France (Seine-Maritime) Caudebec-en-Caux (76490)

Conflits commémorés
  • 1914-18
  • Monument communal
informations déposées par Pezot Jean-françois et mises à jour par Choubard Alain dernière mise à jour le 25/10/2015

Description du monument

Caractéristiques

  • Structure
    • Pilier commémoratif
      • Piédestal
  • Représentations féminines
    • Femme - Représentation symbolique
      • Femme = France
  • Représentations - Soldats
    • Diverses Représentations de Poilus
      • Poilu
  • Ornementation civile
    • Drapeau(x)
  • Ornementation militaire - Armes
    • Équipement militaire
      • Cuirasse romaine

Monument à la Victoire 
Un premier monument aux morts avait été construit dans le cimetière

Matériaux

Pierre de Lorraine

Economie

Prix

22 500,00 francs

Souscription

24 304,95 francs

Commentaires (économie)

Monument construit avec le reliquat de la souscription du monument du cimetière (10992,45 Francs)

Commentaires

Monument disparu (sans doute lors des bombardements des 10 et 11 mai 1940)

Inscriptions présentes sur le monument

YSER - MARNE - CHAMPAGNE - VERDUN - SOMME

À LA FRANCE VICTORIEUSE

À NOS HÉROS

1914 - 1918

Les morts

Aucun nom

Pas de noms

Sources / Bibliographies / Sites Internet

http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?insee=76164&dpt=76&idsource=2160&table=bp01

http://monumentsauxmorts.fr/crbst_2081.html

Jean-François PEZOT, Les Monuments aux Morts de la Première Guerre mondiale dans le département de Seine-Inférieure, U.F.R. Lettres et Sciences humaines, Université de Rouen, 1987

Historique du monument

  • 1923
  • Inauguration 04/11/1923
  • Inauguration - Presse 05/12/1923
    Source : Journal de Rouen

    Le Général Mangin à Caudebec-en-Caux INAUGURATION DU MONUMENT À LA VICTOIRE Caudebec-en-Caux aura désormais deux témoignages des souffrances que traîne après elle la guerre, ...

    Lire la suite
    Inauguration - Presse 05/12/1923

    Le Général Mangin à Caudebec-en-Caux

    INAUGURATION DU MONUMENT À LA VICTOIRE

    Caudebec-en-Caux aura désormais deux témoignages des souffrances que traîne après elle la guerre, et de la gloire que la victoire finale vaut à ceux qui l'ont obtenue.

    Dans son cimetière, en effet, elle a, depuis trois ans, un magnifique mausolée où les noms de ses enfants sont gravés, souvenir impérissable de la part douloureuse qu'elle a prise à la guerre, monument de deuil, dont la vue rappelle des heures cruelles, des pleurs et d'éternels adieux.

    Maintenant, sur sa riante promenade, près de la Seine aux eaux changeantes, adossé à un rideau d'arbres séculaires, comme pour rappeler à tous ceux qui passent sur la route ou le fleuve, que la France est sortie triomphante de la guerre 1914-18, s'érige un monument de joie, monument d'allégresse, dont l'évocation console des peines ravivées par l'autre, un monument de la victoire.

    Cette victoire en pierre, aux formes d'une grande beauté, que supporte sur un bouclier deux poilus de la grande guerre, un vieux, à droite, un jeune, à gauche, est due au ciseau du sculpteur Raingaux [Ringot], qui a réalisé là une œuvre aux lignes simples, mais expressives, et dans les proportions heureuses.

    Ce monument de la victoire a été inauguré hier par un des artisans de cette victoire même, le général Mangin, membre du conseil supérieur de la guerre.

     

    Le matin, dans la superbe église paroissiale, dont les ogives du chœur disparaissaient sous les tentures noires, un service religieux fut célébré à la mémoire des enfants de Caudebec, morts au champ d'honneur.

    À l'issue de la messe, un Libera fut chanté après que le R. P. Raymond, eut prononcé une remarquable allocution.

    Le prédicateur, dont l'éloquence jeune et prenante fit impression sur l'auditoire sut, de souvenirs personnels - il aborde bravement la Légion d'honneur et la croix de guerre gagnées comme lieutenant d'infanterie - tirer de précieux enseignements.

    La cérémonie, à laquelle assistaient MM. de Pomereu et Brindeau, sénateurs; Anquetil, député; James, conseiller d'arrondissement; Charles Leroux, maire de Caudebec; Lalonde, adjoint et de nombreux anciens combattants, avec leurs drapeaux, se termina par un Te Deum d'action de grâces pour la victoire qu'on fêtait en ce jour.

