France (Pas-de-Calais) Savy-Berlette (62690)

Conflits commémorés
  • 1870-71
  • 1914-18
  • 1939-45
  • AFN-Algérie (54-62)
  • Monument communal
informations déposées par Choubard Alain et mises à jour par Martine Aubry dernière mise à jour le 17/05/2019

Description du monument

Caractéristiques

  • Structure
    • Monument
    • Pilier commémoratif
      • Colonne
  • Représentations animalières
    • Coq(s)
      • Coq au sommet
  • Représentations - Sculptures (de série)
    • Poilu - Sentinelle (Camus - Jacomet)
  • Ornementation végétale
    • Palme(s)
  • Décorations militaires
    • Croix de Guerre
  • Autres éléments
    • Entourages
      • Entourage avec obus
  • Sa conception a été confiée à des architectes parisiens, le Cabinet Corlouer et Bricé, qui ont réalisé un projet original et surtout différent des réalisations des villages voisins.
    • Le monument est surplombé d'une colonne de 3 m avec Croix de Guerre, d'un chapiteau et d'un coq sur casque, en pierre d'Euville.
    • Deux rampes d'escalier entourent le monument et permettent d'accéder à la terrasse, derrière la colonne,
    • Les noms de soldats sont gravés sur des plaques de marbre,
    • Les vases, les palmes et les plaquettes "1914-1918" sont en fonte bronzée.
  • A noter que deux insignes religieux très discrets ont été apposés sur le monument.

Matériaux

sculpture : fonte de fer bronzée

Economie

Prix

17 000 francs

Dons entreprises

10 000 francs

Commentaires (économie)
  • Il a bénéficié, non seulement d'une souscription à laquelle les habitants ont répondu nombreux mais aussi d'une donation importante de la Fabrique de Sucre implantée alors dans le village. Sur un coût de 17 000 F, la participation de la Sucrerie était de 10 000 F.

Commentaires

Une polémique s'était installée entre les architectes et le conseil municipal au sujet de la présence ou non d'un "poilu". Face au désir de la population, la municipalité a décidé de faire l'acquisition d'un soldat auprès des Ets Guichard de Castelnaudary et ce, malgré l'avis contraire des architectes, qui craignaient que "ce poilu ne fasse tâche sur leur monument".
Aujourd'hui, le village reste fier de son monument aux morts qui interpelle encore et toujours les passants.

Les morts

Une plaque - Les A.C. - À leurs camarades
DESPLANQUE Henri
GODART Jules
MIÉLET René
1914 :
BAYART Charles - 1er Zouaves
DELEURY Jean Caporal - 272e Infanterie
DÉPRÉ Louis - 18e Bataillon de Chasseurs
DESAULTY Robert - Sergent fourrier 168e Infanterie
FLAMENT Clément - 72e infanterie
GOBEAU François - Caporal 3e Génie
GOUILLART Émile - 64e Chasseurs
LEMAITRE Abel - 8e infanterie
LERICHE Gustave - 365e Infanterie
LEGRAND Éloi - 37e infanterie
ROUSSEL Paul - 84e infanterie
--
1915 :
BARRAS Léon - 8e Infanterie
BECU Georges - 87e Infanterie
BÉZU Eugène - 135e Infanterie
BIENAIMÉ René - Sergent 405e infanterie
COLET Jules - Adjudant 402e Infanterie
DEBOFFLE Achille - Caporal 201e Infanterie
DILLY Paul - Mobilisable prisonnier civil
DUPUIS Henri - 38e Artillerie
GOUILLARD Adolphe - 272e Infanterie
HENNÉRÉ Amédée - 67e Infanterie
LECLERCQ Émile - 1er Infanterie
RIVIÈRE Joseph - 322e infanterie
VÉRITÉ Urbain - Caporal 128e Infanterie
--
1916 :
DELTOUR Éloi - 59e Artillerie
DORGE Marcel - Médecin 44e Bataillon Tirailleurs Sénégalais
VAAST Marcel - 16e Bataillon Chasseurs
--
1917 :
BLONDEL Léon - 119e Infanterie
DUPUIS Julien - 88e Infanterie
DUPUIS Paul - 88e Infanterie
--
1918 :
COLET Maxime - Adjudant 43e Infanterie
DECROIX Joseph - 6e Tirailleurs
DESAULTY Albert - sous-lieutenant 54e Tirailleurs Sénégalais
FLAMENT Fernand - 273e Infanterie
FONTAINE Charles - Maréchal des Logis 260e Artillerie
GOUILLARD Cyrille - 106e Bataillon Chasseurs
GRIMBERT François - 33e Infanterie
LECLERCQ Jean-Baptiste 7e infanterie
MABILLE Henri - 67e Infanterie
--
1919 :
FOUCART Albert - 1er Génie
VAAST Nestor - 56e Artillerie
VAAST François
DECROIX René
CUVILLIER Gaston
Afrique du Nord :
HENNART Raymond (15 janvier 1958)

Sources / Bibliographies / Sites Internet

Historique du monument

  • 1922
  • Inauguration - Presse 15/08/1922
    Source : Le Courrier du Pas-de-Calais

    Le Courrier du Pas-de-Calais du 15-16 août 1922 Le monument des enfants de Savy-Berlette morts pour la France C’est dimanche prochain, 20 août, que doit avoir lieu l’inauguration ...

