France (Paris) Paris (75000) Arrondissement : 7ème

Conflits commémorés
  • 1914-18
  • Monument spécifique - À une personne
informations déposées par Dubant Didier dernière mise à jour le 20/04/2015

Description du monument

Caractéristiques

  • Structure
    • Monument
  • Ornementation végétale
    • Couronne
      • Couronne végétale
    • Épi(s) de blé
    • Gerbe
      • Gerbe d'épis de blé
    • Arbre
  • Ornementation militaire - Armes
    • Armes
      • Bouclier
  • Statuaires humaines diverses
    • Représentations professionnelles
      • Cultivateur(s) - Paysan(s)
      • Semeur
    • Famille
      • Famille - Femme et enfant(s)
    • Enfant(s)
  • Statuaires de groupe
    • Homme(s) et Femme(s)
    • Femme agenouillée avec enfant
  • Représentations animalières
    • Autres animaux
      • Cheval
  • Statuaires féminines
    • Femme assise
  • Autres éléments
    • Entourages
      • Entourage Bornes/Chaînes ou barres

Le “monument dédié au souvenir d’Aristide Briand”, est formé d’un ensemble double : un groupe central, placé devant un bas-relief. Le tout est protégé par une grille basse ornée de dix couronnes végétales verticales (de l’olivier). Les deux couronnes centrales portent en plus en leur centre les lettres RF : constituant les “Armes de la République Française”.

Le groupe central est constitué par une représentation féminine assise (la Paix), abritant de son bras gauche (elle porte un bouclier circulaire), une femme à genoux, vue de profil et tenant de sa main gauche, la main gauche d’un enfant représenté debout de face, la jambe droite légèrement avancée). Le groupe central repose sur deux niveaux d’assise en pierre. Sur la face antérieure du niveau supérieur est gravé sur deux lignes :”LE PRESIDENT ARISTIDE BRIAND A BIEN MERITE DE LA PATRIE ”, puis en bas à gauche “LOI DU 30 MARS 1932” (le journal officiel du samedi 30 avril 1932 en page 593 précise : “29 avril – Arrêté promulgant la loi déclarant que Aristide Briand, ancien président du conseil, a bien mérité de la patrie (30 mars 1932). Le Sénat et la Chambre des Députés ont adopté, le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit : art. 1 : le président Aristide Briand a bien mérité de la patrie, art. 2 : l’article 2 de la loi du 17 novembre 1918 sera applicable à l’exécution de la présente loi. La présente loi délibérée et adoptée par le Sénat et par la Chambre des Députés, sera exécutée comme loi de l’Etat. Fait à Paris, le 30 mars 1922. Paul Doumer”). La loi du 17 novembre 1918 proclamait : “Les armées et leurs chefs, Le gouvernement de la République, Le citoyen Clémenceau, Président du Conseil, Ministre de la Guerre, Le Maréchal Foch, généralissime des armées alliées, ont bien mérité de la Patrie”.

Le groupe central exécuté en bronze est installé en avant d’un bas-relief dominé par l’inscription : “A ARISTIDE BRIAND ”.  Sur ce bas-relief, se développe la scène principale : “les Nations, vêtues de longues tuniques, s’avancent en ligne” vers Aristide Briand représenté à droite venant à leur rencontre, la main droite levée au niveau d’un ciel nuageux dans lequel s’incrivent les trois lettre du mort “PAX”. Par sa taille, Aristide Briand domine les nations toutes personnifiées par des personnages feminins. Des arbres délimitent à gauche et à drotie cette scène. Devant l’arbre situé à l’extrémité gauche, deux hommes sont représentés debout. Eux aussi regardent Aristide Briand. Le plus grand se soutient grâce à une béquille sous le bras droit, sa main gauche étant posée sur l’épaule gauche de celui qui est devant lui. Le deuxième homme tient dans sa main gauche le manche d’un marteau dont la tête repose sur une enclume. Aux pieds des deux hommes, une femme est assise sur le sol. Son dos est appuyé contre le tronc de l’arbre. Elle présente à bout de bras à Aristide Briand un jeune enfant non vêtu, pendant qu’une petite fille assise devant la femme tient dans sa main droite levée à hauteur de son visage une fleur, qu’elle vient de retirer d’un bouquet qu’elle tient dans sa main gauche. Devant la fillette, un panier plein de raisins et de feuilles de vigne repose sur le sol.

