France (Côte-d'Or) Villecomte (21120)

Conflits commémorés
  • 1939-45
  • Plaque sur/dans la Mairie (Monument communal)
  • Monument spécifique
  • Aux Résistants / Maquis (Monument spécifique)
informations déposées par Petit, Jean-pierre dernière mise à jour le 16/09/2023

Description du monument

Caractéristiques

  • Structure
    • Plaque commémorative
  • Ornementation civile
    • Diverses croix
      • Croix de Lorraine
Plaque commémorative apposée sur le pan de mur de la ferme Mortière:

Plaque commémorative commémorant la résistance et les faits du maquis SURCOUF, fut apposée sur le mur de la maison d’habitation. Déplacée le 4 juin 1994 pour être fixée sur le mur de la mairie de Villecomte(21) à l'occasion du 50ème anniversaire de la libération de la France :

Matériaux

Marbre

Commentaires

Plaque commémorative commémorant la résistance et les faits du maquis SURCOUF, fut apposée sur le mur de la maison d’habitation. Déplacée le 4 juin 1994 pour être fixée sur le mur de la mairie de Villecomte(21) à l'occasion du 50ème anniversaire de la libération de la France :

Inscriptions présentes sur le monument

Passant qui que tu sois respecte ce lieu de la Résistance
que fut la ferme de MORTIERE tenue par la famille FOLLOT.
Sous les ordres du capitaine Henri POY dit JACQUES, de mars
à septembre 1944 se constitua le maquis F.F.I. SURCOUF.
Ici 250 patriotes et 15 parachutistes S.A.S. Anglo-canadiens
luttèrent pour la libération de la FRANCE.
___________
Un historique du maquis est détenu par la mairie de Villecomte.


FERME DE LA MORTIERE

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EN CETTE FERME TENUE PAR LA FAMILLE FOLLOT NAQUIT
LE MAQUIS DU GROUPE F F I « SURCOUF »
_____________
«  DU 20 MAI AU 11 SEPTEMBRE 1944 SOUS LES ORDRES
DU CAPITAINE POY HENRI DIT JACQUES
250 PATRIOTES DE TOUS AGES UNIS FRATERNELLEMENT
ET ANIMES DU MEME DESIR DE VAINCRE LUTTERENT CONTRE
L'OCCUPANT » 30 Juin 1946
 

Historique du monument

  • Contexte historique

    LA FERME DE MORTIERE PENDANT L 'OCCUPATION ET LE MAQUIS DU GROUPE SURCOUF Par Bernard FOLLOT, né à Mortière le 22 Mars 1922, Officier de la Légion d'honneur Médaillé ...

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    Contexte historique
    LA FERME DE MORTIERE PENDANT L 'OCCUPATION
    ET
    LE MAQUIS DU GROUPE SURCOUF
    Par Bernard FOLLOT, né à Mortière le 22 Mars 1922, Officier de la Légion d'honneur Médaillé militaire Officier de l'Ordre national du Mérite Croix de guerre 1939-1945 et des T.O.E Membre des Gueules Cassées décédé le 24 octobre 2011 à l'âge de 89 ans.

    En Juin 1940, l'effondrement militaire de la France et l'exode massif de réfugiés s'enfuyant toujours plus au Sud provoquent un désarroi général: la débâcle comme on l'a surnommée.
    C'est la stupeur et la crainte car notre Pays, acculé à la défaite, subit alors le joug implacable des armées hitlériennes partout présentes. Nous avons plus d'un million de prisonniers de guerre, rapidement emmenés en Allemagne dans les oflags et les stalags.
    La France sera occupée d'abord en partie puis, en totalité à partir de novembre 1942 jusqu’à la défaite de l'Allemagne en 1945. La Gestapo, redoutable police secrète, étend son emprise sur tout le Territoire.
    La résistance à l'intérieur du pays s'organise tant bien que mal.
    Une unité du train hippomobile avec tous ses chevaux occupe Villecomte (Cote d'Or). Ce sont des territoriaux allemands qui ont déjà combattu en 1914/1918. Une kommandantur s'installe dans le château de la commune.