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    Inauguration - Presse 15/08/1922
    Le Courrier du Pas-de-Calais du 15-16 août 1922
    Le monument des enfants de Savy-Berlette morts pour la France
    C’est dimanche prochain, 20 août, que doit avoir lieu l’inauguration du beau monument élevé à la mémoire des enfants de la commune tombés glorieusement au cours de la grande guerre pour la défense de la patrie.
    Tandis que les organisateurs mettent la dernière main aux préparatifs de cette belle célébration, il convient de donner une description du superbe et original monument que d’intelligentes initiatives ont réussi à élever dans cette commune de Savy-Berlette, qui ne comprend guère plus de 600 à 700 habitants.
    En vue du monument à ériger, M. Victor Duez, ancien conseiller d’arrondissement, a légué à la commune un terrain situé au centre du village, près de la mairie. Sur ce terrain disposé en pente, qui descend en bordure de la route, la municipalité a fait creuser un large emplacement destiné à recevoir le monument, qui se trouvera ainsi entouré d’un talus de verdure.
    Des arbres plantés sur ce talus donneront par la suite le décor d’un cadre naturel. Le monument lui-même consiste en une colonne de marbre, que surmonte un groupe symbolique en bronze : le coq gaulois terrassant l’aigle allemand.
    La colonne s’élève sur une vaste terrasse, à laquelle donne accès un double escalier de pierre à rampe ouvragée, le tout d’une belle ampleur.
    Sur la face avant de la terrasse, au fronton, se détache l’inscription : aux enfants de Savy-Berlette morts pour la France. En dessous, deux larges plaques commémoratives sur lesquelles sont gravés les noms des glorieux poilus tués à l’ennemi. entre les deux plaques, au pied du monument, un poilu en bronze, l’arme au pied, monte la garde. En avant, sur un large espace compris entre le monument proprement dit et la route qui traverse le village, sera aménagée une pelouse d’un bel effet décoratif, garnie de massifs de fleurs et d’arbustes, bordée à son extrémité d’une balustrade en ciment armé.
    L’ensemble est imposant.
    On éprouve à le contempler l’impression d’une œuvre grandiose et sortant de l’ordinaire. Ce magnifique monument a pu être élevé grâce à la générosité des habitants du pays, qui tous ont tenu à apporter leur patriotique contribution ; à cette souscription collective, la sucrerie agricole de Savy-Berlette a joint l’appoint d’une somme considérable.
    Nous donnons ci-dessous le programme de la cérémonie qui se déroulera en présence de MM. Bachelet, sénateur du Pas-de-Calais ; Marais, sous-préfet de Saint-Pol, délégué par M. le préfet du Pas-de-Calais ; le général Huguenot, représenté, commandant de la deuxième division d’infanterie ; le général Giralt, commandant le groupe de subdivisions du Pas-de-Calais, délégué de M. le général Lacapelle, commandant la première région ; Théret, chevalier de la Légion d’honneur, conseiller général du Pas-de-Calais ; Desmazières, conseiller d’arrondissement ; Amédée Petit, conseiller général du Pas-de-Calais ; du conseil d’administration de la sucrerie ; du conseil municipal, avec le concours de nombre de sociétés régionales.
  • Inauguration 20/08/1922
  • Inauguration - Presse 23/08/1922
    Source : Le Courrier du Pas-de-Calais

    Le Courrier du Pas-de-Calais du mercredi 23 août 1922 Une imposante manifestation patriotique La commune de Savy-Berlette a dignement honoré, dimanche, ses 41 enfants morts pour la France ...

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    Inauguration - Presse 23/08/1922
    Le Courrier du Pas-de-Calais du mercredi 23 août 1922
    Une imposante manifestation patriotique
    La commune de Savy-Berlette a dignement honoré, dimanche, ses 41 enfants morts pour la France et la cérémonie qui se déroula à cette occasion, fut des plus grandioses.
    Le matin, une messe du souvenir fut célébrée par M. le curé de Savy ; au cours de l’office, M. le supérieur de l’institution Saint-Vaast, de Béthune, prononça une allocation particulièrement appréciée.
    Après un déjeuner tout intime, qui réunit les personnalités invitées, eut lieu le défilé des sociétés de tir, d’anciens combattants, de pompiers, de gymnastique et de musique, qui prenaient part à la cérémonie.
    Puis, l’inauguration du monument aux morts fut célébrée., des poésies, des chants, furent dits et interprétés par les enfants des écoles.
    Dans d’éloquents discours, entendus dans le recueillement le plus complet par les milliers d’assistants, MM. Cauwet, maire de Savy-Berlette, Bachelet, sénateur du Pas-de-Calais, Théret, conseiller général du canton, Loubet, président des anciens combattants de Savy-Berlette et Henri Marais, sous-préfet de Saint-Pol, rendirent hommage aux héros morts pour la défense du sol national.
    Au cours de la cérémonie, M. de Wazières, président du conseil d’administration de la sucrerie coopérative de Savy, lut une pièce de vers de sa composition ; il obtint les félicitations unanimes.
    Cette belle manifestation laissera dans le souvenir des assistants le plus profond souvenir.
  • Inauguration - Presse 27/08/1922
    Source : L’Abeille de la Ternoise

    L’Abeille de la Ternoise des 27 août et 3 septembre 1922 C'est dimanche prochain 20 août, que doit avoir lieu l'inauguration du beau monument élevé à la mémoire des ...

