France (Indre) Chitray (36800)

Conflits commémorés
  • 1914-18
  • Monument communal
informations déposées par Choubard Alain et mises à jour par Dubant Didier dernière mise à jour le 10/04/2018

Description du monument

Caractéristiques

  • Structure
    • Pilier commémoratif
      • Piédestal
  • Décorations militaires
    • Croix de Guerre
  • Autres éléments
    • Entourages
      • Entourage Bornes/Chaînes ou barres
  • Ornementation végétale
    • Couronne
      • Couronne végétale
    • Palme(s)
  • Représentations - Soldats
    • Diverses Représentations de Poilus
      • Poilu - Au Repos

Le monument est formé d’une statue de “Poilu” reposant sur un piédestal quadrangulaire. Ce piédestal est constitué de haut en bas d’un “chapeau”, d’un “fût”, d’une “base” et d’un “socle”, qui repose sur une semelle de fondation, formant emmarchement. La statue est tournée vers l’entrée de l’église Saint-André.

Le  “Poilu”, en fonte de fer, repose sur son propre support, qui est assez épais. Il se présente debout, bien droit, le pied gauche en avant, ses deux mains sur l’extrémité du canon de son fusil, dont la baïonnette est en place (pour être précis sa main  gauche recouvre sa main droite). La crosse du fusil repose sur le sol devant le pied droit du combattant. Le “Poilu” moustachu porte un casque de type Adrian. Il est revêtu d’une capote dont les pans inférieurs, ouverts, dévoilent les bandes molletières. Sur son épaule gauche, le combattant porte la fourragère. Sa ceinture soutient à l’avant deux cartouchières, Dans le bas de son dos, une musette et une gourde essaient de trouver un difficile équilibre de part et d’autre d’une troisième cartouchière.

Cette statue semble correspondre au modèle intitulé “Poilu baïonnette au canon 2 mètres de hauteur. En fonte de fer ciselée, ton bronze patiné Prix 3.400 fr., franco” proposé par les “Etablissement H. Jacomet à Villedieu (Vaucluse)” (https://monumentsmorts.univ-lille.fr/auteur/depot/205/).

La fiche consacrée au monument au Morts de Chitray dans http://www.monumentsauxmorts.fr/crbst_490.html  indique que l’oeuvre à l’origine de ce  “Poilu baïonnette au canon”, seraient une réalisation d’ “Etienne Camus (1867 - )”, qui aurait habité Toulouse (Haute-Garonne).

Le “chapeau” du piédestal a reçu sur sa face antérieure une reproduction de croix de guerre en léger relief. Sur les autres faces le même emplacement est resté vierge de tout décor. Par contre, une frise grecque en relief orne tout le pourtour de la base du chapeau sur les quatre faces.

En dessous, sur la face antérieure du ”fût”, est fixée une plaque de marmorite de teinte noire. C’est sur cette plaque, que sont figurées en gris-blanc : une croix latine et en dessous sur 7 lignes, l’inscription principale.

Sur les faces latérales du “fût” des plaques des marbres de teinte noire portent en lettres grises les noms des 22 enfants de Chitray morts pendant la Première Guerre mondiale.

Quand à la “base” elle porte sur sa face antérieure, en relief, une palme horizontale superposée à une couronne représentée verticalement.

Une “grille en fer demi-rond creux”, reposant sur une “murette en ciment”, protège sur ses quatre faces le monument. Des plantations végétales occupent l’intérieur de l’espace ainsi protégé, sauf du côté de la face antérieure, qui est laissé libre d’accès.

Matériaux

. “Poilu baïonnette au canon”, en fonte de fer.

. Pierre de taille de Lavoux (département de la Vienne), pour le piédestal.

Economie

Prix

8.500 francs

Subvention commune

8.500 francs

Inscriptions présentes sur le monument

En lettres de teinte gris-blanc :
À LA MÉMOIRE DES ENFANTS DE CHITRAY MORTS POUR LA FRANCE – 1914-1918 

et en dessous en lettre dorées
1939-1945

Les morts

. Face de droite du fût du piédestal : Baronet Camille, Bertrand Edmond, Blin Victor, Bordichon Jean, Bugeaud Joseph, Charpentier Albert, Charpentier Louis, Chartier Désiré, Chevalier Jules, Colin Désiré, Cotinière Louis.
. Face de gauche du fût du piedestal : Delacou Paul, Demars Philippe, Lacaut Désiré, Lamamy Adrien, Maillaud Georges, Maingaud Louis, Mériot Louis, Multon Paul, Tournois Albert, Touzeau Louis – Militon Henri.

Sources / Bibliographies / Sites Internet

- Archives Départementales de l’Indre 2 O/051 art. 4.

