France (Pas-de-Calais) Ternas (62127)

Conflits commémorés
  • 1914-18
  • Monument communal
dernière mise à jour le 14/08/2015

Description du monument

Caractéristiques

  • Structure
    • Pilier commémoratif
      • Colonne quadrangulaire
  • Ornementation religieuse
    • Croix
      • Croix latine au sommet
  • Ornementation végétale
    • Couronne
      • Couronne mortuaire et palme(s) entremélées

Economie

Prix

2300 francs

Historique du monument

  • 1920
  • Devis 25/07/1920
  • 1921
  • Inauguration 09/05/1921
  • Inauguration - Presse 16/05/1921
    Source : L’Abeille de la Ternoise

    du 16 mai 1921 (Mémorial du Ternois) C’est, ainsi que nous l’avons annoncé, dimanche dernier 9 mai, qu’a eu lieu l’inauguration du monument élevé par la générosité ...

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    Inauguration - Presse 16/05/1921

    du 16 mai 1921 (Mémorial du Ternois)

    C’est, ainsi que nous l’avons annoncé, dimanche dernier 9 mai, qu’a eu lieu l’inauguration du monument élevé par la générosité publique à la mémoire des enfants de Ternas, qui ont donné leur vie pour la défense du pays.

    Dès le matin, le village prenait un air de fête et les habitants rivalisaient de zèle pour pavoiser leurs habitations.
    A 10 h ½, un service solennel était célébré, en présence de toute la population et du conseil municipal, par M. Cuvillier, curé de la paroisse.
    A 4 heures, les élèves de l’école, les anciens combattants, le conseil municipal, se rassemblaient à la mairie où furent reçus MM Henri Marais, sous-préfet, Dupire, conseiller général, Willerval de Séricourt et J. Penet, conseillers d’arrondissement, à qui M. Herduin, Maire, adressa quelques mots de bienvenue. Puis le cortège, composé des enfants de l’école porteurs de bouquets et conduits par M. Fernand Delattre ; des anciens combattants, précédés du drapeau et dirigés par Victoric Roger ; de M. le Curé, des autorités, et de tous les habitants, se rendit au cimetière où le monument se dresse face à la route. Au milieu de la foule silencieuse, le prêtre bénit le marbre et prononça en termes élevés, une touchante allocution.
    Puis plusieurs discours furent prononcés.
    Discours de M. Herduin, maire : « Monsieur le Sous-Préfet, Monsieur le Conseiller Général, Messieurs les Conseillers d’arrondissement, Mes chers Concitoyens, La Patrie devait aux vaillants, qui l’ont sauvée, un souvenir capable de graver dans la suite des âges, les noms de nos héros tombés pour la victoire. Avec ensemble, toutes les communes de France ont compris ce devoir. De tout cœur, dans notre petit village de Ternas, tous ont apporté l’obole de leur reconnaissance et tous, dans un même élan, disent à leurs sauveurs : Merci. Pères et mères des Morts que nous glorifions aujourd’hui, épouses en deuil, enfants en pleurs, puisse ce suprême hommage apporter à vos coeurs meurtris avec un noble orgueil un peu de consolation. Sans doute, il est de ces douleurs que rien ne devrait atténuer, rien sinon le savoir des prodiges accomplis. Le monde entier admire nos fiers soldats. Ils ont montré la route ; les autres ont suivi. Les Français ont sauvé la France. Ils ont évité aux peuples libres la domination d’un Guillaume. Nous leur devons la liberté, le bonheur des peuples libres. Les noms des vainqueurs, tombés au champ d’honneur, gravés sur cette pierre, rappelleront à tous aujourd’hui, demain et toujours, le miracle incomparable et leurs auteurs. »
    A ce moment, M. Fernand Delattre fit, d’une voix que l’émotion étreignait, l’appel des dix héros, dont on célébrait la mémoire. A chaque nom, les enfants des écoles répondaient : « Mort pour la France ».
    Ce fut un instant vraiment pathétique.