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    Inauguration - Presse 27/08/1922
    L’Abeille de la Ternoise des 27 août et 3 septembre 1922
    C'est dimanche prochain 20 août, que doit avoir lieu l'inauguration du beau monument élevé à la mémoire des enfants de la commune tombés glorieusement au cours de la grande guerre pour la défense de la Patrie.
    Tandis que les organisateurs mettent la dernière main aux préparatifs de cette belle célébration, il convient de donner une description du superbe et original monument que d'intelligentes initiatives ont réussi à élever dans cette commune de Savy-Berlette, qui ne comprend guère plus de 600 à 700 habitants.
    En vue du monument à ériger, M. Victor Duez, ancien conseiller d'arrondissement, a légué à la commune un terrain situé au centre du village, près de la mairie.
    Sur ce terrain disposé en pente, qui descend en bordure de la route, la municipalité a fait creuser un large emplacement destiné à recevoir le monument, qui se trouvera ainsi entouré d'un talus de verdure.
    Des arbres plantés sur ce talus lui donneront par la suite un décor d'un cadre naturel.
    Le monument lui-même consiste en une colonne de marbre, que surmonte un groupe symbolique en bronze : le coq gaulois terrassant l'aigle allemand. La colonne s'élève sur une vaste terrasse, à laquelle donne accès un double escalier de pierre à rampe ouvragée, le tout d'une belle ampleur. Sur la face avant de la terrasse, au fronton, se détache l'inscription : Aux enfants de Savy-Berlette morts pour la France. En dessous, deux larges plaques commémoratives sur lesquelles sont gravés les noms des glorieux "poilus" tués à l'ennemi. Entre les deux plaques, au pied du monument, un poilu en bronze, l'arme au pied, monte la garde. L’inauguration du monument aux morts de Savy-Berlette
    À son tour, la commune de Savy-Berlette inaugurait dimanche dernier, 20 août, le monument élevé à la mémoire de ceux de ses enfants tombés glorieusement pour la défense de la Patrie.
    La cérémonie s'est déroulée par un temps superbe sans que la chaleur, supportable dans le plein air du village, ait incommodé les assistants.
    D'une extrémité à l'autre, le double village de Savy et de Berlette, s'allongeant au loin, avait été décoré avec beaucoup de goût et de variété. Partout des drapeaux, des guirlandes multicolores, des feuillages ingénieusement disposés, dont l'agréable verdure redoublait l'aspect frais et coquet du verdoyant paysage. Sur ce long parcours s'élevaient quantité de fausses portes, formant comme les arceaux d'une voie triomphale.
    Ornées de verdure et de drapeaux, ces fausses-portes étaient semées d'inscriptions, appropriées à la cérémonie : "Ils ont vaincu - Ne les oublions pas", "A nos vaillants soldats" - "Ne les oublions jamais" - "A nos enfants morts pour la France" - "Hommage à nos héros". Et les inscriptions se poursuivent sur les fausses portes. Nous y relevons encore celles-ci : "Honneur à nos mots glorieux !" - "Nos héros sont tombés face à l'ennemi" -"Merci aux Poilus" et celles-ci, en face de l'école : "Gloire à notre France éternelle !" - "Honneur aux autorités" - "A nos enfants morts pour la France" - "Soyez les bienvenus" - "Souvenez-vous".
    On remarquait ici un arc de triomphe de buis, de roses, de drapeaux et de guirlandes, surmonté d'une Renommée, dont la trompette semblait faire retentir la devise : "A nos glorieux morts !" Plus loin, c'était l'inscription "A nos héros", d'un cachet spécial, aux lettres faites de roses piquées dans un fond de terre, surmontant une grande croix de guerre suspendue en dessous du fronton.
    A proximité de l'usine, une large banderole traversait la voie d'accès à l'Eglise, avec cette inscription : "A nos héros, ne les oublions jamais".
    Puis, en continuant vers Aubigny, ces mots de bon accueil : "Soyez les bienvenus". Et enfin : "Honneur à ceux qui viennent glorifier nos morts !"
    Tel fut le beau décor aménagé par les habitants pour cette fête commémorative des mieux réussies et dont tous les détails témoignaient d'une organisation bien comprise.
    La matinée À 9 heures et demie, une messe solennelle a été dite par M. l'abbé Garin, curé de Savy.
    L'église était décorée de tentures noires et de faisceaux tricolores. Un catafalque se dressait au milieu du choeur, autour duquel avait pris place le Conseil municipal au complet. Dans la nef, l'assistance se serrait nombreuse et recueillie. M. l'Abbé Déprez, supérieur du séminaire de Béthune, montant en chaire, prononça une belle et touchante alloucation, dont nous nous excusons de ne pouvoir donner qu'un sec résumé : Allocution de M. l'Abbé Déprez L'éloquent prédicateur évoque le souvenir du défilé de la victoire, sous l'arc de triomphe : Nos soldats victorieux avançaient dans l'ivresse et la joie du triomphe, quand leurs yeux se sont mouillés de larmes en contemplant le cénotaphe dressé sous l'arc de triomphe. De même, au retour de nos soldats victorieux, dans toutes les communes de France, on rend hommage à nos soldats. C'est l'application des beaux vers du grand poète : Ceux