- Le Journal du Département de l’Indre du vendredi 8 août 1919 p. 2.

- L’Indépendant du Berry du samedi 23 juin 1923, troisième page.

http://indre1418.canalblog.com/archives/2011/05/22/21183465.html

https://monumentsmorts.univ-lille.fr/auteur/depot/205/ pour“Etablissement H. Jacomet à Villedieu (Vaucluse)”.

http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?insee=36051&dpt=36&idsource=28808&table=bp05

http://monumentsauxmorts.fr/crbst_490.html

Historique du monument

  • 1919
  • Presse 08/08/1919
    Source : Journal du Département de l'Indre

    - Le vendredi 8 août 1919, le Journal du Département de l’Indre publie un article intitué : “Chitray. La Fête du souvenir” : “A neuf heures et demie, grand messe ...

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    Presse 08/08/1919

    - Le vendredi 8 août 1919, le Journal du Département de l’Indre publie un article intitué : “Chitray. La Fête du souvenir” : “A neuf heures et demie, grand messe présidée par l’abbé Clément, chanoine de Notre-Dame de Paris et secrétaire particulier de S.E. le Cardinal Amette (Léon-Adolphe Amette fut archevêque de Paris de 1908 à 1920), l’église était comble !

    Après la messe, M. le curé, l’abbé Darvenne, a béni une plaque de marbre sur laquelle se détachent, en lettres d’or, les 21 noms de nos morts (21 noms et nous étions 110 électeurs avant la guerre !) une épée, une branche de laurier, une palme en bronze forment la partie artistique du triste ex-voto.

    Puis nous sommes allés au cimetière où un monument était élevé. Une colonne brisée, portant croix et palme de bronze, posées sur un socle où se lisent en avant : Pro Deo et Patria, sur les côtés les 21 noms, en arrière : Requiescant in pace. M. le curé a béni le monument et a prononcé un bref discours très ému : M. de Boismarin a parlé  ensuite, M. Sabarly, a pris ensuite la parole et a pleuré avec non moins d’éloquence que de coeur, (de) ses élèves fauchés par la mort ; enfin un habitant de la commune a dit quelques mots…

    Tout le monde pleurait ! C’était superbe d’émotion vraie, pas de ces stupides lamentations bruyantes et fausses, un recueillement complet ! C’était impressionant au possible ! Tous ces hommes qui s’épongeaient les yeux sans vergogne ! Certains n’avaient pas perdu de proche parents, ils pleuraient comme les autres !

    En sortant, du cimetière, nous avons été fêter les vivants après les morts, le Conseil offrait un vin d’honneur aux Poilus et malgré le vin blanc et la galette, l’influence de l’autre cérémonie s’est fait sentir ; beaucoup de cordialité, grand plaisir de se trouver réunis, mais pas de bruit, pas de chants…

    A onze heures et demie, on était entré à la mairie, à midi et demi, on y était encore ! Ah ! on a causé, on a repassé bien des épisodes de la guerre.

    Le soir, après vêpres, distribution des prix à l’école des filles, bien entendu, les Régions dévastées ont eu leur part, tous les insignes, je crois, ont été vendus.

    J’oubliais de dire que le Conseil municipal avait fait faire une énorme couronne avec ruban et inscription pour déposer au pied du monument, les enfants des écoles en avaient apporté une autre et des masses de gens avaient apporté des fleurs” (Le Journal du Département de l’Indre du vendredi 8 août 1919 p. 2).

  • 1922
  • Devis 01/06/1922
    Source : Dubant Didier

    - Le 1er juin 1922, “l’entrepreneur” Adolphe Verneret établi un “devis estimatif d’un monument à élever à la mémoire des enfants de Chitray morts pour la France” ...

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    Devis 01/06/1922

    - Le 1er juin 1922, “l’entrepreneur” Adolphe Verneret établi un “devis estimatif d’un monument à élever à la mémoire des enfants de Chitray morts pour la France”

    Ce devis comporte :

    “. Terrassement, fouille de la fondation 2m00 x 2m00 x 0m75 : 3 m3 à 25 francs : 75 francs.

    . Maçonnerie en chaux hydraulique pour remplissage de la fouille 3m3 à 100 francs : 300 francs.

    . Pierre de taille de Lavoux (département de la Vienne)

    Semelle 2m00 x 2m00 x 0m25 = 1,00

    Socle 1m20 x 1m20 x 0m32 = 0,46

    Base 1m06 x 1m06 x 0m55 = 0,62

    Fut 0m80 x 0m80 x 1m00 = 0,64

    Chapeau 0m95 x 0m95 x 0m50 = 0,45

    (Total) 3,17 m3 à 450 francs : 1.426 francs.