Du côté droit aux pieds d’Aristide Briand une faucille est posée sur une gerbe de blés coupés, posée sur le sol.

Au-dessus de cette scène principale et du mot “PAX ” un bandeau représente de gauche à droite : une scène de labour avec quatre boeufs progressant vers la gauche ; un homme marchand vers la droite devant des arbres et ayant l’attitude caractéristique du semeur : enfin pour finir, allant vers la gauche un homme conduisant deux chevaux de labour et un berger emmenant ses moutons.

En dessous de la scène principale des inscriptions en relief (reprenant des paroles prononcées par Aristide Briand devant les Anciens Combattants à Gourdon le 4 juin 1931 et devant les Poilus d’Orient en 1927) occupent la base du bas-relief à gauche sur quatre lignes et demie, et, à droite également sur quatre lignes.

Sur les pilastres délimitant latéralement le bas-relief “sont gravées des phrases empruntées aux discours de l’homme d’Etat” , pendant la période 1927 - 1931.

Le groupe central est l’oeuvre du sculpteur Paul Landowski et le bas-relief celle de Louis Henri Bouchard. Une esquisse en plâtre de la partie gauche du bas-relief était conservée, avant sa fermeture en 2007, au musée Bouchard, 25 rue de l’Yvette à Paris, dans le XVIe arrondissement, qui était l’ancien atelier ouvert en 1924 par le sculpteur-graveur Louis Henri Bouchard

(http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=000SC028417).

Pendant la Grande Guerre, Paul Landowki et Louis Henri Bouchard furent mobilisés dans la section de camouflage de l’armée française (http://centenaire.org/fr/camouflage/le-camouflage-pendant-la-premiere-guerre-mondiale-une-arme-qui-trompe-mais-qui-ne-tue-pas).

Matériaux

. Fonte de bronze.

Inscriptions présentes sur le monument

1/ au pied du groupe central :

- sur le socle en bronze du groupe central, dans l’angle avant droit sur le dessus, il est possible de lire depuis la droite la signature  “PAUL LANDOWSKI”.

- en dessous, sur la face antérieure, sur le socle de pierre qui soutient le groupe central est gravé sur deux lignes :

LE PRÉSIDENT ARISTIDE BRIAND A BIEN MÉRITÉ DE LA PATRIE ”,

puis en bas à gauche : “LOI DU 30 MARS 1932”,

2/ sur le bas-relief :

- au sommet du bas-relief  : “À ARISTIDE BRIAND”,

- sur la scène principale :

. au centre  : “PAX ” (La Paix),

. en bas à gauche sous la femme assise sur le sol : “FONDERIE DES ARTISTES PARIS”.

. en bas à droite sous la chaussure gauche d’Aristide Briand se trouve la signature de l’auteur du bas-relief : “H. BOUCHARD ”,

. en dessous à gauche l’inscription : “DES SAVANTS LUTTENT CHAQUE JOUR POUR NOUS PRÉSERVER DE LA TUBERCULOSE, DU CANCER ET LA GUERRE L’HORRIBLE GUERRE, SERAIT LE SEUL MAL CONTRE LEQUEL L’HUMANITÉ SE DÉCLARERAIT IMPUISSANTE ? JE NE VEUX PAS LE CROIRE. (AUX ANCIENS COMBATTANTS, GOURDON 4 JUIN 1931)”,

. en dessous à droite l’inscription : “LA FRANCE NE SE DIMINUE PAS QUAND LIBRE DE TOUTE VISÉE IMPÉRIALISTE ET NE SERVANT QUE DES IDÉES DE PROGRÈS ET D’HUMANITÉ ELLE SE DRESSE ET DIT À LA FACE DU MONDE JE VOUS DÉCLARE LA PAIX”” (AUX “POILUS D’ORIENT” 1927)”,

- sur les pilastres délimitant latéralement le bas-relief sont inscrites ces citations en relief :

. à gauche : “... SI VOUS AVEZ SU ÉCOUTER CE MURMURE QUE FAIT LA FRANCE AUX CHAMPS, À L’ATELIER ET DANS LES DOCKS, VOUS CONNAISSEZ LA VOIX D’UN GRAND PEUPLE AU TRAVAIL ET VOUS POUVEZ