qui pieusement sont morts pour la Patrie, Ont droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie. Ainsi, vous aussi, à Savy, dans une magnifique unanimité, vous venez célébrer les soldats de la commune tombés pour la grande et pour la petite Patrie. Vous avez voulu que leurs noms soient gravés sur le marbre. Mais cela ne suffirait pas s'ils n'étaient aussi gravés dans votre coeur. Le souvenir, la prière, la continuation de leur oeuvre, voilà ce que nous devons tous à ces héros. Le souvenir : leur vie s'écoulait pacifique et heureuse. Soudain la cloche a sonné le tocsin d'alarme. Ils ont jeté les outils pour empoigner le fusil. Ils sont partis bravement, "à la Française". Et, en termes émouvants, l'orateur évoque les épreuves, les souffrances supportées pendant l'été, puis pendant l'hiver. C'étaient la boue, la pluie, la glace, après la soif, sous un soleil torride. Et l'on pensait : Jamais ils ne supporteront un pareil hiver ! Et ce furent le deuxième, le troisième, le quatrième hiver ! Ils ont tenu jusqu'au bout, magnifiques d'endurance. Spectacle sublime et poignant de voir tous les régiments français monter dans l'enfer de Verdun, comblant sans cesse les trous faits par l'artillerie ennemie, aux cris de : "Ils ne passeront pas !" Et ils ne sont pas passés. Et puis, après quatre années d'attente, quand notre armement fut enfin devenu assez puissant, en quatre mois, lorsque Foch eût prononcé le mot : "Allez-y, mes enfants !", ils culbutèrent l'ennemi, le boutant hors de France. C'est pour nous qu'ils ont tenu, qu'ils ont vaincu, qu'ils sont morts. Et nous pourrions les oublier ? Non, nous garderons toujours le souvenir vivant de nos morts. Mais aussi nous devons prier pour eux. C'est dans une autre vie que chacun reçoit la récompense méritée. Certes, ils vivent, nos morts, ils ont entendu la sentence de Dieu. Or, il est impossible que, malgré leur sacrifice, tous ne soient pas encore sauvés. Ayons pitié, prions pour eux, afin de leur ouvrir un jour l'entrée du ciel, comme leurs camarades survivants ont connu la joie du défilé triomphal après la victoire. Ils ont accepté de mourir sans phrase pour que la France vive. Grâce à eux, la France a échappé aux tenailles allemandes qui menaçaient de la broyer. Elle est vivante, victorieuse, mais combien affaiblie ! Je ne parle pas seulement des 1 500 000 morts et des milliers de mutilés. Je songe aussi à notre faible natalité, déjà constatée avant la guerre et qui fut une des causes de celle-ci. L'Allemand, en effet, ne répétait-il pas : "5enfants naissent en Allemagne contre 1 en France ; qui donc empêchera les 5 petits allemands de venir prendre le bien de ce petit français ?" Eh bien, leur opinion n'a pas changé. Les Allemands n'ont pas renoncé à leur rêve. Ils songent à la Revanche. Tous ceux qui réfléchissent le savent. Clemenceau au lendemain de l'armistice disait : "On a beau prendre toutes les précautions militaires, un peuple qui n'a pas d'enfants est un peuple fini". Et l'orateur développe ici cette à laquelle on ne saurait prêter trop d'attention : il ne faut pas que tout ce sang versé ait été versé en vain. Pour que la France soit vraiment forte, il importe de veiller à la repopulation. Ah ! certes, il en coûte aujourd'hui d'avoir une famille nombreuse ; mais là seulement se trouve, avec la force, le vrai bonheur et la vraie joie. Avoir des enfants, multiplier, c'est non seulement votre devoir de français, mais aussi votre devoir de chrétiens. Ayons en le courage. Ainsi pourra se continuer la tâche que nos héros ont commencée. Pour certains il ne reste plus d'autre religion que l'argent ; ils s'en vont prêchant l'égoïsme stérilisant et répètent partout : "Que voulez-vous ! les morts sont morts ! il faut vivre avec les vivants !" Non ! les morts ne sont pas morts ; quand le vent souffle de l'est, de la colline sacrée nous arrive leur voix. Elle nous crie : "Nous avons gagné la guerre, et vous, vous devez gagner la paix." Pensons à ces 1 500 000 morts qui ont empêché la France de mourir. À notre tour de l'empêcher de sombrer dans la honte de la défaite et de l'esclavage." L'offrande suivit cette éloquente allocution, dont one ne saurait trop méditer les conseils de sagesse prévoyante. Pendant le défilé des fidèles, la fanfare de Savy, que préside M. Vasseur, exécuta des morceaux de circonstance fort bien rendus sous l'habile direction de M. Rattier. Puis un choeur dirigé par M. Hauchard, ancien instituteur, se fit entendre.
    Au cimetière
    À la sortie de la messe, la foule se transporta au cimetière qui entoure l'église, pour la bénédiction des tombes des soldats qui est donnée par M. le Curé de Savy.
    Devant les tombes couvertes de fleurs, la Musique fit entendre un morceau funèbre.