    Puis M. Herduin continua en ces termes : « Ternas a largement payé son tribut. Honneur à vous ! Chers disparus, vous serez un symbole, un exemple pour vos contemporains et pour leurs descendants. S’il le fallait, si, de nouveau, le boche relevait la tête, tous les français se dresseraient encore pour suivre votre exemple. Le coq gaulois ne craint point les aigles wisigoths, il ne baissa jamais la tête et le sang des anciens est toujours vivant. Haut les cœurs, en ce jour de reconnaissance ! Notre monument ne paye pas notre dette, il console le noble sentiment. Je suis heureux et fier de les exprimer, au nom de tous. Si notre village est petit, nos sentiments n’en sont pas moins élevés ; nos morts l’ont prouvé et leurs survivants n’ont qu’un même cœur et une même pensée, celui et celle de ceux qui ont tressé la couronne de la France victorieuse. »

    Discours de M. Arthur Têtu, ancien combattant : « Délégué par mes camarades comme ancien combattant de la grande guerre, ce n’est pas sans une vive émotion que je vois inaugurer ce monument de la reconnaissance de tous les habitants de cette commune, élevé en l’honneur de tous les enfants, fils, frères, époux, morts pour la Patrie. Ce monument sera pour eux le témoignage d’un culte que les années n’amoindriront pas. Car, Mesdames et Messieurs, il est peu de visions plus émouvantes que celles d’un séjour sur le front des armées rangées en bataille. Si la foule qui m’entoure m’avait accompagné, elle serait édifiée à ce sujet : Des Flandres à Verdun, l’armée allemande a non seulement incendié et pillé les maisons, mais massacré les inoffensifs habitants et parfois les a emmenés captifs en Allemagne. Partout où les allemands ont passé, tout est ruiné et deuil. Je salue en ces héros tombés sur les champs de bataille les poilus dont la mission si noble était de défendre le sol de la France, le sol de la République. Je m’incline aussi respectueusement devant la phalange de tous ces héros qui, morts aujourd’hui ou disparus, ont su tenir haut et ferme dans les journées de l’Artois, de Verdun et de Craonne et qui ont su défendre la France attaquée au prix de leur sang. Honneur à eux. Au nom des anciens combattants de Ternas, je dépose au pied de ce monument cette gerbe de fleurs pour qu’elles disent notre amour et notre reconnaissance pour nos Morts, pour la France, pour la Patrie. »

    Discours de M. Joseph Pénet, conseiller d’arrondissement : « Je suis heureux de me trouver parmi vous aujourd’hui pour glorifier les héros de grande guerre que la commune de Ternas a donnés à la France. Ce sont les fils de ces laborieux agriculteurs que M. Willerval et moi avons l’honneur de représenter au conseil d’arrondissement. Si l’impôt du sang doit être payé par tous les Français, il me sera permis de remarquer que pendant la guerre, la plus grande a été fournie par les travailleurs de la terre. C’est la glorification du Paysan que semblent oublier parfois des semeurs de discorde. Devant ces nobles et glorieuses victimes, je m’incline respectueusement. Ils ont libéré le territoire français d’un envahisseur aussi cupide que barbare. Ils ont aimé le sol français que nous aimons, ils ont remué la terre que nous cultivons, ils ont habité nos modestes habitations et si j’interrogeais nos grands morts, ils nous diraient leur désir de voir se perpétuer dans le travail de la terre le nom qu’ils ont auréolé de gloire, ils nous prêchaient l’union, l’entente fraternelle L’union ! Qui a tant contribué à la victoire de la France, continuons-là toujours. Par elle, hier, nos armées furent fortes et invincibles ; par elle, aujourd’hui et demain la France se fortifiera et grandira. Ne doutons jamais de l’avenir. Et si nous nous sentions faiblir, que la vue de ce magnifique monument nous rappelle la bravoure et le courage de nos chers compatriotes, morts pour la France.

    Enfin, MM Dupire, conseiller général, Willerval de Séricourt, conseiller d’arrondissement et Henri Marais, sous-préfet rendirent aux morts l’hommage ému dû à leur suprême sacrifice et remercièrent les habitants de Ternas de leur patriotisme.

    La cérémonie terminée, le cortège se reforma et se rendit à la mairie où M. Herduin, maire, remercia les autorités et leur offrit les vins d’honneur.

    Telle fut la journée du 9 mais, dont le souvenir restera longtemps gravé dans la mémoire des habitants de Ternas.