Ornementation associée
    • Casque, Palme(s)
  • Ornementation civile
    • Urne(s)/Vase

Ce remarquable monument est une lanterne des morts, haute de 11 mètres.

Il se compose d'un soubassement en pierres sur lequel s'élève une tour faite de pierres et d'une ceinture de moellons sur laquelle sont gravés les noms des morts (parfois difficillement lisibles) pendant la guerre 1914-1918  et ornée de coeurs avec en leur centre l'hermine de Bretagne. Le sommet du monument, en forme d'obus couronné, est surmonté d'une croix latine. Des pilastres cannelés séparant des niches et  une frise de métopes et de triglyphes avec gouttes ceinturent la  base du bulbe. En outre, 4 meurtrières percent, de part en part,  l'édifice. Le nom des morts est parfois difficile à lire.

Deux obus sont dressés au pied du soubassement (face antérieure) et quatre obus, plus petits, surmontent, aux quatre coins, le soubassement.

Le Livre d'Or de la Commune de Fercé, écrit juste après la guerre, nous en donne la description suivante:

"En donnant à ce monument l’aspect guerrier d’un obus, l’architecte n’en a point exclu les ornements. En outre la bague en bas-relief, décorée d’arabesques en forme de cœur avec l’hermine de Bretagne, entrelaçant les noms des quarante Preux qui ont sacrifié leur vie à la défense de la France, l’entablement qui couronne le fuseau est composé d’une frise dorique soutenue par huit cippes, et chaque entrecolonnement contient une grotte renfermant une statuette aux différents prénoms des Héros, en haut-relief des croix de guerre et comme percuteur du fac-similé de l’obus une Croix latine en granit, conjointement avec celle du clocher qui a sonné la première heure de la vie de ces martyrs ! Ce monument original fait à la base, six mètres de circonférence et onze mètres de hauteur, comme une citadelle il couvre de son aile le faîte des maisons, son élévation altière domine les maisons. De couleur locale, il est en moëllons du pays et en pierre de taille des Charentes. Il peut défier les siècles et rappeler aux générations futures les horreurs de la guerre !"

Il s'écoulera 2 ans et demi entre la première délibération évoquant l'érection d'un monument aux morts (25 décembre 1918) et l'inauguration (19 juin 1921).

Matériaux

  • pierre de taille, moëlons,
  • marbre (plaques)

Economie

Prix

4 000 francs

Dons autres

350,00 francs(subvention Bureau de Bienfaisance)

Commentaires (économie)

La somme de 4 000F se décompose de la façon suivante:

  • achat du terrain 800F, le Bureau de Bienfaisance participant à l'acquisition à hauteur de 350F.
  • dépenses imprévues, pour la cas où la somme de 800F serait insuffisante, 200F
  • coût du monument 3 000F

297 "généreux donateurs" ont participé au financement du monument, la commune figurant parmi les donateurs à hauteur de 650F, de même que le Bureau d'Aide Sociale pour 350F. Le Vicomte Pierre du Boispéan, maire de Fercé, a,  quant à lui,  versé 200F, le Vicomte Pierre de Cambourg 200F et le Conte Ginoux-Defermon 100F.

Inscriptions présentes sur le monument

Sur la face antérieure du soubassement,  une plaque en marbre commémore les morts de la guerre 19139-1945, qu'ils soient morts pour la France où morts au champ d'honneur de la Résistance. Cette plaque est surmontée d'une palme avec casque portant la mention " UNC à ses camarades. Unis comme au front".

Trois plaques sont fixées sur la  face latérale gauche du soubassement:

  • A la mémoire de Lucien PLESSIS, déporté politique, mort au camp de Dora, le 5 février 1945, âgé de 22 ans. Mort pour la France La Classe 1942, à son camarade Lucien PLESSIS, déporté politique, mort en Allemagne en 1945
  • La Classe 1942 à son camarade Roger LEVEQUE, déporté politique, mort en allemagne en 1945, à l'âge de 23 ans.
  • Lucien Plessis et Roger Levêque appartenaient tous les deux au réseau Buckmaster-Oscar  implanté en Ille-et-Vilaine,  et dans la région de Châteaubriant.

Par arrêté du secrétaire d'Etat aux anciens combattants en date du 3 novembre 1997, la mention « Mort en déportation » est apposée sur les actes et jugements déclaratifs de décès de Lucien Plessis (JO 022 du 27 janvier 1998).