    . Taille de la pierre : 1.250 francs.

    . Sculpture : 300 francs.

    . Murette en ciment pour supporter la grille, 16 à 30 francs : 480 francs.

    . Grille en fer demi-rond creux 16 à 40 francs :  640 francs.

    . Une plaque marmorite de 0m70 x 0m55 : 150 francs.

    . Inscription des noms : 399 francs.

    . Conduite et pose du monument : 280 francs.

    . Un poilu en fonte de fer mis en place : 3.200 francs.

    Total 8.500 francs”.

    Le devis est approuvé par le Maire de Chitray, le 5 juillet 1922,

    Puis vu et approuvé par le Secrétaire Général, au nom du Préfet de l’Indre le 31 août 1922.

  • Délibérations Conseil municipal 05/07/1922
    Source : Dubant Didier

    - Le 5 juillet 1922, “à l’unanimité des membres présents, le Conseil (municipal de Chitray) demande à M. le Préfet de vouloir bien intervenir auprès de l’autorité ministérielle pour faire ...

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    Délibérations Conseil municipal 05/07/1922

    - Le 5 juillet 1922, “à l’unanimité des membres présents, le Conseil (municipal de Chitray) demande à M. le Préfet de vouloir bien intervenir auprès de l’autorité ministérielle pour faire accorder une subvention à la Commune de Chitray, dans le but de l’aider à payer les frais qui vont être occasionnés par l’érection sur la place publique, d’un monument destiné à perpétuer le souvenir des enfants de la Commune, morts pour la France, pendant la grande guerre 1914-1918. Le Conseil municipal a voté 8.500 francs au budget additionnel de 1922”.

    Cette délibération est approuvée par le Secrétaire Général, au nom du Préfet de l’Indre, le 31 août 1922.

  • Commission d’art 30/08/1922
    Source : Dubant Didier

    - Le 30 août 1922, la Commission chargée d’examiner, du point de vue artistique, les projets de monuments aux “Morts pour la France”, répond “Approuve” au projet de la commune ...

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    Commission d’art 30/08/1922

    - Le 30 août 1922, la Commission chargée d’examiner, du point de vue artistique, les projets de monuments aux “Morts pour la France”, répond “Approuve” au projet de la commune de Chitray.

     

  • Délibérations Conseil municipal 12/11/1922
    Source : Dubant Didier

    - Le 12 novembre 1922, “à l’unanimité des membres présents, le Conseil (Municipal de Chitray) demande à M. le Préfet de vouloir bien autoriser M. le Maire de Chitray (Christian ...

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    Délibérations Conseil municipal 12/11/1922

    - Le 12 novembre 1922, “à l’unanimité des membres présents, le Conseil (Municipal de Chitray) demande à M. le Préfet de vouloir bien autoriser M. le Maire de Chitray (Christian de Boismarin), à traiter de gré à gré avec Adolphe Verneret, entrepreneur à Saint-Gaultier (département de l’Indre) relativement à un monument à élever sur la place publique de la commune, en souvenir des enfants de Chitray, morts pour la France et dont le prix fixé à 8.500 francs a été voté au budget additionnel de 1922”.

    Cette délibération est approuvée par le Secrétaire Général, au nom du Préfet de l’Indre, le 22 novembre 1922.

  • Marché de gré à gré 26/11/1922
    Source : Dubant Didier

    - Le 26 novembre 1922, un “Marché de gré à gré, entre les soussignés Adolphe Verneret, entrepreneur demeurant à Saint-Gaultier et Monsieur Christian de Boismarin, agissant pour le compte de ...

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    Marché de gré à gré 26/11/1922

    - Le 26 novembre 1922, un “Marché de gré à gré, entre les soussignés Adolphe Verneret, entrepreneur demeurant à Saint-Gaultier et Monsieur Christian de Boismarin, agissant pour le compte de la Commune de Chitray, en sa qualtié de Maire et autorisé à traiter de gré à gré avec l’entrepreneur par délibération du Conseil Municipal en date du 12 novembre 1922, approuvée par M. le Préfet le 22 novembre 1922 ” est passé et “il a été convenu ce qui suit : M. Verneret s’engager à élever à l’endroit désigné sur la place publique de la commune de Chitray, un monument destiné à perpétuer le souvenir des enfants de la Commune, Morts pour la France, conforme au plan et au devis qu’il a produits et qui ont été approuvés par le Conseil municipal du 5 juillet 1922 et par M. le Préfet de l’Indre le 31 août 1922, moyennant la somme de 8.500 francs qui lui sera payée par le Receveur municipal, dont 3.200 francs à la réception du Poilu et le reste aussitôt après la réception des travaux et sur production des pièces justificatives. Les travaux seront exécutés dans le plus bref délai. En raison de son honorabilité l’entrepreneur sera dispensé de cautionnement. Il est entendu que les fournitures ne seront pas de production allemande. La Commission sera chargée de la réception des travaux”.