    Puis M. Loubet, président des anciens combattants, mutilés de guerre, prononça un discours que nous résumons : Discours de M. Loubet Après avoir rappelé les vers de Victor Hugo : "Ceux qui pieusement…", M. Loubet s'écrie : "C'est pour répondre à cette magnifique pensée que nous venons nous incliner devant les tombes de vos enfants, de vos époux, de vos frères, de vos pères, de nos camarades de combat. Nobles martyrs, trop hâtivement descendus dans la tombe par la faute du plus sauvage des peuples, on ne vous honorera jamais assez !" Le Président des anciens combattants rappelle l'enthousiasme patriotique du départ ; les jeunes brûlaient du désir de suivre leurs aînés. Seules les mères, les épouses, craignaient ... Hélas ! leurs appréhensions étaient fondées et beaucoup de ceux qui croyaient revenir ne sont plus. Quelques-uns de ces grands morts ont été ramenés dans le cimetière de leur village natal. Les mères, en deuil pour toujours, les enfants, les veuves viennent fleurir leurs sépultures et prier sur les restes de l'être aimé. Mais l'acharnement des combats n'a pas toujours respecté la dépouille de nos frères d'armes. Il est des tombes qui ont été bouleversées par la mitraille, et les corps qu'elles contenaient ont été dispersés en affreux lambeaux. La dernière demeure de ces nobles disparus aura pour décor les fleurs que la nature dispense aveuglément à travers l'espace. D'autres dorment leur dernier sommeil, dans les villages rapprochés de la ligne de combat, où quelque tumulus surmonté de la modeste croix de bois et de la cocarde tricolore indique que là est enseveli un soldat français. Ceux-là ne reviendront jamais dans leur village qu'ils ont quitté pour accomplir pieusement leur devoir… Mais la nation reconnaissante à ses fils les meilleurs les unit tous dans le culte du "Soldat Inconnu" solennellement inhumé sous l'Arc de triomphe. Savy-Berlette a payé son large tribut. 40 de ses plus beaux enfants sont tombés au Champ d'Honneur. Aujourd'hui, nous les unissons tous dans un même sentiment de reconnaissance en élevant à leur intention un monument grandiose. Ce monument montrera à la postérité que notre commune a compris de quels sacrifices fut payé le salut de la France, le retour de l'Alsace-Lorraine à la mère Patrie et la libération du pays envahi par un sauvage agresseur. Morts, connus et inconnus, dormez en paix, la reconnaissance des survivants restera éternelle. Réception des Autorités À midi, M. le Maire, le conseil municipal, la musique, les sapeurs-pompiers d'Aubigny se rendent à la gare, où le train d'Arras amène M. Bachelet, sénateur et les autorités militaires. De là on gagne la mairie, où a lieu la présentation du conseil municipal et des fonctionnaires de la localité. Un déjeuner auquel sont invitées les autorités est servi à l'école des filles. Aux côtés de M. Cauwet, maire de Savy, prennent place MM Henri Marais, sous-préfet ; Bachelet, sénateur ; le commandant Cary, représentant le général Lacapelle ; le capitaine Sauve, représentant le général Huguenot ; Amédée Petit, Théret, Harduin, conseillers généraux ; Desmazières, Lebas, Carton, membres du conseil d'admiinstration et Laisse, directeur de la Sucrerie ; Houllier, lieutenant de gendarmerie ; les abbés Déprez et Garin ; Lamiot, maire d'Aubigny ; Bouchez, maire de Mingoval ; Catis Dorge, maire d'Hermaville ; Trombert, Garaudel, percepteurs ; Fontaine, receveur d'enregistrement ; Canesson, huissier ; Corlouer, Bricé, architectes du gouvernement ; Dorge, notaire, capitaine de pompiers ; Sinot, notaire ; Loubet, Cauwet Al., Thibaut, président des anciens combattants ; les membres du conseil municipal de Savy ; MM Damour, adjoint, Leleu, Godart, Wacheux, Opigez ; Hardy ; René Dorge ; Dubois, directeur de l'Abeille de la Ternoise ; Rivaux, Cochet, Hauchard, Lauzy père et fils, Béal, Normand André et Émile, Bouvry, Mary, Wagon, Têtu, Thomas etc. Au dessert, M. Henri Marais, sous-préfet de l'arrondissement, se lève et, tenant compte de ce que cette journée commémorative ne comporte pas de banquet proprement dit, tient cependant à remercier M. le Maire de Savy et les organisateurs de l'aimable attention témoignée à leurs hôtes. Il dit l'honneur que fait l'armée à la commune par la présence de ses représentants à la cérémonie ; il salue le conseil d'administration de la Sucrerie et a un mot aimable pour M. de Wazières. M. Bachelet à son tour, s'associe aux remerciements de M. le Sous-Préfet pour la gracieuse hospitalité et la cordiale invitation ; il a accepté avec d'autant plus d'empressements qu'il savait retrouver à Savy des amis de vieille date, en particulier M. Dorge et les administrateurs de la sucrerie. Il rappelle les luttes qu'il a partagées avec ces derniers pour mener à bien la création de la sucrerie agricole, en compagnie de M. de Wazières qui fut, en cette occasion comme en tant d'autres, à la tête du mouvement. M. de Wazières, pour la santé duquel nous formons tous nos voeux, dit-il, n'est-il pas le grand initiateur des progrès agricoles, l'entraîneur par excellence, un des bienfaiteurs de ce pays ? M. de Wazières se déclare confondu de ces élèves ; il renvoie tout le mérite de l'oeuvre à MM Evrard et Bachelet. "Sans eux, dit-il, nous n'aurions rien pu faire". Je profite de l'occasion pour signaler l'aide précieuse que nous avons rencontrée auprès de M. Amédée Petit, président de la société d'agriculture. Merci à tous. M. Dorge remercie à son tour. "Il a fallu, dit-il, l'aimable allusion de M. Bachelet pour je prenne la parole. Plus d'un demi siècle s'est écoulé depuis que des liens d'amitié nous unirent. La commune de Savy est heureuse et fière de voir ici, dans un jour comme celui-ci, un homme tel que le Sénateur M. Bachelet qui est bien le dévouement et le travail personnifiés… Pendant que s'achève le déjeuner servi par l'Hôtel de France de Saint-Pol, les sociétés arrivent. Elles sont reçues aux abords du village par des commissaires qui les amènent à la mairie où elles sont saluées par MM Damour, adjoint au maire, Wacheux, conseiller municipal, Théry, secrétaire de mairie.