Les morts

E BORDAIS
L BORDAIS
JB BOUCAULT
A BOULAY
A BRUNET
J BUFFET
J CHARRON
E CHEVE
A COCHAIS
J COCHAIS

A COTTEREL
I COTTEREL
L DESFAUCHEUX
H DUBOIS
A GAGNEUL
L GAUTIER
J GERVAIS
L GIQUEL
L GIQUEL
F GOURHAND
F GUERIN
L HERBETTE
A HUARD
L HUBERT
V JOLY
J LEBRETON
A LEVEQUE
J MOQUET
P MOREAU
J PERDRIEL
J POTTIER
N POTTIER
A POULAIN
A ROLLAND
J ROLLAND
T TEXIER
-
F DAVID
A BOURGINE
E GRIVEL

Morts pour La France
DE CAMBOURG P
HAVARD R
GEORGET L
TATARE H
-
Morts au Champ d'honneur de la Résistance
CAVE J
ESNAULT J
GAUTIER A
GAUTIER G
GAUTIER J
GICQUEL R
LEVESQUE F
LEVESQUE R
PLESSIS L
LUET C

Historique du monument

  • 1918
  • Délibérations Conseil municipal 25/12/1918
    Source : registre des délibérations

    Délibération du 25 décembre 1918 Objet: Commission chargée d'étudier un programme pour la fête de la Victoire. Le Président soumet au Conseil ses intentions ...

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    Délibérations Conseil municipal 25/12/1918

    Délibération du 25 décembre 1918

    Objet: Commission chargée d'étudier un programme pour la fête de la Victoire.

    Le Président soumet au Conseil ses intentions de fêter la Victoire de la France et invite le Conseil à nommer une commission chargée d'étudier un programme pour fêter le retour de nos glorieux poilus, et principalement de nos chers prisonniers; aussi les moyens d'élever un monument à ceux que nous pleurons qui ont versé leur sang pour la patrie.

    Sont nommés membres de cette commission:

    M.M. Thomerot maire Président

    du Boispéan, conseiller municipal

    Gueutier id

    Mr le Curé

    Henri Gicquel, conseiller municipal

    Cavé Amand

    Victor Gagneul, père d'un fils morts pour la Patrie

    Cochais Pierre à la Morinais, père de deux fils morts pour la Patrie et tuteur d'un mort pour la Patrie.

    Cette commission présentera un programme à une prochaine réunion du Conseil.

    La séance est levée à 14h45....

  • 1919
  • Délibérations Conseil municipal 13/07/1919
    Source : registre des délibérations

    Délibération du 13 juillet 1919 Objet: achat d'un terrain pour élever un monument aux enfants de la commune morts pour la France. Le Conseil ...

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    Délibérations Conseil municipal 13/07/1919

    Délibération du 13 juillet 1919

    Objet: achat d'un terrain pour élever un monument aux enfants de la commune morts pour la France.

    Le Conseil Municipal, considérant que la commune aura l'honneur d'élever un monument aux enfants de la commune morts pour la France, est d'avis d'acquérir un terrain vague situé dans le haut du bourg, au carrefour de la route de Fercé à Soulvache, en face de la maison Langouët.

    L'acquisition de ces deux terrains peut être évaluée à environ 800F dont 350F seraient versés par le Bureau de Bienfaisance.

    En conséquence, le Conseil Municipal inscrit donc au budget additionnel de 1919, la somme de 800F, nécessaire à l'acquisition de ces terrains et 200F en dépenses imprévues, au cas où cette somme de 800F ne serait pas suffisante.

    Il nomme en outre une commission composée de M.M. Thomerot maire, Hallet Jean marie et Gicquel Henri, qui fera le nécessaire, pour l'acquisition de ces terrains au mieux des intérêts de la commune et dans le plus bref délai possible

    (Mention marginale : Vu et approuvé en ce qui concerne le vote par le Conseil Municipal d'un crédit de 300F pour l'achat du terrain dont il s'agit. Nantes le 3 septembre 1919. Pour le Préfet, Le Conseiller de Préfecture...).

     

  • Délibérations Conseil municipal 19/10/1919
    Source : registre des délibérations

    Délibération du 19 octobre 1919 ( fixant l'emplacement du monument et en acceptant le prix; demande de principe de subvention). Objet : monument à élever aux enfants de ...