  • 1923
  • Inauguration 17/06/1923
    Source : Dubant Didier

    - Le dimanche 17 juin 1923 : inauguration du Monument aux Morts.

  • Inauguration - Presse 23/06/1923
    Source : L'Indépendant du Berry

    - Le samedi 23 juin 1923 le journal l’Indépendant du Berry en page 3 rapporte l’inauguration du monument : “Inauguration du monument aux morts de la guerre. ...

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    Inauguration - Presse 23/06/1923

    - Le samedi 23 juin 1923 le journal l’Indépendant du Berry en page 3 rapporte l’inauguration du monument :

    “Inauguration du monument aux morts de la guerre. CHITRAY. – La commune de Chitray a inauguré, dimanche 17 (juin 1923), le monument qu’elle a élevé à la mémoire de ses enfants, morts pour la France, pendant la guerre. La cérémonie a commencé par la messe à laquelle assistaient le Conseil municipal et ses invités, M. le baron Le Febvre député, les Conseillers d’arrondissement, les maires ou adjoints du canton et presque tous les habitants.

    Après l’évangile, M. le Curé, dans une touchante allocution, a rappelé les liens qui unissent les morts aux vivants, les enseignements que donnent ceux qui ont sacrifié leur vie pour sauver la patrie et nos devoirs envers les soldats à qui nous devons de vivre libre. A la fin de la messe, il a donné l’absoute. Puis, les assistants, précédés de la musique de Saint-Gaultier qui prétait son concours et qui avait déjà exécuté deux morceaux pendant l’office, se sont rendus en procession au cimetière où de nouveau l’absoute fut donnée au pied de la colonne qui porte les noms des enfants de la commune tombés au champ d’honneur, colonne qui fut érigée, aussitôt après la guerre, par les soins de M. le Marquis de Rochambeau, conseiller municipal. Du cimetière, l’assistance revient sur la place et M. le curé bénit le monument qui s’élève en face de la belle église de la paroisse, à l’ombre des marronniers.

    A midi et demi eut lieu le banquet offert par la municipalité et à deux heures trente, l’inauguration officielle. La musique, jouant une marche funèbre, conduisit le cortège auprès du monument entouré de fleurs, jusqu’à une estrade décorée de feuillages où les autorités prirent place. M. le Maire fit l’appel des soldats morts. A chaque nom, les enfants des écoles répondaient “Mort pour la France” et de petites filles fort gentiment costumées en alsaciennes et en lorraines, jetaient des fleurs au pied du monument. Garçons et filles réunis chantèrent ensuite une belle cantate, puis tour à tour trois garçons et trois petites filles - celles-ci formant par leurs costumes le drapeau tricolore - récitèrent des poésies en l’honneur des morts qu’on célébrait.

    Et ce fut l’heure des discours. Successivement, avec une profonde émotion, M. de Boismarmin, maire de la commune depuis de longues années, MM. Jean Le Febvre, Anselme Patureau-Mirand, députés, célèbrèrent le courage, l’endurance et le dévouement de nos héroïques soldats et recommandèrent avec éloquence l’union et la concorde, telles qu’elles avaient régné pendant la guerre et que tous les hommes sensés et patriotes regardent comme indispensables aujourd’hui pour le relèvement de la France.

    Le monument symbolise parfaitement les pensées et les sentiments si bien exprimés par les chants et les poésies des enfants, par les discours des orateurs et pour toute la cérémonie. C’est à la fois le monument du souvenir et de l’appel à la concorde. Sur un élégant piédestal quadrangulaire où les noms des braves tombés pour la France sont gravés en lettres d’or dans des plaques de marbre, un soldat armé en guerre, debout l’arme aux pieds, monte la garde, les regards tournés vers le nord-est, vers l’ennemi. Il semble dire comme les orateurs qu’on a entendus : “Ne  prêtons pas l’oreille aux paroles qui nous divisent, n’écoutons pas non plus les mensonges spécieux, les belles phrases humanitaires qui aboutissent à d’effroyable hécatombes, souvenons-nous, restons unis et veillons” J.T. ” (également mentionné dans

     http://indre1418.canalblog.com/archives/2011/05/22/21183465.html).

     

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Localisation

Place

Le monument est implanté en centre-bourg, sur la place publique qui est située devant l’entrée de l’église Saint-André, elle même proche de la D951.