    Mes frères, Adrien et Raymond, mobilisés en 1939 sur la ligne Maginot, ont été faits prisonniers. Raymond réussit à s'évader en sautant d'un train en partance pour l'Allemagne. Il rejoint clandestinement la zone dite libre, grâce à la complicité de passeurs, dont Marcel Varney, cheminot originaire d'Epagny. Il regagne la ferme de Mortière en décembre 1940, après avoir été démobilisé à Lyon par les autorités françaises relevant du gouvernement de Vichy, à la solde des allemands. Par contre, Adrien est emmené dans un stalag en Allemagne où il y restera jusqu'à la fin de la guerre.
    Trop jeune en 1939 pour être mobilisé, je suis donc resté jusqu`à la fin de la guerre avec maman (Célénie FOLLOT), ma sœur Madeleine et un domestique polonais Stanislas, arrivé après juin 1940 et provenant sans doute des Troupes polonaises qui avaient combattu avec l'armée française et enfin Jean Schaeffer dit « père Jean », le vacher.

    Lourde tâche pour notre mère, qui jusqu'au retour de Raymond, démobilisé, assume seule la responsabilité et la marche de la ferme. Il en avait déjà été ainsi, durant la guerre de 1914/1918, notre père se trouvant sur le front.

    Monsieur William Gaillardot, un ami de mon père, dont l'épouse Marie tient le café/tabac de Villecomte, vient nous aider pour les travaux des champs, principalement pour les semailles qui se font encore à la main. Comme partout en France, nous sommes astreints aux réquisitions de bétails et récoltes de toutes sortes imposées par l’occupant : céréales, fourrages, pailles; pommes de terre, bétail (vaches et veaux).
    En 1943, comme tous les jeunes nés en 1922, je suis requis pour le service du Travail obligatoire (STO). Je suis donc désigné pour partir en Allemagne. Convoqué pour une visite médicale sommaire à la mairie d'Is sur Tille, une sorte de «conseil de révision » avec des médecins français pour ne pas nous effrayer, je suis bien sûr reconnu apte, comme tous les autres. Je suis toutefois fermement bien décidé à ne pas me laisser emmener en Allemagne. La ferme de Mortière étant isolée dans la forêt, il est facile de rester caché. Henri Clément, de
    Villecomte, se trouvant dans la même situation que moi, se refugie à Mortière,
    Des gendarmes d'Is-sur-Tille sont envoyés pour nous récupérer, mais en vain, peu convaincus de leur tâche. Nous nous dissimulons dans la forêt toute proche jusqu’à leur départ.

    Il importe aussi de ne pas être vu des allemands dont un commandant de la Kommandantur de Dijon qui vient régulièrement chasser le gros gibier à l'affût dans les forêts avoisinantes, accompagné seulement de son chauffeur jusqu'au « Rendez-vous de chasse », situé proche du chemin de Chaignay à Saussy,
    Cet officier d'un certain âge, parle couramment le français. Il vient souvent jusqu'à la ferme, sans arme, pour acheter des œufs ou du beurre que maman est bien obligée de lui céder. Un certain jour, il s'est étonné de ne plus me voir. A son arrivée je m'étais très vite caché dans une pièce voisine de la cuisine. Maman lui a répondu que j'étais occupé quelque part dans les champs. Mais je crois qu'il n’a pas été dupe.

    Au début de la guerre, nous nous sommes procurés un poste de TSF à pile pour mieux connaître les nouvelles. Régulièrement, le soir, nous captons la radio de Londres « les français parlent aux français » malgré le brouillage. La voix de Maurice Schuman nous devient familière. Dès lors, nous sommes informés de l'évolution de la guerre et le Général De Gaulle, inconnu auparavant, suscite un immense espoir.