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    Délibérations Conseil municipal 19/10/1919

    Délibération du 19 octobre 1919 ( fixant l'emplacement du monument et en acceptant le prix; demande de principe de subvention).

    Objet : monument à élever aux enfants de la commune morts pour la France.

    Le Maire soumet au Conseil Municipal le plan d'un monument à élever aux enfants de la commune morts pour la France et dont le prix est de 3 000F. Le Conseil municipal, par autorisation de Mr le Préfet en date du 3 septembre dernier, s'est rendu acquéreur du terrain vague situé dans le haut du bourg et appartenant aux enfants Riot. Il reste à acquérir le terrain Langouêt, les démarches pour l'acquisition de ce terrain ne sont pas encore complètement terminées, les différents propriétaires n'habitant pas la commune. Il invite le Conseil à adresser à Monsieur le Préfet une demande pour permettre l'établissement de ce monument sur le nouveau terrain communal.

    Le Conseil Municipal, considérant que l'érection d'un monument destiné à perpétrer pour les générations futures, les noms des enfants de la commune de Fercé qui sont tombés en défendant le sol sacré de la Patrie, monument qui honorerait à jamais le souvenir de ces héros morts au Champ d'Honneur, ne saurait être mieux placé que sur ce terrain communal formant une superbe place dans le haut du bourg.

    En conséquence, il a l'honneur de solliciter de Mr le Préfet, de bien vouloir lui dire approximativement quelle serait la part contributive de l'Etat pour la construction de ce monument

  • 1920
  • Délibérations Conseil municipal 25/01/1920
    Source : registre des délibérations

    Délibération du 25 janvier 1920 Objet: commission du monument commémoratif. Le Maire propose au Conseil de nommer une commission chargée de surveiller les travaux ...

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    Délibérations Conseil municipal 25/01/1920

    Délibération du 25 janvier 1920

    Objet: commission du monument commémoratif.

    Le Maire propose au Conseil de nommer une commission chargée de surveiller les travaux du monument commémoratif, et de prendre toutes dispositions relatives à la fête qui aura lieu à cette occasion.

    A l'unanimité des voix, sont nommés membres de cette commission: M.M. du Boispéan, maire, Gicquel Henri, Cavé Armand, Herbette Jean, Gagneul Victor, Langouët rémy, Dubois François.

     

  • 1921
  • Pose Première pierre 21/03/1921
    Source : Livre d'or de la Commune de Fercé 1914-1918

    pose de la première pierre

  • Inauguration 19/06/1921
    Source : Livre d'or de la Commune de Fercé 1914-1918

    Le monument dont la première pierre a été posée le 21 mars 1921 par Mr le Maire de Fercé, a été béni par monsieur l’abbé Gravouil curé de la paroisse, ...

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    Inauguration 19/06/1921

    Le monument dont la première pierre a été posée le 21 mars 1921 par Mr le Maire de Fercé, a été béni par monsieur l’abbé Gravouil curé de la paroisse, le 19 juin 1921, et inauguré le même jour en présence de :

    Monsieur Lecour Grandmaison Député de la Loire Inférieure,

    Monsieur le Vicomte du Boispéan, Maire,

    Messieurs les membres du Conseil Municipal,

    Monsieur Auguste Billy, Conseiller Général du Canton de Rougé,

    Monsieur Laumaillé, agent voyer

    Monsieur Moriceau, architecte,

    Monsieur Leroux, entrepreneur,

    Assistés d’une foule considérable de paroissiens et de gens des communes voisines,

    (Mr le Sous-Préfet de Châteaubriant et plusieurs fonctionnaires dont Mr Audrain percepteur,  craignant de se compromettre, refusèrent d’assister à cette inauguration)

    DISCOURS DU MAIRE PRONONCÉ LORS DE L’INAUGURATION DU MONUMENT AUX MORTS

    Mesdames, Messieurs,

    Lorsque le premier août 1914, les cloches de l’église de Fercé, à l’unisson de toutes les cloches de France, annonçaient à la paisible population, que sur l’ordre du gouvernement la Mobilisation générale était décrétée, ce fut sans défaillance, avec un enthousiasme admirable que tous les mobilisés répondirent à l’appel qui leur était fait ;

    Ces cloches qui, quelques années avant, avait présidé et annoncé leur venue sur la terre de France ; ces cloches qui chaque Dimanche les conviaient à assister au St Sacrifice de la Messe ; ces cloches témoins de leur première communion, appelaient aujourd’hui ces jeunes gens à défendre leur pays contre un ennemi barbare, la terreur du monde civilisé.

