France (Somme) Amiens (80000)

Conflits commémorés
  • 1914-18
  • 1939-45
  • AFN-Algérie (54-62)
  • Monument communal
informations déposées par Choubard Alain et mises à jour par Saget Philippe dernière mise à jour le 11/02/2023

Description du monument

Caractéristiques

  • Structure
    • Pilier commémoratif
      • Colonne(s)
  • Statuaires - Ensemble
    • Ensemble - Soldats
      • Groupe de Poilus
  • Statuaires féminines
    • Victoire ailée
      • Victoire ailée
  • Ornementation civile
    • Armes de la ville
  • Autres éléments
    • Entourages
      • Entourage Bornes/Chaînes ou barres
"A. Roze invenit et scuIpsit" lit-on sur le socle de cet imposant monument cylindrique, situé place du Maréchal-Foch, pour commémorer le départ des troupes de la garnison qui avaient emprunté ce carrefour en 1914.
Il est commencé en 1927 et inauguré le 14 avril 1929.
On reconnaît successivement à l'est : deux fantassins, le jeune et l'adulte, qui se tiennent la main (la fraternité au front) et représentent les deux générations qui ont participé à la guerre ; au sud : un cavalier (casque à crinière, sabre de cuivre et cape) et un aviateur (hélice et bombe) ; à l'ouest : un sapeur du génie (corde et marteau) et un tankiste (chenille et tourelle sculptée); au nord : un artilleur (canon et obus) et un fusilier marin.
Une Victoire ailée qui domine le groupe porte à la main une plume pour écrire les noms et un rameau.
Le monument érigé pour les 2666 Amiénois dont les noms figurent sur le socle a été financé par souscription, tombolas, concerts et galas.

Matériaux

calcaire
pierre de taille

Economie

Prix

302 000 francs

Les morts

-
2 juillet 1944 Train de la mort
25000 français patriotes - 984 morts dont 23 picards
BECART Maurice
BECQUIN Edmond
BELELT Charles
BERNARD René
CARON Jean
CARPENTIER Gaëtan
DECAGNY Émile
DECOURCELLE Raymond
-
D'HULST Maurice
DEPLANQUE Pierre
DUFESTEL René
FEUILLET René
GALLANT Louis
GODART Gilbert
Abbé LEBLANC
-
LEGUILLOU Édouard
LEROY Gaston
ROUSSEL Léopold
RICHETER Marcel
THEDIE Maurice
TRODET Joseph
VION Michel
WADOUX Pierre
AGNIAS Claude
BAUDRY Edmond
CAILLOUET Gérard
CHANTRIEUX Guy
CHIRIE Robert
DAME Claude
DANTOIN Gérard
DE FRANCOLINI Gérard
DELANNE Claude
DE TAND Bernard
ELOY Camille
HUS Jacques
-
LEFIN Jean Pierre
LEFRANC André
LOIZEL Jean Pierre
MORCHAIN Jackie
PERROT Aimé
PERSONNE Pierre
ROUSCOFF Pierre
SCHNEIDENBACH Jean
TARTARE Pierre
TOPIN Maurice
VANHUSE Michel
VERITE Michel

Sources / Bibliographies / Sites Internet

Historique du monument

  • 1929
  • Inauguration 14/04/1929
    Source : inventaire-hauts-de-France
    Commencé en 1927, le monument aux morts d´Amiens est inauguré, tardivement, en 1929, après l'abandon du projet de panthéon interalliés.  
  • Inauguration - Presse 15/04/1929
    Source : Journal d'Amiens

    Après l´abandon du projet de Panthéon Interallié, uns souscription publique fut lancée afin d'ériger un monument aux seuls morts de la commune. Ce monument fut commandé au sculpteur amiénois Albert ...

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    Inauguration - Presse 15/04/1929
    Après l´abandon du projet de Panthéon Interallié, uns souscription publique fut lancée afin d'ériger un monument aux seuls morts de la commune. Ce monument fut commandé au sculpteur amiénois Albert Roze, qui l´exécuta avec l´aide des entreprises Derivery et Denis. Au début du mois d´avril 1929, le monument était presque achevé, au prix d´un grand effort : « son auteur, M. Roze, n´a pas craint par 17 degrés de froid et avec des mains gelées de continuer son oeuvre pour qu´elle fut prête en temps voulu. [...] La douleur des Amiénois sera mêlée d´une fierté que bien d´autres Français leur envieraient, celle d´avoir su ériger un monument digne à la fois de ceux à la gloire de qui il est élevé et de la ville qui leur a donné le jour. En effet, alors que dans tant de communes de France, un goût si moderne qu´il en est barbare, a inspiré les auteurs de tels monuments, Amiens a su grâce au ciseau d´un artiste dont l´éloge n´est plus à faire, M. Roze, élever à la gloire de ses Morts un édifice digne d´elle et de l´idée qu´il représente » (Journal d´Amiens, 7 avril 1929).

