France (Nord) Lille (59000)

Conflits commémorés
  • 1914-18
  • Monument spécifique - Aux fusillés
dernière mise à jour le 14/08/2015

Description du monument

Caractéristiques

  • Structure
    • Mur
  • Autres représentations humaines
    • Personnalité(s)

de gauche à droite : Sylvère Verhulst, Ernest Deconinck, Georges Maertens, Eugène Jacquet et Léon Trulin Le monument a les dimensions suivantes : 7 m 20 de long, 3 m 60 de haut. Les personnages ont 2 m 40.

Matériaux

pierre d'Euville

Economie

Prix

200 000 francs

Commentaires

Ce monument rend hommage à des héros : "Lille à ses fusillés".
Eugène Jacquet avait pris l'initiative de constituer un mouvement clandestin pour cacher, nourrir, aider et faire évader les soldats de la garnison de Lille.
Dénoncés, Jacquet et ses compagnons sont arrêtés le 15 juillet 1915 et fusillés à la citadelle le 22 septembre.
Ils sont représentés debout, adossés au mur qui les a vu tomber. En août 1940, ce monument est détruit à coups de pioche par les Allemands.
La restauration date de 1960

Les morts

DECONYNCK Eugène
JACQUET Eugène
MAERTENS Georges
TRULIN Léon
VERHULST Sylvère

Sources / Bibliographies / Sites Internet

Historique du monument

  • 1920
  • Comité d'érection 1920

    Un comité Jacquet fut constitué, dès 1920, sous l'impulsion de M. Paul Bardou. Ce comité se donna pour mission de perpétuer solennellement la mémoire des cinq fusillés ...

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    Comité d'érection 1920

    Un comité Jacquet fut constitué, dès 1920, sous l'impulsion de M. Paul Bardou.

    Ce comité se donna pour mission de perpétuer solennellement la mémoire des cinq fusillés lillois et de venir en aide à leur famille.

    Toutes les personnalités de Lille s'empressèrent de lui offrir son appui moral. La ville décida d'organiser un concours pour l'érection du monument qui rendrait à la fois hommage aux morts de la Grande Guerre et aux 5 fusillés lillois.

  • 1926
  • Délibérations Conseil municipal 11/05/1926

    Trois projets furent retenus : ceux de M. Alleman, MM. Caby-Desruelles, et M. Soubricas. Le conseil municipal décida, ...

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    Délibérations Conseil municipal 11/05/1926

    Trois projets furent retenus :

    • ceux de M. Alleman,
    • MM. Caby-Desruelles, et
    • M. Soubricas.

    Le conseil municipal décida, lors de sa séance du 11 mai 1926, d'ériger un monument consacré uniquement à la mémoire des fusillés lillois ; il confia la réalisation à M. Desruelles qui reprit une partie du projet qu'il avait présenté lors du concours pour le monument aux morts. Par la suite, le projet de M. Alleman fut retenu pour l'érection du monument consacré aux morts de la Grande Guerre.

  • 1928
  • Courriers divers 28/04/1928

    Monsieur le Président, Suit à notre entrevue du 20 avril dernier, j'ai l'honneur de vous confirmer au nom de la famille Trulin, que nous ne pouvons accepter ...

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    Courriers divers 28/04/1928

    Monsieur le Président,

    Suit à notre entrevue du 20 avril dernier, j'ai l'honneur de vous confirmer au nom de la famille Trulin, que nous ne pouvons accepter que cet enfant (Léon Trulin) soit représenté d'une façon aussi grotesque au monument des Fusillés lillois, pour les raisons suivantes :

    1. Léon a les yeux bandés, ce qui est absolument faux, il y a d'ailleurs un témoin, qui l'a assisté jusqu'à la fin de son calvaire : son confesseur, M. l'abbé Pollet, curé de Pellevoisin, qui pourrait vous renseigner.
    2. On l'a affublé d'une espèce de robe, il a les jambes nues, comme si c'était une petite fille, il a pourtant prouvé malgré ses 18 ans qu'il était un homme 3. Écrasé au pied du monument, où il faut faire de réels efforts pour le trouver, il sert de marchepied à des personnes bien intentionnées qui ne l'ayant pas vu, ont porté des fleurs ou couronnes au monument, ou bien encore, il sert de support pour les bouquets, de cette façon, il est tout à fait invisible. Ce douloureux et regrettable incident ne serait pas arrivé si nous avions pu être prévenus, si une maquette nous avait été soumise, nous aurions pu alors vous donner toutes ces indications utiles et éviter les critiques d'une bonne partie de la population lilloise. Nous vous prions, en conséquence, comme vous nous l'avez promis, de faire toute diligence près de la municipalité, afin de refaire sur le monument, Léon tel qu'il aurait dû être et l'on pourrait dire alors sans distinction que c'est bien le monument aux 5 fusillés lillois. D'autre part, si une impossibilité quelconque apparaissait pour espérer ce changement, nous vous demanderons alors, et de toute notre énergie, la suppression pure et simple de Léon Trulin du monument.

    MM. Edgard, Émile, René Trulin Mme Pollet-Trulin et Victor Trulin

    3 M 28 Lettre de la famille Trulin au Comité Jacquet
    BREYE Vincent, Sculpture. Les monuments publics de la métropole lilloise 1919-1939, Lille 3, Mémoire de Maîtrise, 1996, 3 vols. Annexe : p. 29 --

  • 1929
  • Inauguration 31/03/1929

    L'inauguration, prévue tout d'abord pour septembre 1928, fut reportée au 31 mars 1929. En effet, début mars 1929, seul le socle était en place. La veille de ...