 TÉMOIGNER TOUT HAUT DE SON ARDENT DÉSIR DE PAIX....  XXIVe – CONFÉRce INTERPARLre – 1927. IL NE SUFFIT PAS D’AVOIR HORREUR DE LA GUERRE IL FAUT SAVOIR ORGANISER CONTRE ELLE LES ÉLEMENTS DE DÉFENSE INDISPENSABLES. MON PAYS PEUT LE FAIRE SANS AVOIR À ABANDONNER UNE POLITIQUE DE PAIX. CHAMBRE DES DÉPUTÉS 1929. IL IMPORTE ESSENTIELLEMENT EN POLITIQUE INTERNATIONALE DE NE JAMAIS DÉMUNIR SON PAYS DES MOYENS DE DÉFENSE DONT IL PEUT AVOIR BESOIN, NON PAS SEULEMENT POUR LUI, MAIS POUR LA COMMUNAUTÉ DES NATIONS SOLIDAIRES. SÉNAT 25 MARS 1930. ... NON LES PEUPLES NE DOIVENT PAS DÉSARMER POUR QUE SE PRÉPARENT DE NOUVELLES GUERRES, MAIS ILS DOIVENT CONTINUER LEURS EFFORTS DE DÉSARMEMENT DANS DES CONDITIONS DE SÉCURITÉ TELLES QU’IL N’Y AIT PAS DE DUPES, NI DE VICTIMES. GENÈVE 30 SEPTEMBRE 1930”,

. à droite : “IL S’AGIT DE FONDER LA PAIX DU MONDE SUR UN ORDRE LÉGAL, DE FAIRE UNE RÉALITÉ DE CETTE SOLIDARITÉ INTERNATIONALE QUI APPARAIT DÉJÀ DANS LES FAITS COMME UNE RÉALITE PHYSIQUE...XXVe RÉUNION INTERPARLRre 1927. LES HOMMES SE SONT DONNÉS DES JUGES POUR ÉVITER DE SE BATTRE SUR DES QUESTIONS D’INTÉRÊT, LES NATIONS PEUVENT BIEN S’EN DONNER POUR ÉVITER D’ENSANGLANTER DES CHAMPS DE BATAILLE... ...IL N’Y A PAS DE HONTE POUR LE PAYS QUI CROIT AVOIR RAISON À PROPOSER D’ALLER DEVANT DES JUGES QUI DIRONT OÙ EST LA VÉRITÉ, OÙ EST LA JUSTICE. CHAQUE FOIS QU’UNE NATION PEUT FAIRE L’ÉCONOMIE D’UN GUERRE ELLE A REMPORTÉ UNE VICTOIRE... GENÈVE 5 SETEMBRE 1929, 10e ASSEMBLÉE DE LA S.D.N.... TELLE EST LA PORTÉE DE NOTRE POLITIQUE D’ORGANISATION DE LA PAIX, QU’ELLE TEND À ASSURER NON PAS SEULEMENT LA PAIX ENTRE NATIONS, MAIS AUSSI LA PAIX SOCIALE... CHAMBRE DES DÉPUTES 13 NOV. 1930 ”.

Sous le pilastre de droite est indiqué le nom de l’architecte : “PAUL BIGOT ARCHts 1937”.

Les morts

À Aristide Briand

Sources / Bibliographies / Sites Internet

. Archives Départementales de l’Indre 2 O/063 art. 7.

. Le Figaro du dimanche 19 juin 1932 p. 3.

. Le Figaro du samedi 2 juillet 1932, p. 4.

. Le Moniteur d’Issoire du mercredi 2 juin 1937, p. 1.

. Le Figaro du jeudi 6 mai 1937 p. 3.

. Le Figaro Sport du lundi 14 juin 1937, p. 1 pour la photographie et p. 4 pour le texte.

. LEFRANCOIS Michèle - LANDOWSKY. L’oeuvre sculptée. CREAPHIS Editions 2009, page 361 et 362

Historique du monument

  • 1932
  • À propos... 07/03/1932
    Source : Dubant Didier

    - Aristide Briand décède à Paris le 7 mars 1932.

  • Presse 19/06/1932
    Source : Dubant Didier

    - Le 19 juin 1932, le journal le Figaro annonce : “sur la proposition de M. Edouard Herriot le conseil des ministres a décidé que la translation à Cocherel (dans ...