    Salle de l'école des garçons, des vins d'honneur leur sont versés par Mme Théry, assistée d'un essaim charmant de demoiselles.
    Puis les commissaires les dirigent au delà du pont de Berlette où elles se forment en ordre parfait pour le défilé et où M. le sous-préfet vient les passer en revue.
    Le défilé a lieu à 4 heures.
    Très imposant, le cortège s'achemine vers le monument et défile devant une estrade élevée à l'angle de la route nationale et de la rue des écoles, sur laquelle ont pris place les autorités qui saluent au passage les diverses sociétés.
    Le défilé Le cortège défile dans l'ordre suivant : en tête, une couronne de fleurs naturelles offerte par le conseil municipal, les enfants des écoles, garçons et filles, un groupe d'alsaciennes, un groupe de lorraines. Puis les sociétés diverses, dont plusieurs venues des mêmes communes, rangées dans l'ordre suivant : Aubigny (Société des anciens combattants, et sapeurs de pompiers) ; Avesnes (anciens combattants) ; Berles (Tir) ; Béthonsart (tir) ; Cambligneul (La mutuelle et l'Union) ; Duisans (anciens combattants, pompiers, section sportive) ; Habarcq (tir) ; Haute-Avesnes (anciens comabttants, tir) ; Hermaville (tir) ; Izel (anciens combattants, tir) ; Lattre (Tir) ; Mingoval (tir) ; Pénin (anciens combattants, tir) ; Saint-Pol (anciens combattants) ; Tilloy (tir) ; Tincques (anciens combattants) ; Villers-Brpulin (tir). Ces sociétés sont accompagnées par des commissaires portant un brassard tricolore avec le numéro brodé correspondant au numéro d'ordre de chacune d'elles.
    L'inauguration
    La disposition des groupes est des mieux comprise.
    Devant le monument, dont nous avons, dans un précédent numéro, décrit l'aspect grandiose et original, sont déposés en demi cercle les drapeaux de toutes les sociétés.
    Sur les marches du double escalier qui donne accès à la plate forme sont rangés les enfants des écoles tenant de petits drapeaux. Sur la terrasse le groupe des fillettes costumées en alsaciennes et lorraines.
    À gauche, la tribune, que remplissent les autorités ; à côté, la musique.
    Et devant la tribune, le groupe des familles des morts. Tout autour du vaste emplacement qui encadre le monument, les anciens combattants forment la haie. Par delà, en rangs compacts, se presse la foule attentive ; chacun a arboré à sa boutonnière ou sur sa poitrine les insignes distribués par de charmantes jeunes filles, chargées de la vente.
    L'ensemble forme un tableau superbe. Cuivres et drapeaux étincellent sous les rayons d'un soleil radieux.
    Le voile tombe.
    La sonnerie des clairons retenti, suivie de La Marseillaise.
    L'instant est solennel.
    Bénédiction du monument M. l'Abbé Garin, curé de Savy, avant de bénir le monument, prononce une allocution. Il a accepté avec empressement cette pieuse mission.
    Cette cérémonie, dit-il, sera doublement utile ; aux morts et aux vivants. Il rappelle l'éloquent discours prononcé le matin du haut de la chaire par le Supérieur du séminaire de Béthune qui a parlé avec tout son coeur de prêtre et d'ancien combattant. Il lui adresse ses remerciements. Puis il invite les habitants à prendre l'habitude de saluer le monument, quand ils passeront. Tous s'inclineront et viendront prier en famille devant ces noms qui perpétuent le souvenir des chers et glorieux morts, tous, pères et mères, soeurs et orphelins de guerre, jeunes gens sur le point de partir pour le service militaire. Ceux-là viendront prendre ici la résolution de servir la France en bons Français. Les hommes d'âge mûr y viendront aussi s'inspirer de leur exemple, si par malheur la guerre affreuse éclatait de nouveau. Et M. le Curé les voit s'offrant encore généreusement en sacrifice à la France, puis, ayant combattu en braves, revenant couverts de gloire, attestant une fois de plus que le soldat français est le premier soldat du monde. D'un geste large, le prêtre bénit ensuite le monument. Discours de M. Cauwet, maire Le sympathique maire de Savy, d'une voix forte et bien timbrée, prononce alors un discours dont nous résumons la première partie et donnons intégralement la deuxième, émouvant tableau de ce qui s'est passé à Savy, au cours de la guerre. M. Cauwet, maire de Savy-Berlette, remercie tout d'abord, au nom de la municipalité et du conseil municipal, les autorités civiles et militaires, les personnalités qui assistent à cette patriotique cérémonie, ainsi que les nombreuses sociétés présentes et toutes les personnes