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    Inauguration 31/03/1929

    L'inauguration, prévue tout d'abord pour septembre 1928, fut reportée au 31 mars 1929.

    En effet, début mars 1929, seul le socle était en place. La veille de l'inauguration, une soirée artistique où l'on entendit les "XXX", la musique municipale avec l'orchestre et les chœurs du grand Théâtre, fut donnée à l'hippodrome.

    L'inauguration eut lieu à 11 h 30 du matin, square Daubenton, où le comité Jacquet, ayant à sa tête M. Moithy, était rassemblé. La municipalité était représenté par M. le Maire, M. Salengro, entouré de nombreux adjoints et conseillers municipaux.

    On remarquait également : MM. Leroy, secrétaire général de la préfecture ; Debierre, sénateur ; Guimat, conseiller de la préfecture ; Gurnay, consul d'Angleterre ; Thaune, consul de Belgique ; Chatelet, recteur, etc. Après l'exécution des hymnes nationaux, M. Moithy remit le monument à la ville ; il magnifia l'héroïsme des cinq fusillés en faisant tomber le voile qui recouvrait le monument. Puis il termina après s'être incliné devant les familles des fusillés. Le maire de Lille répondit au président du comité Jacquet par une courte allocution et accepta le monument au nom de la ville.

    L'après-midi un cortège se rendit de la place du Concert au square Daubenton. Il comprenait le conseil municipal, les trois comités, Jacquet, Maertens, Trulin, quelques sociétés locales, des délégations d'amicales laïques et des sociétés musicales (*). Sur le parcours du cortège les réverbères étaient voilés de crêpe. Par la rue Nationale et le boulevard de la Liberté, les sociétés se rendirent au monument devant lequel elles défilaient et déposaient des fleurs. Pendant la guerre de 1939-1945, dans la nuit du 24 au 25 août 1940, les troupes allemandes détruisirent à la pioche le monument. La plaque commémorative placée à la citadelle avait été détruite également ainsi que le mémorial Léon Trulin.

    Le lendemain le maire de Lille, P. Dehove, adressa une lettre de protestations aux autorités allemandes. Après la guerre, il fut décidé de replacer le monument tel qu'il avait été mutilé par les troupes d'occupations. --- (*) Contrairement à ce qui avait été prévu, aucune société d'anciens combattants français ni belges n'était représentée dans le cortège à la suite d'un différent qui s'était élevé entre ces sociétés et la municipalité : en effet, lors de la mort récente du Maréchal Foch, le maire de Lille avait refusé de mettre les drapeaux en berne.

    En signe de protestation, les anciens combattants s'abstinrent de participer au cortège le jour de l'inauguration du monument mais organisèrent une cérémonie analogue pour rendre hommage aux cinq fusillés le dimanche suivant 7 avril.

  • 1930
  • Courriers divers 23/01/1930

    Pour l'affaire Trulin, je ne demande pas mieux que de me conformer à la vérité que je regrette de n'avoir pas connu plus tôt. Dès qu'il fera ...

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    Courriers divers 23/01/1930

    Pour l'affaire Trulin, je ne demande pas mieux que de me conformer à la vérité que je regrette de n'avoir pas connu plus tôt.

    Dès qu'il fera beau, d'accord avec l'administration municipale, je viendrais à Lille passer quelques jours pour enlever le bandeau. J'entends en rester là Le grand pardessus qui enveloppe Trulin par moi a été voulu pour que la masse ne soit pas trop maigre par rapport au groupe des 4 fusillés. Ceci était de première nécessité au point de vue artistique et de plus tout à fait logique. Le jeune Trulin faisait des marches de jour et de nuit et avait certainement un pardessus ou un grand vêtement qui l'enveloppait Les jambes sont enroulées de bandes molletières comme pour un soldat (où ont-ils vu là une petite fille ?) Quant aux couronnes, on pourrait les placer soit sur l'herbe du jardin, soit derrière le monument

    3 M 29 Lettre de Félix Desruelles à M. Planque
    BREYE Vincent, Sculpture. Les monuments publics de la métropole lilloise 1919-1939, Lille 3, Mémoire de Maîtrise, 1996, 3 vols. Annexe : p. 31 --

  • 1940
  • Autres 18/09/1940

    Nous avons l'honneur de faire connaître que de service au Bois de la Deûle, vers 10 heures, des officiers et vingt soldats, que nous supposons être des élèves officiers allemands, ...

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    Autres 18/09/1940

    Nous avons l'honneur de faire connaître que de service au Bois de la Deûle, vers 10 heures, des officiers et vingt soldats, que nous supposons être des élèves officiers allemands, sont venus en autocar dans les fossés de la Citadelle

    Après une courte allocution des officiers, les soldats sont remontés avec les plus grands morceaux de la plaque cassée des Fusillés lillois et les ont brisés à nouveau contre certaines pierres ou des murs du fossé

    3 M 30 bis Rapport du Commissariat Central de Police n° 620E
    BREYE Vincent, Sculpture. Les monuments publics de la métropole lilloise 1919-1939, Lille 3, Mémoire de Maîtrise, 1996, 3 vols. Annexe : p. 33