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    Presse 19/06/1932

    - Le 19 juin 1932, le journal le Figaro annonce : “sur la proposition de M. Edouard Herriot le conseil des ministres a décidé que la translation à Cocherel (dans le département de l’Eure) des restes de M. Aristide Briand aurait lieu le dimanche 3 juillet.

    M. Camille Chautemps, ministre de l’intérieur et M. de Monzie, ministre de l’éducation nationale, ont été chargés de préparer l’organisation de cette cérémonie.

    En principe, il n’y aurait aucune cérémonie officelle à Paris, tout devant se dérouler au début de l’après-midi à Cocherel. M. Edouard Herriot, président du conseil, prononcerait un discours” (Le Figaro du dimanche 19 juin 1932 p. 3).

    - Hasard du calendrier, le 19 juin 1932, le Conseil Municipal de la commune de Déols, dans le département de l’Indre, vote “une somme de cent francs pour participer à l’érection du Monument à Aristide Briand ” (Archives Départementales de l’Indre 2 O/063 art. 7).

  • Presse 02/07/1932
    Source : Dubant Didier

    - Le samedi 2 juillet 1932, le journal le Figaro indique : “le gouvernement a pris l’initiative d’ouvrir une souscription nationale pour l’érection à Paris d’un monument Aristide Briand ” ...

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    Presse 02/07/1932

    - Le samedi 2 juillet 1932, le journal le Figaro indique : “le gouvernement a pris l’initiative d’ouvrir une souscription nationale pour l’érection à Paris d’un monument Aristide Briand ” (Le Figaro du samedi 2 juillet 1932, page 4).

    Dans le mois qui suivit les préfets diffusent l’annonce du lancement de cette la souscription pour un monument à élever à Paris, ce qui entraîna par exemple le 20 novembre 1932 une réponse de la commune de Vouillon dans le département de l’Indre (https://monumentsmorts.univ-lille.fr/communes)

  • Érection 09/1932
    Source : Dubant Didier

    - “En septembre 1932, la Société des amis d’Aristide Briand saisit l’administration d’un projet de monument dédié à Aristide Briand. Le 31 mai 1933, le Conseil d’Etat affecte un emplacement ...

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    Érection 09/1932

    - “En septembre 1932, la Société des amis d’Aristide Briand saisit l’administration d’un projet de monument dédié à Aristide Briand. Le 31 mai 1933, le Conseil d’Etat affecte un emplacement devant le Ministère des affaires étrangères, dans un rentrant de la grille de façade. Une souscription nationale, présidée par T. Tissier, vice-Président du Conseil d’Etat est ouverte. Le Conseil municipal de Paris affecte une somme de 50.000 francs. Il est prévu un concours restreint pour cinq sculpteurs. Deux avant-projets sont demandés : l’un avec buste, l’autre avec médaillon. Le 18 février 1933, la Préfecture de la Seine accorde une subvention de 25.000 francs. Le règlement du concours est établi en octobre 1933 : bas-relief en bronze dédié à la paix ; buste ou statue d’Aristide Briand. Les maquettes au 1/5e seront remises le 3 novembre 1933.

    Dans un premier temps, Landowski sollicité, refuse en invoquant le manque de temps. L’échéance ayant été reportée au 31 décembre 1933 et sur l’insistance de T. Tissier, Landowski présente une maquette. Aucune des maquettes présentées n’ayant donné satiffaction, le jury annule le concours et en décide d’un nouveau limité seulement à Bouchard, Landowski et Gimond. Le jury est composé des membres du Comité, de M. Huisman (directeur des Beaux-Arts), P. Léon (son prédécesseur à ce poste) et Bigot (architecte en chef du Gouvernement). Le 9 juillet 1934, seules les maquettes de Bouchard et Landowski restent en concours. Le jury observant que les deux projets se complètent demande aux deux artistes une réalisation commune et choisit Bigot comme architecte. Bouchard est chargé du bas-relief : Briand appelant les nations et Landowski du groupe central en ronde-bosse : La Paix. Une somme de 250.000 francs est allouée à Landowski. Le Comité rencontrant des difficultés pécuniaires, Landowski propose une diminution de 10.000 francs de son allocation. Le contrat est signé le 16 mars 1935 sur la base de 225.000 francs sous réserve de contributions complémentaires.