qui ont participé à l'érection du monument. Pour chacun, il a un mot de reconnaissance. En particulier, il exprime ses remerciements à M. Bachelet, sénateur, "dont chacun sait l'intérêt qu'il porte à tout ce qui touche la vie agricole. Il est de coeur avec nos populations, partagent leurs joies et leurs peines… ses relations avec la sucrerie et de vieilles et bien chères amitiés le rattachent à notre commune. Après avoir remercié M. le Sous-Préfet de Saint-Pol, les officiers délégués par le général Huguenot, commandant la deuxième division et par le général Lacapelle, commandant la première région, puis les représentants du canton, M. Théret, conseiller général et M. Desmazières, conseiller d'arrondissement, M. A. Petit, vice-président du Conseil général, président de la société d'agriculture, "fidèle à ses attaches familiales du canton comme aussi aux amitiés qu'il compte dans la commune", M. Cauwet s'adresse aux souscripteurs : au conseil d'administration de la sucrerie agricole dont la générosité a tant contribué à l'édification de ce monument grandiose digne des morts qui pleure la commune ; à la mémoire de M. Duez, qui a fait don du terrain ; à M. Dorge, son prédécesseur à la mairie. "En la personne de M. Dorge, dit-il, je rends hommage aux nombreux services rendus à cette commune pendant 34 ans d'administration prévoyante, active, éclairée. Parmi les enfants de Savy qui répondirent à l'appel de la Patrie brille au premier rang le nom des siens. Inclinons-nous devant cette famille de patriotes qui compta quatre fils à la guerre, et saluons la mémoire de celui d'entre eux qui, à peine remis d'une blessure reçue aux batailles du front, réclama du service comme médecin militaire et succomba victime de son zèle sous le ciel du Sénégal. Les architectes, MM Raymond Bricé et Corlouer, au talent desquels est dû le monument, d'une conception si originale et d'une exécution si parfaite, ne sont pas oubliés, non plus que le bon ouvrier, M. Opigez, un enfant du pays, qui, à côté d'eux, travailla à la construction de l'oeuvre. Un mot encore de remerciements aux organisateurs, aux membres du corps enseignant et à M. le Président des Combattants, qui ont mené à bien et la souscription et la mise au point des détails concernant cette cérémonie. Merci enfin aux nombreuses sociétés régionales et locales qui ont répondu à l'invitation ; à tous et à l'assistance nombreuse qui se presse au pied du monument, M. le Maire de Savy adresse l'expression chaleureuse de ses sentiments reconnaissants.
    Puis, venant à l'objet même de la cérémonie, il évoqua la part prise par cette petite commune de 650 habitants dans la tourmente qui, durant quatre année, secoua la France et le monde entier. "Nous avons encore présent à l'esprit ce que furent pour nous les années de guerre. Nous revoyons le départ de nos mobilisés, la scène touchante des adieux à leurs familles, l'enthousiasme patriotique qui les animait. Tous, quittaient sans hésiter leur foyer, prêts à tous les sacrifices. Avec quelle abnégation, ils ont tenu leur promesse, j'en atteste, Mesdames et Messieurs, cette glorieuse liste inscrite sur ces plaques, où les noms, hélas ! se pressent trop nombreux ! Ceux qu'ils avaient laissés derrière eux, remplirent aussi leur devoir, dans la mesure de leurs forces. Quand l'ennemi eut envahi nos beaux départements du Nord et du Pas-de-Calais, Savy demeura des années à proximité du front, près de la ligne de feu. D'ici, nous n'entendions pas seulement le grondement des combats, nous eûmes aussi à en éprouver les répercussions. À sept kilomètres du front, ces champs aujourd'hui redevenus possibles ont connu le tumulte de la guerre. Savy a vu défiler les régiments héroïques qui montaient à la colline sacrée de Lorette ou qui en redescendaient. Parmi tant de journées mouvementées, l'attaque du 9 mai 1915, restera ineffaçable dans la mémoire des habitants. À cette date, 50.000 hommes étaient rangés ici. Nous les avons vus, ces braves s'ébranler pour l'attaque d'où ils devaient revenir réduits à presque rien. Au devant de la montée, un cri unanime jaillit de ces 50.000 poitrines. Il retentit encore dans nos coeurs, ce cri magnifique, prolongé, vibrant, dont tressaillirent nos bois et nos clairières, au bas de la crête, sur laquelle on ne marche plus aujourd'hui sans fouler du pied les morts. Oui, nous avons eu ce spectacle inoubliable de 50.000 soldats, qui partaient à la mort en chantant la Marseillaise. Et nous pouvons ici rendre ce fier témoignage de la bravoure française. Plus tard, notre commune éprouva par elle-même les horreurs de la guerre. Elle traversa en 1918, lors de la dernière ruée boche, une série de mois terribles. Nous n'entendions pas seulement siffler, et passer par dessus nos têtes, les obus qui allaient frapper la voie ferrée et les villes voisines, comme celle de Saint-Pol, nous étions à la merci des attaques par avions, qui se succédèrent sans interruption d'avril 1918 jusqu'à l'armistice. Tous les soirs, le ciel était illuminé du feu des bombes. Une grande partie de la population dut évacuer ; 19 torpilles sont tombées