    Après la messe, un cortège se forma comprenant la Lyre caudebecaise, dirigée par M. Rosey; les sapeurs-pompiers, sous le commandement du capitaine Mauger; les enfants des écoles; les associations d'anciens combattants avec leur drapeau, de Caudebec, Valliquerville, Lillebonne, Le Trait, Saint-Arnoult, Saint-Nicolas-de-Bliquetuit, Saint-Wandrille-Rançon, Saint-Gilles-de-Cretot, Vatteville-la-Rue; le groupe sportif de Caudebec, avec son drapeau, et les personnalités présentes. On gagna ainsi le cimetière, où arriva peu après le général Mangin, qu'accompagnait le général Hellot, inspecteur général du génie.

    Les clairons sonnèrent : Aux champs, puis chacun garda l'émotionnante minute de silence où la pensée s'en va toute entière vers ceux qui ne sont plus. Puis ce fut la Marseillaise, et les anciens combattants, les enfants, puis les mains tremblantes, gantées de noir de veuves ou de mères déposèrent des gerbes de fleurs sur la pierre que dominent les noms des morts de Caudebec.

    Quand le cortège fut redescendu en ville, une distribution de brioches et de tablettes de chocolat fut faite aux enfants des écoles par leurs maîtres et maîtresses.

    Pendant ce temps, une réception officielle avait lieu à l'hôtel de ville, où le général se faisait présenter les fonctionnaires et notables de la ville, du canton et de l'arrondissement, ainsi que les anciens combattants.

    Des phrases touchantes au souvenir d'heures tragiques vécues dans les mêmes endroits s trouvèrent ainsi échangées. Tel sortant du 36è, du 39è ou du 714è R.I., rappelait à l'ancien commandant de la 5è D.I. certains instants de 1914, précurseurs de la victoire de la Marne. tel autre, du 129è, disait au général qu'il était de ceux qui combattirent à Douaumont. Enfin un postier médaillé militaire rappela un souvenir plus touchant encore. Blessé le 12 septembre 1914, il fut relevé par le général Mangin lui-même. Ils ne s'étaient pas trouvé en face l'un de l'autre depuis, et cette heure de souffrance de l'un, adoucie par le secours de l'autre, revécue un instant, met des larmes dans les yeux de tous les deux.

     

    À 14h30, le cortège de nouveau reformé et auquel s'était joint cette fois la musique du 39è R.I., sous la direction de son chef, M. Clément, ainsi que d'autres personnalités et d'associations d'anciens combattants, gagnait l'esplanade où est érigé le monument, autour duquel la foule extrêmement nombreuse était maintenue par un cordon de gendarmes sous les ordres du capitaine Gruyer et de l'adjudant Duchausal.

    Sur les chaises qui précédaient le monument, on remarquait bientôt les personnalités suivantes :

    MM. le général Mangin, le général Hellot, le général Bard, commandant la 5è D.I.; Charles Leroux et Lalonde, maire et adjoint de Caudebec; Brindeau, d Pomereu, Quesnel et Bouctot, sénateurs; Paul Bignon, Anquetil, Thoumyre, Lavoinne, Maillard, Coty et Meyer, députés; Chiraux, sous-préfet d'Yvetot; James, conseiller générale; Casimir Leroux, conseiller d'arrondissement; Hyacinthe, président des A.C. de Caudebec, etc...

    M. James, conseiller général, prit le premier la parole pour rendre hommage aux morts de la grande guerre, aux mutilés, aux combattants obscurs qui avaient assuré la victoire. Il salua le général Mangin et termina en s'inclinant devant le monument qui à travers la postérité symbolisera la gloire "des poilus de chez nous".

    M. Charles Leroux, maire de Caudebec, après avoir rappelé que sa ville possède maintenant deux monuments dans le cimetière, celui du souvenir et de la prière, près de la Seine; celui de la victoire et de la joie, remercia le comité d'avoir ainsi doté la cité. Son discours se termina par un vibrant appel aux femmes françaises en faveur de la natalité.

    L'arme est tombée des mains de nos ennemis, et elle ne sera ramassée que si nous ne sommes pas assez nombreux pour l'empêcher.

    M. Hyacinthe, au nom des anciens combattants, dit combien ceux-ci sont heureux de revoir de plus près la figure du grand chef sous les ordres duquel ils combattirent et qui savait leur donner confiance.

    "Ce n'est certes pas, dit-il, en chantant que l'on montait à l'attaque, mais parce que l'ordre était d'y aller, et ... que Mangin l'avait dit".

    Ces phrases furent couvertes d'acclamations.

    Au nom des sénateurs de la Seine-Inférieure, M. Quesnel prit alors la parole.