    Les adieux furent brefs, et c’est à peine si l’on percevait une larme cachée à tous ces jeunes enfants, qui, le cœur bien gros, mais contents quand même donnaient un dernier baiser à leurs vieux parents tant aimés, à une sœur, une fiancée, à une épouse peut-être. Mais rien ne pouvait les arrêter : ils avaient un devoir à remplir, le plus grand de tous, celui de défendre la Patrie contre un ennemi aussi redoutable que le Boche.

    Cent vingt sept sont partis, et quelques jours encore et ces cloches viendront nous dire que déjà plusieurs sont morts pour le Salut de la France. Hélas ! Combien ne reverront ce beau pays de leur enfance.

    C’est pour commémorer à jamais la gloire immortelle de ces héros morts face à l’ennemi ou des suites de la guerre que vous avez voulu ériger ce monument

    Aussi lorsque qu’en 1919, le Conseil Municipal a donné son approbation à l’érection de ce monument, c’est avec enthousiasme que vous avez accueilli sa décision et avec un élan généreux que vous avez répondu à son appel.

    Merci à tous ceux qui ont contribué d’une façon quelconque à l’accomplissement de ce travail, aux généreux donateurs, en particulier à nos si dévoués députés qui eux aussi ont voulu que leurs noms figurent sur le livre d’or des souscriptions et montrer ainsi l’attachement dont ils nous entourent. Merci à ceux qui se sont dévoués sans compter, et ils sont nombreux.

    Je n’ignorais pas que les Fercéens ont un cœur d’or, un cœur qui compatit à toutes les peines, un cœur à la porte duquel on peut frapper sans cesse quand il s’agit d’une bonne œuvre et surtout d’une œuvre aussi belle que celle-ci. Vous avez répondu à notre appel avec générosité, le succès a dépassé les espérances. Aussi, grâce à cette générosité, grâce aussi au talent de notre distingué architecte, Monsieur Moriceau, nous avons pu élever ce monument original et je puis dire grandiose dont vous avez lieu d’être fiers.

    Merci, merci au nom de ces quarante héros, dont les noms sont ici inscrits en lettres d’or et qui ont donné leur vie pour la défense du droit et de la liberté.

    La reconnaissance que tous nous devons à ces chers disparus est sans borne. N’oublions jamais qu’ils sont tombés en faisant à l’ennemi un rempart de leur poitrine et en criant « on ne passe pas ».

    Sans eux, que serait-il advenu de notre beau pays de France ? Nous aurions eu à subir l’invasion et la barbarie teutonne, Paris saccagée, la France boche !!!

    De leur mort, la France est sortie vivante. Mais, pour qu’elle vive, il faut une condition, c’est que la paix soit totale….

    Nous ne souffrirons pas que le sang de ces enfants ait été répandu en vain, nous voulons que la Victoire soit complète, et nous adressons en leur nom, un appel à nos gouvernants pour qu’ils imposent à notre ennemi vaincu les conditions complètes de la Victoire gagnée au prix de leur sang.

    « Comme les trente mille poilus du Département de la Loire, réunis en congrès à Montbrison, nous voulons des actes et non plus des mots. Les conférences de Boulogne, de Londres et de Spa ne sont que de stériles parlottes. Qu’on prenne le Boche à la gorge, qu’on le châtie pour tout le sang qu’il a fait injustement répandre et qu’on lui fasse rendre tout ce qu’il a volé. Nous voulons le paiement immédiat des sommes dues et des garanties pour la paix future ».

    Je ne vous dirai pas les citations dont presque tous ont été l’objet ; ils ont tous droit au même titre à notre reconnaissance et à notre admiration.

    Je les appellerai tous.