    Un matin de mars 1944, cinq hommes se présentent à la ferme, dont quatre de Chaignay, connus de mon frère Raymond: Arsène PicardLouis Clémencet, Marcellin Guelle, Raymond Chaineau ainsi qu'un inconnu « Jacques », recherché dans le Jura par la Gestapo pour ses activités dans la Résistance.

    Il fait encore froid et il neige. Ils viennent demander à ma mère si elle consentirait à l'implantation d'un groupe de résistants dans la ferme. Après avoir pris l'avis de mon frère Raymond, entièrement favorable au projet, elle donne son accord sans hésitation.

    C'est ainsi que se constitue les jours suivants, un embryon de maquis, appelé « SURCOUF » du nom d'un navire de guerre sur lequel a servi l'un des premiers maquisards, Louis Petetin. Le Capitaine « Jacques » (nous ne connaissions pas alors sa véritable identité) chef énergique et courageux, prend le commandement.

    Le premier parachutage d'armes et munitions, effectué de nuit, est reçu sur les friches de « la fourrée » au lieu dit « Champ Fouchard » entre Villecomte et Chaignay. Les lourds « containers » sont chargés sur deux voitures à chevaux et transportés à Mortière par mon frère Raymond, Henri Clément et moi-même.

    « Jacques » est bien sûr avec nous. Un officier, peut-être anglais, « Emile » parlant couramment le français est parachuté cette même nuit avec le matériel. Tout au long du trajet de retour à la ferme, il s'entretient avec nous. Aprés avoir passé la nuit à Mortière, il part discrètement, pour la Franche-Comté parait-il ? Seul « Jacques » savait, sans doute.

    Le maquis s'étoffe rapidement de volontaires venus de Chaignay, de Dijon, même du Jura et des cheminots d'Is sur tille.
    Des sympathisants sûrs renseignent et ravitaillent le maquis, entre autres :
    Guillemin de Villecomte, garde-chasse particulièrement actif,
    Parisel, garde forestier
    -Tante « Génie » (Eugénie Follot) qui souvent, héberge en cachette à Villecomte où elle réside, des responsables de la résistance qu'elle ne connaît pas,
    - les familles Muler et Dangien de Chaignay,
    Marcel Varney d’Epagny qui vient souvent à la ferme en tandem avec Melle « Claude » de Dijon, employée à la Société "Le Petit Niquevert ". Après la guerre Melle « Claude » se fera religieuse.
    Albertine Muler, de Chaignay, sera l’infirmière du groupe, tout en restant dans son village avec ses parents. Elle avait déjà hébergé et soigné en cachette pendant plus d'un mois Gilbert Le Berrigaud dit "Pic Pus", Chef du groupe « TABOU » de Foncegrive, fusillé à BESANCON, le 19 Mai 1944.

    L'unité allemande, qui occupait Villecomte, est partie, sûrement en des lieux moins tranquilles depuis que la guerre s'intensifie sur le front russe.
    Le Capitaine « Jacques » constitue un groupe franc notamment avec Raymond Chaineau de Chaignay, originaire de la Vienne, Léon Parisot dit « tonton » du Jura, Petetin et quelques autres dont Yves Lautrey d'Is sur Tille, rescapé du petit groupe « TABOU » décimé par des miliciens dans la forêt de Foncegrive (Côte d'Or).
    Un renfort important arrive peu après au maquis, une quinzaine de parachutistes SAS anglais el canadiens avec quatre Jeeps équipées de mitrailleuses. Les liaisons radio avec Londres en sont facilitées et, à la suite de messages convenus, les parachutages d'armement, toujours de nuit, sont de plus en plus fréquents au plus près des bâtiments de la ferme, après échange de signaux lumineux avec les avions volant à très basse altitude. Les lourds « containers » cylindriques sont aussitôt ouverts et stockés dans l'un des bâtiments de la ferme. Une partie du matériel est ensuite transportée par camionnettes, avec beaucoup de risques, vers d'autres maquis de la région, tel « LIBERTE » près de Frénois.