    Un conflit naît entre Landowski et le comité au sujet de l’iconographie : le sculpteur souhaitait supprimer le bouclier”

    (LEFRANCOIS Michèle - LANDOWSKY. L’oeuvre sculptée. CREAPHIS Editions 2009, page 361 et 362, mentionnant comme source : Archives Nationales 68 AJ 164, les Archives des Affaires culturelle de la Ville de Paris et les Archives du musée Landowski).

  • 1937
  • Presse 06/05/1937
    Source : Dubant Didier

    - Le jeudi 6 mai 1937 le journal le Figaro annonce : “le monument élevé à Aristide Briand sera inauguré le 30 mai. Sous la présidence de ...

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    Presse 06/05/1937

    - Le jeudi 6 mai 1937 le journal le Figaro annonce : “le monument élevé à Aristide Briand sera inauguré le 30 mai.

    Sous la présidence de M. Yvon Delbos, s’est réuni hier après-midi au Ministère des affaires étrangères le Comité chargé par la présidence du Conseil de préparer l’inauguration du monument élevé à Aristide Briand et à la Paix, par souscription nationale, devant le Quai d’Orsay.

    Le Comité a pris toutes dispositions à prévoir pour la cérémonie d’inauguration qui aura lieu le dimanche 30 mai.

    Il a arrêté, en outre un certain nombre de mesures destinées à permettre au peuple de France de manifester, ce jour-là, solennellement, son attachement à la cause de la Paix et à celui qui l’a incarnée

    (Le Figaro du jeudi 6 mai 1937 page 3).

  • Presse 02/06/1937
    Source : Dubant Didier

    - Une nouvelle date d’inauguration est annoncée le 2 juin 1937 : “Le Monument à Aristide Briand au quai d’Orsay. C’est au Quai d’Orsay, ...

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    Presse 02/06/1937

    - Une nouvelle date d’inauguration est annoncée le 2 juin 1937 :

    “Le Monument à Aristide Briand au quai d’Orsay.

    C’est au Quai d’Orsay, enclavé dans la grille monumentale du Ministère de affaires Etrangères que le monument à Aristide Briand sera élevé à Paris. Ce monument sera inauguré le 13 juin. Il est l’oeuvre des scultpeurs Bouchard et Landowski et de l’architecte Bigot. Un crédit de 100.000 fr. vient d’être demandé au Parlement pour les seuls frais d’installation, de décoration et la reproduction de portraits d’Aristide Briand”

    (Le Moniteur d’Issoire du mercredi 2 juin 1937, page 1).

  • Inauguration 13/06/1937
    Source : Didier Dubant

    - Le dimanche 13 juin 1937 : inauguration de Monument. “M. Albert Lebrun a inauguré le monument élevé à la mémoire d’Aristide Briand. Le ...

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    Inauguration 13/06/1937

    - Le dimanche 13 juin 1937 : inauguration de Monument.

    “M. Albert Lebrun a inauguré le monument élevé à la mémoire d’Aristide Briand.

    Le monument dédié au souvenir d’Aristide Briand a été inauguré, hier après-midi, quai d’Orsay, en présence du Président de la République. Trois tribunes, drapées de velours grenat, avaient été édifiées face au Ministère des affaires étrangères dont le faîte était orné de tous les drapeaux des nations, tandis que les grilles portaient, réunies en faisceaux, les couleurs des pays appartenant à la S.D.N. Des rideaux de gardes mobiles retenaient à distance une foule clairsemée. A la gauche du monument, recouvert d’un drapeau tricolore, avait pris place la musique du 46e Régiment d’Infanterie.

    M. Lebrun, a été reçu par MM. Chapsal, Herriot, Léon Blum, Daladier, Chautemps, Delbos, Vincent Auriol, Dormoy, Monnet, Tissier, président du comité d’action pour la souscription et par les représentants du corps diplomatique et des corps constitués.

    A 14 heures, après l’exécution de la Marseillaise, M. Théodore Tissier remit le monument “à l’Etat et à la Nation toute entière” et la chute du voile fut accompagnée d’un roulement de tambours.