tout près d'ici, en-dessous de l'école, et une autre, sur le terrain même où s'élève ce monument. Au cours de ces attaques, le drapeau communal fut criblé d'éclats de bombes. Saluons cette glorieuse loque qui a bien mérité de figurer aujourd'hui en place d'honneur dans cette cérémonie. Ainsi, dans l'immense hécatombe nationale, notre commune a payé sa part, sa large part de deuils et de souffrances. Et maintenant, tournons notre pensée et notre souvenir vers les vaillants enfants de Savy-Berlette, dont les noms sont inscrits pour toujours sur ce monument, que la piété de la population a voulu digne de leur sacrifice, et autour duquel sont rangées les familles qui pleurent leurs glorieux fils. Il consacre la mémoire des 41 morts que compte notre humble commune, et dont l'appel solennel va être fait dans un instant. Leur liste comprend 1 médecin militaire, 1 sous-lieutenant, 2 adjudants, 3 sergents ou maréchaux des logis, 4 caporaux, 28 soldats, 1 civil mobilisé resté en pays envahi et décédé en captivité. A côté d'eux, sont inscrits les noms de trois soldats morts que la commune compta en 1870 et que ceux de 1914-1918 ont vengés. Aux familles qui les pleurent, aux orphelins qu'ils ont laissés, j'adresse au nom de la commune l'expression émue de notre sympathie et de notre reconnaissance. Après ce discours, les petites filles de l'école déposent chacune un bouquet au pied du monument, en récitant à tour de rôle quelques vers d'une poésie dont les strophes se suivent et s'enchaînent, tandis que s'accumulent les gerbes de fleurs. À leur tour, MM Damour, adjoint au maire et Leleu, conseiller municipal, déposent une superbe couronne offerte par le conseil municipal au pied du "poilu" qui monte la garde dans une attitude stoïque, calme et résolue. Au nom des sociétés de Savy, MM Thomas et Wagon viennent aussi déposer une balle palme.
    Et c'est alors l'appel des morts ; par une attention touchante, cet appel a été confié à M. Hauchard, l'ancien instituteur qui pendant de nombreuses années a enseigné à tant de générations dans la commune. D'une voix que l'émotion n'empêche pas d'être forte et distincte, le vieux maître évoque les noms de ses anciens élèves qui, tous, pénétrés des sentiments de devoir et de dévouement qu'il avait si bien su leur inculquer, sont tombés glorieusement pour la Patrie. À chaque nom, un ancien combattant répond :"Mort pour la France !" Voici la liste de ces braves : 1914 : Bayard Charles, soldat au 1er zouaves ; Deleury Jean, caporal au 272ème d'infanterie ; Dépré Louis, soldat 18ème bataillon Chasseurs ; Desaulty Robert, sergent-fourrier, 168ème infanterie ; Flament Clément, soldat 72ème infanterie ; Gobeau François, caporal 3ème Génie ; Gouillard Émile, soldat 6ème chasseurs ; Legrand Eloi, soldat 87ème infanterie ; Lemaitre Abel, soldat 8ème infanterie ; Leriche Gustave, soldat 365ème infanterie ; Roussel Paul, soldat 8ème infanterie. 1915 : Barras Léon, soldat 8ème infanterie ; Bécu Georges, soldat 87e infanterie ; Bézu Eugène, soldat 135e infanterie ; Bienaimé René, sergent 505ème infanterie ; Colet Jules, adjudant 402e infanterie ; Deboffles Achille, caporal 301ème infanterie ; Dilly Paul, prisonnier civil mobilisable ; Dupuis Henri, soldat 38ème artillerie ; Gouillard Adolphe, soldat 272ème infanterie ; Henneré Amédée, soldat 67ème infanterie ; Leclercq Émile, soldat 1re infanterie ; Rivière Joseph, soldat 322ème infanterie ; Vérité Urbain, caporal, 128ème infanterie. 1916 : Deltour Eloi, soldat 59ème artillerie ; Dorge Marcel, médecin 44ème tirailleurs sénégalais ; Vaast Marcel, soldat 16ème bataillon chasseurs 1917 : Blondel Léon, soldat 119ème d'infanterie ; Dupuis Julien, soldat 88ème infanterie ; Dupuis Paul, soldat 88ème infanterie. 1918 : Colet Maxime, adjudant 43e infanterie ; Decroix Joseph, soldat 6ème tirailleurs ; Desaulty Albert, sous-lieutenant T, 54e tirailleurs sénégalais ; Flament Fernand, soldat 273e infanterie ; Fontaine Charles, maréchal des logis, 260e artillerie ; Gouillard Cyrille, 106e chasseurs ; Grimbert François, soldat 33e infanterie ; Leclercq Jean-Baptiste, soldat 7e infanterie ; Mabille Henri, soldat 67e infanterie ; Vaast Nestor, soldat 54e artillerie. 1919 : Foucard Albert, soldat 1870 : Desplanques Henri ; Godart Jules ; Miellet René Après cette scène impressionnante, la musique exécute un morceau approprié. Deux jeunes garçons déclament, du haut du piédestal, des poésies. Le jeune Vasseur Robert, dit "La Patrie aux soldats morts", et le jeune Vaast Kléber, un peu plus âgé, en détaille une autre « A nos glorieux morts », avec beaucoup de sentiment, une diction juste et nuancée, qui font honneur à son intelligence et à son cœur. Discours de M. Bachelet.
    L’honorable sénateur du Pas-de-Calais accouru à cette grandiose cérémonie prononce alors un discours que nous reproduirons dans notre prochain numéro.
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Rue des écoles
Il a été placé sur un terrain de 500 m2 environ et 32 m de façade, en face de la mairie de l'époque. Ce terrain est un don d'un membre du conseil municipal, Monsieur Victor Duez.