    SURCOUF est alors rattaché au réseau des forces françaises combattantes (FFC) Théodule Buckmaster. Il fait partie de la région D, secteur 5, groupe franc mobile n°7. Le matricule de chaque maquisard est composé des chiffres 5-7-puis du mois et du dernier chiffre de l'année de naissance.

    De nouvelles recrues sont progressivement acheminées en secret vers le Maquis. A la libération de la Côte d‘Or, nous serons environ 250. C'est ainsi qu'arrivent par différentes filières, deux déserteurs de la Wehrmacht avec leurs armes dont Hans déjà blessé en Russie et un autre appelé « le vieux ».

    Hans est même incorporé au groupe franc. Nous rejoignent également quelques vietnamiens provenant d'un camp de travailleurs indochinois, venus en 1939 et installés près de Tarsul, et aussi cinq sénégalais dont Diouf, le caporal chef MichelDignité et Samba. Diouf sera tué en combat le 14 novembre 1944 en Alsace, à Marvelise et inhumé au cimetière militaire de Rougemont (Doubs).

    L'ensemble des maquisards, cantonnés dans des baraques de fortune camouflées aux lisières des forêts côté « Grolles », côté « Bois rond » et le bois Epagny / Saussy, sont alors répartis en sections et reçoivent une formation militaire certes sommaire mais essentielle, conduite par le sous-lieutenant Constant provenant de l'Armée d'armistice et Henri Gury dit « Gustave » ancien gendarme. A la moindre alerte donnée au sifflet, car les passages d'avions Allemands sont fréquents, tous se précipitent dans les bois tout proches.

    Le PC est installé dans une grande baraque faite de panneaux de bois, récupérée et remontée près de la mare de la ferme. Les cuisines sont aménagées sous des appentis de tôles près de l'ancien manège. Nous disposons même d'une « roulante » de l'armée, les Jeeps des parachutistes sont souvent garées dans les granges de la ferme ou camouflées en lisière de forêts.

    Des cheminots dirigés par Louis Bouvret entre autres, forment une équipe spéciale à Is sur Tille, chargée de renseigner le maquis et le commando SAS sur tous les mouvements allemands par voies ferrées, repérés aux centres de triage d'Is sur Tille et de Perrigny. Souvent, des trains de ravitaillement destinés à l'Allemagne font, malgré les chefs de gare allemands déconcertés, d'interminables manœuvres au cours desquelles un ou plusieurs wagons bien repérés sont décrochés et rapidement dirigés vers une petite gare pas trop éloignée de Chaignay et de Mortière : Gemeaux. C'est ainsi qu'un stock de chaussettes en laine de l’armée allemande est récupéré par le maquis. De même, sont emmenés par camions à la ferme: un muid de vin de madère, des sacs de farine et de sucre. Un wagon de bovins est ouvert par « inadvertance » et les animaux rendus à la liberté, sauf une vache vite abattue et ramenée au maquis.

    Le Capitaine «  Jacques » sort toujours avec le groupe franc, soit avec une VL 11 CV Citroën très appréciée car rapide, soit avec deux petites fourgonnettes dont l'une marquée PTT (Petit Travail Tranquille), selon son expression.

    Ses missions, presque quotidiennes sont toujours dangereuses et tenues secrètes, beaucoup de sabotages à l'explosif : de châteaux d'eau dans les gares, de voies ferrées, de trains à Is sur Tille et même à Perrigny, et aussi des écluses sur le canal. Les accrochages avec de petits éléments allemands ne sont jamais provoqués mais parfois inévitables. Lorsque nous avons des blessés ils sont soignés par Albertine Muler de Chaignay qui ensuite, servira en Alsace dans l'armée régulière comme infirmière militaire. Au cours de ces actions de guérilla quelques fois des allemands sont tués. Leurs corps ne sont jamais laissés sur place par crainte de représailles et sont ramenés à la ferme.