    Ici, sur la voie la plus fréquentée du pays, au bord du fleuve qui conduit l'étranger au cœur de la Normandie et - plus loin - au cœur même de la grande patrie, se dessinera désormais la figure de la France, telle qu'elle doit apparaître au Monde : unie sous les plis du drapeau de la République, justement fière des lauriers moissonnés, pacifique, mais résolue à ne pas tolérer qu'on menace, de nouveau, son avenir. Cette France nouvelle, les deux soldats, représentés au pied de ce monument, le vieux poilu et le bleuet imberbe, ce sont eux qui l'ont faite, avec leur vaillance, avec leurs sacrifices, avec leur sang et ce sont eux qui nous supplient - de leur voix éloquente - -de lui conserver tout ce qu'ils ont si chèrement acquis pour elle en remportant la victoire.

    Et M. Quesnel poursuit, en rendant hommage au général qui a été le chef de ces artisans de la victoire.

    À son tour, M. Thoumyre parla au nom des députés du département qui, dit-il, ont été heureux de s'associer à cette cérémonie pieuse pour apporter quelque soulagement à ceux qui sont en deuil, devant ce monument qui symbolise le mieux à la fois la lutte et la victoire près des flots, eux aussi perpétuellement en lutte, selon qu'ils viennent de la mer ou de la vallée. Et après un nouvel hommage au général Mangin, M. le député Thoumyre termine par un cri enthousiaste de : Vive la France !

    Au nom de l'administration préfectorale, et spécialement délégué par M. le préfet de Seine-Inférieure, M. Chiraux, sous-préfet d'Yvetot, salue à son tour le "grand soldat des armées de la République" et rend hommage à la population caudebecaise qui, en érigeant ce monument, a montré qu'elle savait se souvenir.

     

    C'est maintenat le général Mangin qui, au pied du monument vers lequel il s'avance au milieu des acclamations, va causer, en quelque sorte, un moment avec ses anciens soldats.

    Cordialement, sans emphase, avec bonhomie même, il leur rappelle les jours durs, où le "pinard" était rare et la "roulante" bien loin, mais  où malgré tout on gagnait des batailles. C'était le retour offensif de la 5è D.I. en septembre 1914, d'où dépendait pour une part la victoire de la Marne. Le général explique de façon claire comment la pénétration des troupes normandes entre les deux ailes de l'armée allemande obligea celle-ci à précipiter leur retraite.

    Ce sont maintenant les longues semaines de Douaumont, dont le roulement ininterrompu des tirs de barrages est inoubliable, les relèves précipitées de divisions réduites à presque néant avant d'attaquer, au fort de Souville.

    C'est le chemin des Dames, et puis enfin ... la sortie définitive de tranchées, le 18 juillet 1918, et cette fois, dit-il, "nous les avons eus."

    J'ai acquis près de vous, mes chers amis, un sentiment profond de reconnaissance pour la race normande et pour les troupes du 3è C.A. une grande admiration.

    J'ai vu passer à Verdun, sous mes ordres, les 2/3 des divisions françaises, je n'en ai pas vu de supérieure à la 5è D. I.

    C'est ect éloge que je suis venu faire de vous aujourd'hui, mes chers amis, devant vos parents et devant vos enfants.

    Et, s'adressant à ces derniers, le général leur recommande de prendre exemple sur les qualités de leurs pères pour garder intact, devant un horizon bien noir, hélas, le gain de leurs efforts, la victoire.

    Si nous laissons glisser les rênes, demain nous nous trouverons de nouveau en face d'un ennemi menaçant.

    "Il vous faut, d'autre part, être nombreux", et le général insiste sur cette question de la natalité que quelques instants auparavant défendait avec chaleur le maire de Caudebec.

    "La race normande est une bonne race, termine-t-il, il ne faut pas la laisser diminuer".

    Après que Mlle Ameline, du théâtre du Parc à Bruxelles, eut dit, avec infiniment de talent, un "Poème aux morts", le général remit la médaille militaire à deux mutilés, MM. Abret, un ancien du 74è R. I., et Jeanne, du 412è R. I.

    Sous les acclamations de la foule, il gagna ensuite la mairie, où dans la grande salle du conseil municipal était offert un vin d'honneur aux anciens combattants.

     

    Au cours de la réunion, la médaille du Mérite agricole fut remise par M. Chiraux, sous-préfet, à un mutilé, M. Caron, de Saint-Nicolas-de-Bliquetuit.

    Puis le général ayant signé, ainsi que les notabilités présentes, le livre d'or de la ville, et été salué une dernière fois par le maire, regagna son auto pour se rendre à Rouen et de là, par le train, à Paris.

    Dans la rue étroite, la voiture frôlait deux haies épaisses de gens enthousiastes, et sous la pluie qui commençait à tomber drue après plusieurs menaces au cours de l'après-midi, elle disparut cependant que montaient une dernière fois les cris de : "Vive Mangin".

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Monument disparu (sans doute lors des bombardements des 10 et 11 mai 1940)