    Léon Gauthier, Alphone Cochais, Léon Bordais, Joseph Moquet, Jean Marie Charron, Louis Rupaud, Arsène Gagneul, Alphonse Poulain, Jean marie Gervais, Ernest Grivel, Armand Brunet, Jean Pottier, Grançois Guérin, Pierre Moreau, Aristide Bourgine, Emile Marie Chevet, François Gourhand, Théodore Texier, Joseph Lebreton, Aristide Huard, Jules Buffet, Léon Hubert, Joseph Cochais, Victor Jolys, Alphonse Roland, Louis Desfaucheux, Louis Herbette, Léon Gicquel, Armand Boulay, Jean Marie Cottrel, Eugène Bourdais, Noël Pottier, Jean Baptiste Boucault, François David, Henri Dubois, Arsène Cotterel, Louis Marie Gicquel, Arsène Levêque, Jean Marie Perdriel, Julien Rolland…

    Qu’est devenue cette jeunesse ?

    Elle a été fauchée en plein épanouissement de sa valeur et de sa beauté.

    Oui, nous vous saluons avec respect dignes  Héros de Fercé, votre mémoire demeurera plus longtemps que la mémoire qui porte votre nom ; votre souvenir restera impérissable.

    A vous la gloire ! A vous l’immortalité !

    A vous tous les jeunes, je dirai : soyez fiers de vos aînés, que leurs noms soient gravés à jamais dans vos cœurs ; que ces noms soient pour vous synonymes de vaillance, de devoir ; n’oubliez jamais qu’ils sont morts pour le salut de la France, qu’ils vous ont donné le bel exemple du devoir et de l’abnégation ; qu’ils vous ont tracé la route à suivre. N’oubliez pas que si un jour encore la Patrie vous appelle, vous aurez le devoir de les venger.

    Nous nous inclinons respectueusement sur toutes ces tombes prématurément ouvertes, qui renferment les dépouilles d’hommes, auxquels l’avenir souriait plein de promesses et qui ont été frappés dans l’épanouissement de l’intelligence et de la force ;

    Puisse l’hommage qui est rendu à ces victimes de la guerre, dont le sacrifice a contribué à la victoire, apporter un adoucissement à la douleur de ceux qui continuent à les pleurer et qui ont droit à toute notre sympathie.

  • 1926
  • Cérémonies diverses 11/11/1926
    Source : Livre d'or de la Commune de Fercé 1914-1918

    COMMEMORATION DU 11 NOVEMBRE 1926 DISCOURS DU 11 NOVEMBRE 1926   Mesdames, Messieurs, Dans quelques heures,il y aura ...

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    Cérémonies diverses 11/11/1926

    COMMEMORATION DU 11 NOVEMBRE 1926

    DISCOURS DU 11 NOVEMBRE 1926

     

    Mesdames, Messieurs,

    Dans quelques heures,il y aura déjà huit ans que les clairons de nos braves troupiers sonnaient le « cessez le feu » et annonçaient au monde entier que la France était victorieuse et que l’Allemagne vaincue déposait les armes.

    A ce moment alors, que de pleurs de joie, que de pleurs de tristesse.

    Tous les Français, chrétiens et patriotes ont promis de ne jamais oublier les héros victorieux de cette affreuse boucherie et de garder à jamais leur mémoire.

    Un peuple s’honore en gardant le culte de ses morts, le culte de ses sauveurs, et c’est dans un frisson de patriotique fierté que je viens ici saluer leur glorieuse mémoire.

    A l’heure décisive où la France menacée fit appel au concours de tous ses  enfants, nous les avons vus quitter leur famille, leur terre, leur usine, pour venir au secours de la mère Patrie.

    Grâce à cette union le pays fut sauvé : mais au prix de quels sacrifices ! des nôtres sont tombés. Avec quelle héroïque vaillance, avec quelle générosité sublime s’offrirent-ils en holocauste !! Nous le savons tous. Quelles pages magnifiques n’ont-ils pas ajoutées avec leur sang aux annales du pays. Ces héros de la Marne, de Verdun, de Champagne, de l’Yser, dignes émules de ceux de la Belgique. Non, jamais nous n’arriverons à honorer suffisamment nos morts ; leur rendre hommage est pour nous un rigoureux devoir. Tout ce que notre cœur peut ressentir de tristesse, tout ce qu’il peut rêver de gloire impérissable, nous l’apportons pieusement sur l’autel de leur souvenir.