    Un matin le Capitaine « Jacques » revient, le bras gauche fracturé par balle et sommairement plâtré. Malgré cela, il restera toujours avec nous.

    A la suite d'une regrettable méprise entre un élément SURCOUF et un groupe d'un autre maquis stationné près d'Avot, le 24 juillet 1944. Trois hommes de ce maquis sont tués sur la place de Villecomte. Des cercueils de fortune sont préparés et les corps inhumés provisoirement à Mortière dans un bosquet, à la sortie du chemin dit « la grand’ vie » et de la « grande Sommière » parmi ces morts : Rivière, d'Avot.

    Le maquis prenant de plus en plus d'importance il devient nécessaire de réquisitionner de nombreux véhicules, appartenant généralement à des collaborateurs qui sont alors invités à se taire.

    Des uniformes bleu marine des chantiers de jeunesse organisés par le gouvernement de Vichy sont saisis pour équiper les maquisards, leur donnant une allure plus militaire.

    Le commandant allemand qui chassait dans les bois près de Mortière ayant croisé plusieurs fois sur la route de Chaignay des véhicules lui paraissant suspects a sûrement jugé plus prudent de ne plus venir. Le Capitaine « Jacques » avait donné des ordres très stricts de ne pas l’abattre. C‘était plus sage pour la sécurité de Mortière, du maquis, de Chaignay et même de Villecomte. Cet officier d‘un certain âge déjà, ne partageait vraisemblablement pas les idées de ses chefs.

    Le commando SAS anglo-canadien, sous les ordres du Capitaine John Wiesman, mène lui aussi en Jeeps des actions rapides de sabotages et de renseignements plus lointaines, comme pour le maquis SURCOUF mais toujours tenues secrètes. Grâce à cet officier, en liaison directe avec Londres, les parachutages d'armes s'intensifient encore. Mortière devient en ce domaine, un lieu d’approvisionnement important en armes et munitions au profit d'autres maquis de la région dont le maquis LIBERTE. D'ailleurs un stock est même caché à Chaignay dans une grange appartenant à la Famille Muler. Personnellement je suis doté d'un fusil-mitrailleur anglais Bren et d'un pistolet américain Colt de calibre 11mm45. Attention particulière du capitaine « Jacques », il me confie un merveilleux et tout petit poste récepteur radio à transistors qui me permet de capter Londres.

    Par ailleurs, il tient à ce que je reste à la ferme avec maman. Quant à mon frère Raymond, il est bien obligé de continuer, pour les besoins de la ferme, d'aller à Villecomte et Is sur Tille.

    Je ne participe donc qu'à des patrouilles légères de surveillance jusqu'à l'entrée de Villecomte près du cimetière, ou de Saussy et de nuit surtout à des postes de guet, des « sonneries », aux différents chemins d'accès à la ferme.

    Dès l'annonce du débarquement des alliés en Normandie le 6 juin 1944, le maquis se montre plus agressif mais sa mission essentielle est toujours le sabotage de matériels ferroviaires et de voies ferrées afin de désorganiser les communications de l’armée allemande entre Dijon, Perrigny et Chalindray (Centres de Triage SNCF pour l’EST de la France). A la demande du commando SAS un train allemand, camouflé volontairement en convoi sanitaire, est bombardé de jour par la RAF à Is sur Tille.

    Depuis la ferme, par temps calme, on entend maintenant le vrombissement des convois allemands sur la route de Moloy, Tarsul, Dienay, Is sur Tille.

    Un certain soir, une unité allemande s'arrête à Villecomte. Une action de force contre le maquis est à craindre. Nous sommes mis en état d'alerte. Le Capitaine « Jacques » qui maîtrise bien la situation, demande à ma mère, à ma sœur Madeleine et à mon frère Raymond de se tenir prêts à quitter la ferme et à gagner la forêt des Grolles toute proche et difficilement accessible, sauf pour Raymond qui connait bien les lieux. Je reste avec eux, avec quelques maquisards qui se joindront à nous.