    L´inauguration eut lieu le dimanche 14 avril 1929, suivant un programme réglé par le Légion Picarde des Anciens Combattants de la Somme. La journée commença à 10 heures avec la remise du drapeau aux Anciens du 272ème R.I. par le général Toulorge, sur le parvis de la cathédrale ; de nombreuses associations d´Anciens Combattants d´Amiens et des environs assistaient à la cérémonie.
    De 10 h 30 à midi, se déroulèrent les offices religieux : un prêche au temple protestant, par le pasteur Bruce, et une messe célébrée en la cathédrale d´Amiens par Monseigneur Lecomte. La cathédrale avait reçu pour l´occasion un décor tricolore : un catafalque aux couleurs nationales avait été dressé à la croisée du transept, et la grille du choeur était également drapée de tentures tricolores (Journal d´Amiens, 15 avril 1929). Un ancien aumônier militaire, le chanoine Régent, monta en chaire pour évoquer la guerre. A la fin de l´office, les anciens combattants déposèrent une palme auprès du monument britannique élevé contre une pile du transept.

    En début d´après-midi, le cortège officiel se forma boulevard de Belfort ; à 13 h 30, il s´ébranla vers la place Foch. Là, prirent place autour du monument les familles des disparus, les officiers de la garnison, les grands mutilés de guerre sur leurs voiturettes, et les sociétés locales. Une enceinte officielle avait été ménagée au pied du monument pour accueillir les personnalités : le maire et le conseil municipal ; des députés et sénateurs de la Somme ; le consul de Belgique ; l'évêque d´Amiens ; le procureur général, le premier président, l´avocat général, le substitut général ; l´inspecteur d´Académie, le proviseur du lycée, le directeur de l´école normale, le directeur de l´Ecole des Beaux-Arts ; l´architecte municipal ; Albert Roze enfin, l´auteur du monument. La place et les artères avoisinantes étaient noires de monde ; le toit de la gare Saint-Roch était occupé par les curieux. Le Journal d´Amiens évalue à 10 000 personnes le nombre des spectateurs.
    Le monument, dont les torchères étaient allumées, fut alors dévoilé. Au nom du comité d'organisation, son vice-président remit le monument achevé au maire d´Amiens. Les discours se succédèrent, entrecoupés de la déclamation d´un poème de circonstance composé par Charles de Favernay. Plusieurs allocutions dénoncèrent la guerre, « événement atroce, indigne de notre civilisation » (discours de Pujol, président de la Légion Picarde). Ils sont partis pour défendre leur patrie, tout ce qu´ils avaient de plus cher : le sol natal, le foyer, les tombeaux des aïeux. Mais ils se sont battus aussi, avec l´espoir de tuer la guerre, la guerre atroce, la guerre infâme, la guerre indigne de notre civilisation, et d´en éviter à jamais le retour » (discours de Landot, adjoint au maire et vice-président du comité d´érection du monument). La condamnation de la guerre amène à promouvoir la paix : « Le pays qui a le plus intérêt à la paix c´est le nôtre [...]. C´est le nôtre parce que son influence morale sur les autres peuples est telle qu´il peut obtenir, par elle, tout ce qu´il désire » (Discours de Lucien Lecointe, maire d´Amiens). Cette haute opinion de la France transparaît dans d´autres discours, ainsi à propos des soldats morts : « Leur sacrifice n´a pas été vain, puisqu´après quatre ans de luttes et de martyre ils ont pu faire triompher la cause de la Justice et du Droit et ont gagné la guerre » (Discours de Landot). Les discours juxtaposent ainsi pacifisme et nationalisme.
    Une fois les harangues achevées, le canon de la Citadelle tonna pour indiquer la minute de silence, suivie des dépôts de gerbes et couronnes au pied du monument. La cérémonie prit fin avec le lâcher de 1 050 pigeons et le défilé des délégations et des troupes, renforcé par des batteries d´artillerie venues d´Abbeville.

    Comme dans toutes les communes de la Somme, l´inauguration du monument aux morts fut présentée sous les couleurs de l´unité, soulignée par le titre du Journal d´Amiens (15 avril 1929) : « Dans un sentiment d´unanime reconnaissance Amiens a rendu un pieux et émouvant hommage à ses morts ». L´idée est reprise dans le cours de l´article : « L´Union Sacrée de 1914 a été réalisée une fois de plus hier par tous ». Mais cette unité de façade ne doit pas cacher les tensions politiques sous-jacentes, liées à la configuration politique locale : le maire d´Amiens est à gauche.

    Les oppositions politiques se sont donc manifestées à l´occasion de l´inauguration du monument aux morts. La municipalité d´Amiens ne fut pas représentée au service religieux célébré dans la cathédrale. Inversement, le préfet de la Somme n´assista pas à l´inauguration civile, sur l´ordre du gouvernement. Les communistes dénoncèrent l´érection de ce monument belliqueux et organisèrent une contre-manifestation, empêchée par les forces de l´ordre. Enfin, certains de ceux qui participèrent à l´inauguration ne le firent pas sans difficulté : d´après le Journal d´Amiens (numéro du 16 avril 1929), « l´UNC a ainsi largement contribué à la beauté de la cérémonie et il y eut d´autant plus de mérite qu´elle a dû vaincre de fortes résistances ».  
  • 2018
  • Rénovation 11/11/2018
    Source : Courrier Picard

    Courrier Picard Le monuments aux morts de la place Foch, à Amiens, sera «rafraîchi» pour l’armistice Le monument doit briller pour la commémoration du 11 novembre, ...

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    Rénovation 11/11/2018
    Courrier Picard

    Le monuments aux morts de la place Foch, à Amiens, sera «rafraîchi» pour l’armistice
    Le monument doit briller pour la commémoration du 11 novembre, celle du centenaire de la fin de la Grande Guerre. Début des travaux ce lundi.