    L’oeuvre du sculpteur Landowski, d’une tonalité verte, comporte un groupe central formé par la Paix abritant sous son voile une femme et un enfant. Les nations, vêtues de longues tuniques, s’avancent en ligne, sur le bas-relief qui sert de fond et qu’encadrent deux colonnes où sont gravées des phrases empruntées aux discours de l’homme d’Etat. Au pied du monument, un parterre de fleurs roses. Quelques jeunes “Volontaires de la Paix”, chemise bleue et foulard orange, montent la garde d’honneur autour de la statue. Une inscription est gravée dans le socle : “Le Président Aristide Briand a bien mérité de la Patrie”.

    Les discours.

    M. Cassin, président honoraire de l’Union fédérale des mutilés et anciens combattants, monte à la tribune, après l’audition d’un disque qui fait revivre, d’une manière assez confuse, la voix grave du “Pèlerin de la Paix”. L’orateur évoque le rôle d’Aristide Briand pendant l’avant-guerre, “bon ouvrier de l’union des esprits”, pendant les hostilités et au cours de l’après-guerre : “si dans sa lutte contre les vieilles haines Briand n’a pas vaincu, du moins sa ténacité lui a-t-elle valu la sympathie de la majorité des anciens combattants.

    M. Paul-Boncour, lui aussi, rend hommage à la clairvoyance de l’ancien préisdent du Conseil : “nul plus que lui, dit-il, n’a eu conscience des réalités profondes de la vie internationale”.

    “Pourquoi la grande insomnie du monde n’est-elle pas calmée ? “.

    M. Léon Blum, lui, s’attache à démontrer que l’apostolat d’Aristide Briand a eu les plus heureux effets dans notre pays : “il n’y a pas un homme responsable en France de l’esprit duquel toute idée guerrière ne soit bannie ; il n’est pas un homme responsable hors de France qui puisse nous prêter une volonté d’agression. La supposition que la France puisse attaquer qui que ce soit, est véritablement insensée et je ne crois pas que, dans l’état présent, elle soit en effet formée par personne. Si cette disposition manisfeste et incontestée de l’opinion française, dont Briand reste le plus illustre auteur, recevait une extension universelle, l’idéal de Briand deviendrait, dès à présent, une réalité parfaite”.

    L’orateur, cependant, ne s’abuse pas sur le climat pacifique de certaines nations : “pourquoi n’en est-il pas ainsi, alors surtout qu’entre nations d’Europe aucun problème d’égalité ne se pose plus, que toutes les formes de coopération sont possibles ? Pourquoi “la grande insomnie du monde” n’est-elle pas calmée ? Quelle trahison envers la mémoire des morts, quelle désolation pour les vivants si, en effet, la guerre n’avait rien changé, si l’ouragan de 1914 avait passé sur l’univers en bouleversant pour un temps sa surface, mais sans secouer durablement ses profondeurs... !”.

    Le défilé populaire.

    A quinze heures, la cérémonie officielle est terminée par le défilé de deux bataillons du 46e R.I. avec leur drapeau.

    Les tribunes se vident. Seul, M. Paul-Boncour, entouré des dirigeants des différentes organisations pacifistes, assistera au “grand défilé populaire” devant le monument.

    A seize heures, le dernier groupe a disparu boulevard Saint-Germain. Les derniers chants s’éteignent. Tout près, l’Exposition (Universelle de 1937) mugit, siffle, ulule. Quelques braves gens viennent encore jeter un modeste bouquet au pied du monument... G. R.” (Le figaro sport du lundi 14 juin 1937, page 1 pour la photographie et 4 pour le texte).

     

    - “Selon la loi du 11 octobre 1941 sur la “mobilisation” des métaux non ferreux et l’enlèvement des statues, le monument apparaît sur la deuxième liste dressée par décision de la commission départementale (15 novembre 1941); La sculpture restera néanmoins en place” LEFRANCOIS Michèle - LANDOWSKY. L’oeuvre sculptée. CREAPHIS Editions 2009, page 361 et 362

     

     

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Localisation

Rue/Route

Le monument se trouve, à Paris (VIIe arrondissement), devant l’Hôtel du ministre des Affaires étrangères, siège du Ministère des Affaires Etrangères et du Développement International (MAEDI),  situé au 37 Quai d’Orsay, en bord de Seine. Ce “monument dédié au souvenir d’Aristide Briand ” (né le 28 mars 1862 à Nantes – décédé le 7 mars 1932 à Paris) est le seul qui orne la grille du Palais des affaires étrangères. Tourné vers la Seine, il est installé dans un renfoncement à l’extrémité orientale de la grille.