    Nous n'avons pas connaissance des dispositions prises par Jacques, si ce n'est que les chemins d'accès à la ferme sont minés, mais il est certain que les maquisards et le commando anglo-canadien sont décidés à se défendre et nous ne pouvons préjuger de la suite.

    Les allemands peut être mal informés et aussi soumis à des harcèlements sur les routes sont pressés de rejoindre le front de l'ouest. Ils ne s'attardent donc pas à Villecomte où ils ne restent qu'une nuit.

    La première Armée Française du Général de Lattre de Tassigny, après avoir débarqué en force au sud de la France remonte la vallée du Rhône. Le commando SAS du capitaine Wiesman quitte Mortière pour une destination que nous ignorons. Le maquis Surcouf au complet leur rend alors les honneurs devant la ferme. Puis en camions, nous gagnons tous Dijon, comme d'autres maquis. La ville est rapidement libérée, les allemands s'étant retirés.

    Cependant, boulevard Voltaire, au cours d'un accrochage avec des miliciens de Vichy, nous avons trois blessés. Les volontaires, essentiellement les jeunes, sont regroupés à la caserne Krien où nous signons rapidement un engagement volontaire pour la durée de la guerre (EVDG) et avec d'autres maquis de la région. Nous formons le Régiment de Bourgogne aussitôt rattaché à la 2ème Division d'Infanterie marocaine (2éme DIM) et nous sommes engagés dans les combats d'Alsace au cours de l'hiver de 1944/1945, région de COLMAR, BISCHWILLER. A la fin de la guerre le Régiment de Bourgogne deviendra le 35ème Régiment d'Infanterie, commandé par le Colonel COUE.

    Beaucoup se portent volontaires pour poursuivre la guerre en principe contre le Japon. C'est alors que commence pour nous, en novembre 1945, la campagne d'Indochine.

    LA FERME DE MORTIERE

    La Ferme de Mortière fut la propriété de la famille FOLLOT jusqu’en Mars 1957. A la mort de Célénie FOLOT, mère de sept enfants, la propriété fut vendue.

    Jadis, une plaque, commémorant la résistance et les faits du maquis SURCOUF, fut apposée sur le mur de la maison d’habitation.

    Isolés au milieu des bois entre Villecomte Chaignay et Saussy, les bâtiments furent la proie de vandales et livrés au pillage.

    Cette plaque commémorative a été déplacée le 4 JUIN 1994 à VILLECOMTE (commune dont dépend Mortière) au cours d’une cérémonie commémorant le 50ème anniversaire de la libération de la France. A ce jour, elle est fixée sur le mur de la mairie, face au monument aux Morts.

    Actuellement, sur les lieux de MORTIERE, seul un pan de mur percé d’une fenêtre subsiste et rappelle que cette ferme, tenue par Célénie FOLLOT fut un lieu de résistance de mémoire et de souvenirs du P.C. du maquis SURCOUF.
  • 1946
  • Cérémonies diverses 30/06/1946

    FERME DE LA MORTIERE ----------- EN CETTE FERME TENUE PAR LA FAMILLE FOLLOT NAQUIT LE MAQUIS DU GROUPE F F I « SURCOUF » _____________ ...

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    Cérémonies diverses 30/06/1946
    FERME DE LA MORTIERE
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    EN CETTE FERME TENUE PAR LA FAMILLE FOLLOT NAQUIT
    LE MAQUIS DU GROUPE F F I « SURCOUF »
    _____________
    «  DU 20 MAI AU 11 SEPTEMBRE 1944 SOUS LES ORDRES
    DU CAPITAINE POY HENRI DIT JACQUES
    250 PATRIOTES DE TOUS AGES UNIS FRATERNELLEMENT
    ET ANIMES DU MEME DESIR DE VAINCRE LUTTERENT CONTRE
    L'OCCUPANT » 30 Juin 1946