    Héritiers de ces héros, essayons de nous montrer dignes d’eux. Demain reste toujours un peu hier, et l’avenir est toujours plus près qu’on ne croit du passé.  C’est de ce passé que nous devons nous inspirer pour perpétuer à travers les générations ce sens de la vraie justice, cet amour du sol natal, cet esprit de dévouement et de sacrifice qui fut l’incomparable apanage de ceux qui en mourant nous l’ont légué.

    Lors de l’inauguration de ce monument le 19 juin 1921, nous prîmes, ici même, l’engagement formel de ne jamais les oublier : chaque année en effet et à plusieurs reprises, nous venons ici leur apporter des couronnes, des fleurs, leur dire notre reconnaissance, et devant cette croix qui couronne ce monument n’avons-nous pas aussi prié pour eux? Nous avons tenu notre engagement : que Dieu exauce nos prières.

    C’est qu’il s’agit en effet, au pied de ce monument, de célébrer de grandes actions, de commémorer le plus glorieux évènement de notre histoire nationale, actions et évènements qui ont eu pour ouvriers, les chers enfants dont les noms figurent sur ces plaques, et resteront à jamais gravés dans nos cœurs. Si nos louanges n’atteignent pas à la hauteur de leur sacrifice, nous leur devons au moins d’entretenir, d’affermir en nous-mêmes les sentiments d’une précieuse gratitude pour le service inappréciable que nos chers morts ont rendu à la Patrie ;

    Du piédestal de l’immortalité où ils sont entrés avec l’auréole du martyr, ils nous adressent leurs appels ; leurs voix nous pressent, non pas tant de les glorifier que de leur promettre une fidélité inviolable aux nobles leçons qui se dégagent de leur mort héroïque.

    Ah ! gardons tous, mes chers amis, avec une scrupuleuse fidélité le culte que nos chers martyrs ont pratiqué pour elle, pour cette France telle qu’ils l’ont sauvée, telle qu’ils l’ont rêvée et telle qu’ils la rêvent encore du fond de leur tombeau. Il semble les voir se dresser du fond de leurs tombes éparses et nous parler encore de devoir, de travail et surtout d’union sacrée. Nous voulons que, de cette guerre, la France sorte plus grande, plus hardie dans sa vie économique, purifiée dans sa vie politique, éprise de justice sociale, énergique dans un renouveau de jeunesse.

    Souhaitons la Paix de toutes nos forces, mais n’oublions pas que la terre de France a souvent  suscité dans l’histoire les convoitises de ses voisins.

    Les jours derniers encore, un grand homme d’Etat, Mussolini qui dans un grand discours exaltait les vertus de ses cohortes fascistes, annonçait à ses hommes qu’ils étaient à la veille de grandes actions et de grands évènements. Chacun sait que depuis son arrivée au pouvoir, l’Italie est devenu un pays très florissant ; depuis quelques années, elle est devenue un des pays les plus riches en population et qu’elle ne peut héberger tous ses habitants qui émigrent à l’étranger : aussi le Duce pense-t-il que la Tunisie, la Corse et le pays niçois feraient fort bien son affaire, surtout si l’on se rappelle qu’au moment des traités de paix on ne pensa pas à donner à l’Italie des compensations suffisantes pour la part qu’elle avait prise à la guerre.

    Aussi, ne cessons pas de nous tenir en garde et de veiller à notre sécurité, car quoiqu’on dise, il faudra toujours une armée.

    Il faut rendre hommage aux louables efforts qui sont faits pour trancher par des cours d’arbitrages les différents entre les peuples. Mais l’histoire nous apprend que tous les arbitrages sont impuissants devant l’orgueil et l’ambition. C’est pourquoi soyons courageux et forts. Le vieux proverbe est toujours vrai : « si tu veux la paix, prépare la guerre ».

    Ô morts! Dormez en paix ! Nous veillerons sur les vôtres de toute notre sollicitude, nous aiderons vos enfants à grandir, à vous ressembler, nous travaillerons à relever vos ruines. Votre holocauste n’aura pas été vain, votre souvenir toujours nous rapprochera comme aujourd’hui, nous écouterons vos voix clémentes dire que la haine est stérile et que l’amour seul est fécond, et tous nous poursuivrons de toutes nos forces, de toute notre foi dans le rayonnement de votre sacrifice, la réalisation de votre rêve de liberté et de justice.

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Localisation

Place

Place du Souvenir

Le monument a été mis en valeur dans le cadre de la requalification des espaces publics du centre-bourg en 2009/2010.